Albert de Neuville
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nom de naissance |
Albert Marie Pierre Gustave de Neuville |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activités |
Poète, collectionneur d'œuvres d'art, mécène, collectionneur de livres, critique d'art |
| Maître | |
|---|---|
| Personnes liées |
Albert de Neuville, né à Flémalle-Haute le et mort à Liège le est un essayiste, critique d'art, poète, bibliophilie, mécène et collectionneur belge.
Né le à Flémalle-Haute[1], Albert Marie Pierre Gustave de Neuville est le fils de Pierre-Denis de Neuville (1838-1878), administrateur des charbonnages de Marihaye, et d'Othilie Orban (1838-1919), petite-fille d'Henri-Joseph Orban[2],[3]. Il commence ses humanités classiques au collège Saint-Michel de Bruxelles en 1878, ne gardant pas un bon souvenir de son séjour dans cette institution, et les achève au collège Saint-Servais de Liège en 1882[4]. La même année, il commence des études de droit à l'université de Liège, où il suit entre autres les cours de Godefroid Kurth, qu'il n'achève pas car il a une fille en 1886 avec sa compagne Marie Tilman et décide de se centrer sur son nouveau rôle de père[5].

Grâce aux « privilèges de la fortune »[6], il peut se consacrer entièrement à son « œuvre de bibliophile, de collectionneur, de critique d'art et de mécène »[7],[8]. Il constitue au fil des années une vaste collection de livres rares, qu'il finit par cataloguer en 1914, mais aussi de dessins et de gravures[7]. Il voyage habituellement à Paris, s'y liant d'amitié avec Georges Duhamel et Charles Vildrac[7],[9],[10], mais aussi en Russie et aux Pays-Bas[11]. Armand Rassenfosse est « un familier de la maison » à qui de Neuville confie l'exécution de ses ex-libris et qui peint en diverses occasions sa fille Laure[12]. Il développe aussi, en tant que trésorier-secrétaire de l'Association des peintres-graveurs de Belgique, des « relations de travail et de mutuelle estime » avec l'artiste James Ensor[7],[9]. À Liège, son influence s'exerce principalement au travers de son poste de président de la Société royale des beaux-arts de Liège qui lui permet d'organiser les Salons des Beaux-Arts qui y ont lieu[7],[9],[10]. Il remplit « sa tâche avec efficacité et modestie et occupe une place remarquée dans l'essor culturel de la Cité Ardente »[11],[10].
Il collabore activement avec Jules Destrée dans l'organisation de l'Exposition des Arts anciens du Hainaut qui a lieu durant l'Exposition de Charleroi de 1911[7] et « multiplie les initiatives philanthropiques destinées à aider les artistes dans le besoin » durant la Première Guerre mondiale[7],[13]. Son goût pour la littérature ne le quittera pas : il est l'auteur de nombreux articles dans différents périodiques, d'une pièce de théâtre (Orage aux cordillières)[5], d'un recueil de petits poèmes Haïkaï et Tankas (Épigrammes à la japonaise)[14],[12], de plusieurs études d'artistes (François Maréchal en 1906[7],[10], Gilles Demarteau en 1920[6],[12], Georges Petit en 1921[6],[10] et Auguste Donnay en 1922[6],[10]), et enfin d'un ouvrage posthume (Pensées d'un silencieux)[12] « où se trouve exposée sa conception de la vie, à travers l'art et les artistes, l'esthétique, les tableaux, les femmes et l'amour, les paysages d'Ardenne, la politique »[11].

Il est également l'auteur d'une série d'aquarelles, illustrant le recueil de poèmes d'Estienne intitulé Phrases, où il donne « à ses compositions un tour allègre et plein d'humour »[12]. Il y anticipe certains procédés de la bande dessinée[15] et travaille dans un style proche de celui de James Ensor[16]. Selon l'historien belge Jacques Stiennon, de Neuville « a eu le souci de traduire le plus fidèlement possible l'esprit même du poète qu'il illustrait, un esprit fait de détachement intellectuel, de scepticisme amusé, de sensualité souriante »[16]. Sur la trentaine d'aquarelles illustrant le recueil de poèmes d'Estienne, trois sont exécutées par son ami Armand Rassenfosse[17]. Cette œuvre résultant de la « collaboration savoureuse d'un artiste amateur et d'un maître en arts plastiques » est probablement effectuée vers 1907-1914[18].

Albert de Neuville, l'« ami des arts »[6],[13], meurt le à Liège[1],[2] des suites d'une affection cardiaque[19] et il est inhumé le au cimetière de Petit-Rechain[20]. La rubrique nécrologique du journal La Meuse remarque, qu'avec ce décès, « notre cité perd [...] l'un de ses plus fervents admirateurs et l'un des meilleurs serviteurs de l'art, qu'il ne cessa d'encourager de toutes manières, avec la plus louable générosité »[19].
Publications (sélection)
- « Catalogue de l'oeuvre gravé de M. François Maréchal : Conférence faite au Cercle athlétique liégeois, le 15 décembre 1905 », Wallonia, vol. XIVe année, no 1, , p. 1-38 (OCLC 1400223349)
- Bibliothèque de Mr Albert de Neuville : catalogue, Liège, , 117 p. (OCLC 1400862688)
- La Femme et le livre, Liége, M. Thone, , 55 p. (OCLC 458860206)
- Gilles Demarteau, Turnhout, Brepols, coll. « Les grands Belges », , 28 p. (OCLC 470146460)
- « À propos du Salon triennal de Liège », La Vie wallonne : revue mensuelle illustrée, Liège, Imp. G. Thone, vol. I, 1920-1921, p. 433-438 (lire en ligne)
- Épigrammes à la japonaise, Paris - Liège, Ch. Bosse - Impr. Desoer, , 76 p. (OCLC 1400349722)
- Georges Petit : sculpteur, médailleur et peintre, Liège, Thone, , 50 p. (OCLC 901560632)
- Pensées d'un silencieux, Bruxelles, Renaissance du livre, , 159 p. (OCLC 77878938)