Alain Omont

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Délégation Paris B (d) (depuis le )
Centre national de la recherche scientifiqueVoir et modifier les données sur Wikidata
Alain Omont
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Alain Omont, né le , est un physicien et un astrophysicien travaillant depuis 1975 dans le domaine de la physico-chimie du milieu interstellaire, aussi bien de notre galaxie que des galaxies les plus lointaines. Il est directeur de recherches émérite au CNRS à l'Institut d'Astrophysique de Paris (IAP), après avoir partagé sa carrière entre le CNRS et les universités de Paris et Grenoble. Il a dirigé l'IAP et initié la création de l'Observatoire des sciences de l'Univers de Grenoble. Le titre de Honorary Fellowship lui a été décerné en 2014 en reconnaissance de son immense contribution dans le domaine de l'astronomie durant les 50 dernières années (« Honorary Fellowship is conferred in recognition of his immense contributions to the field of astronomy during the last 50 years »)[1].

Alain Omont est né le à Roissy-en-France (95). Il intègre l’École normale supérieure (Ulm) en 1957. Puis il soutient une thèse de 3e cycle en physique théorique, et, après avoir obtenu l’agrégation de physique en 1961, une thèse d’État en physique théorique (Paris, 1967)[2].

De 1968 à 1971 il est professeur sans chaire à Paris, puis de 1971 à 1979 professeur à l’Université Paris 7 et de 1979 à 1990 professeur à l’Université de Grenoble[3]. Il sera détaché par deux fois à l’University of Colorado (6 mois en 1971 et 6 mois en 1978). De 1979 à 1990, il dirige le groupe d’Astrophysique de Grenoble qu'il a fondé ; il deviendra le premier Directeur de l’Observatoire de Grenoble, qu’il dirigera de 1985 à 1990. Il devient directeur de recherche au CNRS de 1990 à 2003. De 1990 à 1997, il dirige l’Institut d’Astrophysique de Paris et depuis 2003, il est Directeur de recherche émérite au CNRS. En 1991-1992, il sera le rapporteur général du Livre Blanc de la Recherche et de la Technologie de la Région Rhônes-Alpes.De 1993 à 1995 il a été membre du Conseil scientifique du CEFIRA (Indo-French Centre for the Promotion of Advanced Research). De 2000 à 2003, il est membre du Comité de Visiteurs de l’ESO (European Southern Observatory). De 2000 à 2008 il est membre du Comité des Programmes Scientifiques du CNES[4].

Quelques travaux de recherche

De 1963 à 1975, Alain Omont a travaillé dans le laboratoire de Spectroscopie Hertzienne de l'ENS. En 1965, il publie l'article : Relaxation par collisions des états excités d'un atome[5], article cité 321 fois[6]. On lit dans le résumé: « La théorie des collisions interatomiques, dans le cadre de l'approximation soudaine, est généralisée de façon à calculer l'influence de ces collisions sur l'évolution de la matrice densité de l'état excité des atomes d'une vapeur. »

Jean-Claude Pecker (professeur au Collège de France de 1963 à 1988) évoque sa collaboration avec Alain Omont[7]: " S.Dumont, A. Omont et J-C. Pecker ont continué les travaux entrepris au cours des années précédentes sur la polarisation au bord du disque solaire."; Alain Omont est membre, à temps partiel, du labotatoire d'astrophysique théorique, dirigé par Jean-Claude Pecker (1971-1972).

En 1972 est publié l'article Redistribution of Resonance Radiation. I. The Effect of Collisions rédigé par Omont, A., Smith, E. W., & Cooper, J., publié dansAstrophysical Journal[8]. Cet article est cité 272 fois[6]. Alain Omont est alors Visiting fellow à l'Université du Colorado, Boulder, laboratoire d'astrophysique. L'objectif de cet article est de clarifier les effets des collisions atomiques. Dans cet article est cité le précédent article d'Alain Omont. L. Belluzzi cite l'article d'Alain Omont et al. (1972) dans un article de 2011[9], pages 9 et 10.

En 1977, Alain Omont publie l'article Irreducible components of the density matrix. Application to optical pumping, dans Progress in quantum electronics (article cité 366 fois[10]). Ce long article (60 pages) est cité en bibliographie dans l'ouvrage de référence de Karl Blum Density Matrix Theory and Applications (1981, 1996, 2012)[11].

Toujours en 1977, Alain Omont publie l'article On the theory of collisions of atoms in rydberg states with neutral particles [12],[13]. Il traite et approfondit la théorie des transitions par collisions entre états de Rydberg).

L'article Physics and chemistry of interstellar polycyclic aromatic molecules [14] est publié dans Astronomy and Astrophysics[15],[16]. Les molécules considérées dans l'article sont en majorité des hydrocarbures d'où le nom donné à ces molécules de PAH: Polycyclic Aromatic Hydrocarbon. Et l'objet de cet article est d'étudier les propriétés et le comportement des PAH, dans divers environnements interstellaires, à la suite des travaux d'Alain Léger et Jean-Loup Puget[17]. L'article d'Alain Omont est commenté dansPuget & Léger[18] : les auteurs citent Alain Omont comme le premier scientifique ayant étudié le rôle de la géométrie des composants des molécules PAH. Ils signalent aussi qu'Alain Omont a étudié la formation des radicaux des PAH par déshydrogénation.

En 1996, Alain Omont publie l'article Molecular gas and dust around a radio-quiet quasar at redshift 4.7[19], cité en 2021[20]. Dans cet article, les auteurs rapportent la détection de l'émission du monoxyde de carbone (CO) dans le quasar BR 1202-0725. Cela a confirmé la présence de gaz moléculaire dans l'une des galaxies les plus lointaines connues (en 1996), ce qui a conforté l’un des objectifs de la construction de l’Observatoire ALMA[21].

Alain Omont est cité dans l'article du journal Le Monde en [22]: "Les premières étoiles n'ont mis qu'un milliard d'années pour naître et mourir". Le journaliste écrit: "La présence d'énormes quantités de poussière avait déjà été mise en évidence sur BR1202-0725 et une dizaine d'autres quasars à l'issue d'une étude systématique de leur rayonnement menée ces dernières années par une équipe franco-britannique conduite par Alain Omont (Institut d'astrophysique de Paris) et Richard McMahon (Institut d'astronomie de Cambridge), à l'aide du radiotélescope de l'Institut de radioastronomie millimétrique (IRAM ) installé dans la sierra Nevada, près de Grenade (Espagne)."

En 2007, Alain Omont publie l'article Molecules in Galaxies[23]. Cet article de 106 pages (cité 127 fois[24] ) a pour objet de passer en revue les principales réalisations, les développements et les perspectives des études moléculaires dans les galaxies externes (« The main achievements, current developments and prospects of molecular studies in external galaxies are reviewed », citation de l'abstract de l'article). La lecture de l'article est accessible, car Alain Omont évite les développements mathématiques. On note une bibliographie très complète à la fin de l'article (13 pages). Alain Omont donne aussi la liste des principales abréviations utilisées dans les articles spécialisés. L'étude porte sur le rôle central du milieu interstellaire (ISM, en anglais) qui est la matière remplissant l'espace entre les étoiles dans une galaxie. George Miley et Carlos de Breuck [25],cite l'article d'Alain Omont, page 26: "Since then, the sensitivity of (sub)millimetre receivers has been improved and the high-redshift Universe has been opened to molecular line studies (see reviews by Solomon & vanden Bout (2005) and Omont (2007))".

Interstellar Fullerene Compounds and Diffuse Interstellar Bands[26], est un article de 2016, rédigé par Alain Omont[27]. Cet article a pour objet de réévaluer l'importance des composés fullerènes interstellaires.L'étude porte sur les propriétés interstellaires fondamentales et les contributions probablesdes fullerènes de toutes tailles et de leurs homologues. La conclusion est que le paysage général des composés fullerènes est probablement beaucoup plus riche qu'on le pensait (traduction libre d'extraits de l'abstract).

En 2017, Alain Omont, chercheur toujours très actif, publie A l’Orée du Cosmos. Un siècle de révolution dans l’astronomie[28],[29],[30],[31], un ouvrage de vulgarisation qui sera traduit en anglais en 2022. Alain Omont retrace l'histoire de l'astronomie depuis la naissance de la théorie de la relativité (restreinte puis générale) et de la mécanique quantique. Il rappelle dans l'introduction que depuis les origines de l'humanité, l'astronomie, c'est-à-dire l'étude du « ciel »a passionné les hommes, qui ont été confrontés à d'insondables mystères. C'est seulement au XXe siècle, grâce aux spectaculaires progrès de la physique théorique que nombre de questions ont reçu des réponses satisfaisantes. On trouve dans le livre des illustrations, des graphiques faciles à interpréter et un nombre limité mais pertinent de références accessibles. Françoise Combes dans la recension du livre écrit[29] : « ... Alain Omont fait défiler devant nos yeux émerveillés toutes les découvertes concernant les objets compacts, les trous noirs, les quasars (découverts en 1963 par Maarten Schmidt), les pulsars, véritables toupies d’étoiles à neutrons (découverts en 1967 par Jocelyn Bell) dont la fusion vient d’être détectée par les ondes gravitationnelles ».

En , Alain Omont donne une conférence « La découverte de l’univers et de son histoire. Où en est-on ? »[32]. Cet exposé se fonde sur le contenu du livre précédent et ainsi en une heure et trente minutes le spectateur découvre comment la perception du Cosmos a été bouleversée depuis les années 1900 jusqu'à nos jours.

Publications

Livre

  • A l’Orée du Cosmos. Un siècle de révolution dans l’astronomie. EDP-sciences, Paris, 2017, Traduction en anglais : On the Edge of the Cosmos: A Century of Revolution in Astronomy. EDP-sciences, Paris, 2022.
  • Une sélection de 82 articles d'Alain Omont[33]

Quelques articles récents

Éditions collectives

  • From miras to planetary nebulae: which path for stellar evolution ?, ed. by M.O. Mennessier and A. Omont / Gif-sur-Yvette Ed. Frontières 1990 Impr. à Singapour[34].
  • Naissance et enfance des étoiles, éd. par Robert Lucas, Alain Omont et Raymond Stora / USMG; NATO ASI / Amsterdam New York Oxford North-Holland 1986[35]

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Notes et références

Liens externes

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