Albert Samama-Chikli
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| Naissance | |
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| Nom de naissance |
Albert Samama |
| Surnom |
Samama-Chikli |
| Nationalités |
beylicat de Tunis (jusqu'au ) protectorat français de Tunisie (à partir du ) française |
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| Enfant |
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| Distinction |
Albert Samama-Chikli (arabe : ألبير شمامة شيكلي), de son vrai nom Albert Samama, dit Samama-Chikli, né le à Tunis et mort en dans la même ville, est le « premier cinéaste tunisien »[1] selon Férid Boughedir.
Pionnier du cinéma national, il est aussi l'un des plus anciens cinéastes du monde[2].
Jeunesse
Né dans une famille aisée d'origine juive tunisienne, son père, banquier, aide de camp de Sadok Bey, a fait fortune dans le commerce[3]. Albert connaît très tôt la vie mondaine dans les palais de Tunis[3].
Il poursuit ses études auprès de Charles Lavigerie, puis chez les Jésuites à Marseille[3]. Il voyage beaucoup, notamment au cap Horn, en Chine ou en Australie[3]. Il tient son surnom « Chikli » de la confrérie des pompiers de l'île de Chikli, une petite île sur le lac de Tunis où Albert Samama organise parfois des fêtes[1].
Premières expériences
En 1896, il rentre en Tunisie et projette dans la capitale les premières images cinématographiques[3] avec le photographe Soler[4]. Correspondant des frères Auguste et Louis Lumière[3], il diffuse notamment lors de cette projection les films La Sortie de l'usine Lumière à Lyon et L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat[4].
Passionné par la photographie et le cinématographe, mais aussi par toutes les sciences et techniques nouvelles[3], il est ainsi le premier à introduire en Tunisie la bicyclette, le télégraphe sans fil et le premier appareil à rayons X dans un hôpital tunisois[1].
Il tourne aussi les premières vues aériennes de la Tunisie en 1908, en ballon entre Hammam Lif et Grombalia[4],[1]. Il filme le séisme de 1908 à Messine et, en 1909, effectue des prises de vue sous-marines[3]. En 1910, il filme une Pêche au thon en Tunisie pour le prince de Monaco, Albert Ier[1], et en tire un extrait de photographies[5].
Reporter
Il développe alors un goût prononcé pour le documentaire et le reportage et commence à couvrir des événements dans toute la Tunisie pour les maisons Pathé et Gaumont et les journaux Le Matin et L'Illustration[3]. Reporter de qualité, il filme également la cour beylicale, réalisant aussi bien des prises de vue anecdotiques — comme une sortie solennelle d'Hédi Bey sur le perron du Bardo — qu'historiques, comme les obsèques de Naceur Bey[3]. En 1911, il est chargé de couvrir la guerre italo-turque qui a lieu en Tripolitaine[3]. Il réalise également des images documentaires, comme La Pêche aux éponges ou Trafic d'armes au large de Douara[3].
Il s'engage lors de la Première Guerre mondiale à la section photographique et cinématographique des armées françaises et fait partie des douze reporters dirigé par Abel Gance[3] qui filment les tranchées de la bataille de Verdun[1].
Dans les années 1920, alors que le tourisme commence à se développer, il effectue quelques photographies et documentaires pour le compte de revues de voyage et de guides touristiques[3]. Il travaille en 1922 comme caméraman dans le film Les Contes de mille et une nuits du réalisateur russe Victor Tourjanski[6]. Par la suite, il tente de réaliser une sorte d'« encyclopédie en images de la vie tunisienne »[3]. C'est pourquoi il se rend à la campagne et passe de longues semaines aux côtés des populations rurales[3].
Films
Dans son premier court métrage de fiction, Zohra (1922), le premier film tunisien de fiction[4], Samama-Chikli rend hommage à ces tribus en racontant l'histoire d'une jeune naufragée française, tombée d'un avion, qui va être recueillie par des Bédouins tunisiens et qui vivre pendant un temps avec eux[3],[1]. Ce film rencontre un grand succès lors de sa présentation au cinéma Omnia Pathé de Tunis[3], le [7]. Il donne à sa fille, Haydée Tamzali, le rôle principal, elle qui deviendra sa première interprète féminine[3] et sa scénariste : elle devient par là probablement la première actrice du monde arabe de tous les temps[8].
Samama-Chikli tourne ensuite L'Éclipse puis, en 1923[9], La Fille de Carthage, premier long métrage de Tunisie réalisé par un Tunisien[1]. Réalisé avec le soutien de Habib Bey qui assiste au tournage à Tunis, ce dernier fournit son palais et tous les figurants dont Samama-Chikli a besoin[3]. Mélodrame, le film raconte l'amour impossible entre un instituteur et une fille dont le père l'a promis au fils du cheikh[3].
Fin de vie
Il acquiert la nationalité française et sa femme, une musicienne italienne[7], ainsi que sa fille Haydée, se sont converties à l'islam[6].
Mort en 1933 ou 1934 à Tunis, il est inhumé au cimetière du Borgel. On peut lire cette épitaphe sur sa tombe :
« Inlassable dans la curiosité, téméraire dans le courage, audacieux dans l'entreprise, obstiné dans l'épreuve, résigné dans le malheur, il laisse des amis[1],[10]. »