Alberto Cavallone

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Nationalité Drapeau de l'Italie italienne
Décès (à 58 ans)
Rome, Latium
Italie
Alberto Cavallone
Naissance
Milan, Lombardie
Italie
Nationalité Drapeau de l'Italie italienne
Décès (à 58 ans)
Rome, Latium
Italie
Profession Réalisateur, scénariste, monteur

Alberto Cavallone (né à Milan le et mort à Rome le ) est un réalisateur et scénariste Italien[1]. Les films de Cavallone sont anti-conventionnels et contiennent souvent un mélange de violence , de surréalisme et d'érotisme[1].

Films perdus ou inachevés

Alberto Cavallone s'est consacré très tôt à sa passion, le cinéma. Son concept est de réaliser des films contre les conventions mêlant violence picturale, visions surréalistes et érotisme. Les films sont pour la plupart rejetés par la critique. Il débute en 1959 avec le documentaire, aujourd'hui perdu, La sporca guerra (litt. « La sale guerre »)[2] ; il tourne ensuite en 1964 le drame semi-documentaire Lontano dagli occhi (litt. « Loin des yeux »), avec le jazzman Lino Patruno, qui signe également la bande originale avec Gianni Saintjust. Jamais distribué à l'époque, Lontano dagli occhi a refait surface dans la nuit du , diffusé en Italie par la chaîne Cine 34 sous le titre N come negrieri (it) (litt. « N comme nègriers »). Le fait qu'il existe deux scénarios, l'un titré "Lontano dagli occhi" et l'autre "...e la guerra continua" (document CF4576 conservé au ministère de la culture à Rome), à longtemps laisser penser que deux versions d'un même film existaient. En réalité, n'ayant pu distribuer son film tel qu'attendu, Cavallone enregistra son film sous un autre titre pour s'en assurer la protection de droit (d'où le titre étrange "N come negrieri"). En 1968, Cavallone réalise Le salamandre, une sorte de polar érotique situé en Tunisie, l'histoire d'un amour saphique entre un mannequin noir et un photographe blanc entre lesquels s'intercale un médecin français[3]. Ce tournage fait suite à la lecture des Damnés de la terre de Frantz Fanon, que Cavallone aurait rencontré à La Sorbonne avant sa mort en et qui a profondément influencé sa compréhension du colonialisme et de l'impérialisme[4],[5].

En 1970 sort Dal nostro inviato a Copenaghen, l'histoire de deux marines qui, après avoir combattu au Vietnam, se réfugient à Copenhague ; l'un sert de modèle pour des roman-photos pornographiques, l'autre devient fou et, après une tentative de meurtre, est confié aux services sociaux qui tentent d'utiliser son cas comme sujet d'étude (c'est le tout premier film de l'histoire du cinéma parlant des conséquences de la guerre du Vietnam sur la psyché des soldats américains). En 1971, il signe Quickly... spari e baci a colazione, un film à mi-chemin entre le poliziottesco ante litteram, la comédie d'espionnage et le film noir. Il s'agit d'une réutilisation d'une parties des images d'archives tournées précédemment par Cavallone pour un musicarello resté inachevé, intitulé Il ragazzo che fece fumare il Vesuvio (litt. « Le garçon qui a fait fumer le Vésuve »). Afrika, une histoire d'homosexualité et de violence, film longtemps considéré comme perdu puis retrouvé, date de 1973[6](premier film Italien ayant pour protagonistes des personnages masculins homosexuels). Après avoir édité les dialogues italiens de Esotika Erotika Psicotika (titre Italien de "The liquerish quartet" de Radley Metzger), Cavallone réalise Zelda, un film érotique de 1974, avec Maria Pia Luzi, alias Jane Avril[2], alors sa compagne[7].

En 1977, il tourne L'uomo, la donna e la bestia, dans la banlieue romaine ("Castelnuovo di porto" où la famille Cavallone habitait), mettant en scène l'histoire de différents personnages atypiques : un peintre communiste et sa femme folle, un paysan alcoolique et sa femme frustrée, une jeune prostituée, un boucher lubrique, une ménagère dépassée dont la fille est enceinte de son mari et un curé suscitant des envies. L'équilibre précaire est rompu par l'arrivée d'un clochard fraîchement sorti d'un cimetière, le tout couronné par une fin surprenante. Le Corriere della Sera a salué la sortie du DVD en ces termes : « La folie ravage une ville de province. L'affiche cite Max Ernst. Les images rendent hommage à Georges Bataille et à L'Origine du monde de Courbet, que personne ne connaissait en 1977 ».

En 1978, il réalise Blue Movie, l'histoire d'un photographe de mannequins qui décide de ne plus photographier que des objets inanimés ; un mannequin (Dirce Funari) fatigué de sa beauté, qui se laisse traiter comme un objet inanimé, et une secrétaire (Leda Simonetti), sa complice, l'assistent. En 1980, le réalisateur signe Blow Job, l'histoire d'un homme et d'une femme qui s'enfuient d'un hôtel sans payer, et se retrouvent sur un champ de courses où ils rencontrent une sorcière, qui les conduira dans un château où leurs identités se confondront dans un jeu de miroirs aux accents d'épouvante. La même année arrive La gemella erotica, un film que Cavallone quitte à mi-parcours[8] (une légende racontée par Cavallone lui-même car il fut bien présent du début à la fin et dû même demander à Luigi Cozzi de prendre sur son temps de montage pour finir le film); l'histoire est centrée sur deux jumelles qui se ressemblent mais qui se distinguent par des mœurs différentes. Une série de films pour le marché de la pornographie et de l'érotisme suit, dont Petites fesses juvéniles pour membres bienfaiteurs en 1981. En 1983, le réalisateur réalise son dernier long métrage de fiction, Le Maître du monde, tourné à Grande Canarie. Il s'agit d'un film violent se déroulant à l'époque préhistorique. Au début des années 1990, il réalise des publicités et contribue à la révision de scénarios écrits par d'autres scénaristes, ainsi qu'à la réalisation de story-boards pour au moins un film d'animation ("I sogni proibiti di Tommy" de Alberto Chimenz). Au moment de sa mort, Cavallone tentait de réalisé un dernier film qu'il avait intitulé Internet Story.

Cavallone a également écrit et réalisé un film inédit, intitulé Maldoror et tourné à Viareggio, Livourne, Rome et en Turquie en 1975. Le magazine de cinéma Nocturno a fourni plusieurs détails sur le film au fil du temps, en interviewant des personnes présentes sur le plateau et en reconstituant les événements de la production du film[9]. Une poignée de photos de tournage, publiées par Nocturno, subsistent actuellement du film en plus du scénario.

L'histoire raconte le tournage d'une adaptation de "Les chants de Maldoror" par son réalisateur Paul. Ayant de gros problèmes relationnels, il part en voyage avec son chef-opérateur en Turquie pour faire des repérages pour les scènes extérieurs. Sur le chemin à bord d'un bateau à Istanbul, il fait la rencontre de Sally, une héroïnomane. A la fin du voyage, Paul trouve la mort en tombant du haut du château d'Uçhisar. Accident ou suicide, le doute est volontairement explicité. En train de mourir, il demande à son chef-opérateur de le filmer. Le film s'articule comme un road-movie, parsemé des scènes tournées par Paul et de visions d'un passé altéré et fantasmé.

Parmi les scènes surréalistes du film dans le film : un écran blanc déchiré duquel sort une procession carnavalesque avec en tête un curé faisant tourné un crucifix phallique comme un bâton de majorette, une fille sortie vivante du ventre d'une vache écorché dans une boucherie, une mère qui écrase un œuf sur le crâne de son enfant s’empiffrant de sucreries et qui explose une fois transpercé par une baïonnette aux mains d'un soldat, deux femmes nues sur des chaises de torture médiévales subissant des sévices par un danseur (l'une des deux à un téton coupé par une pince monseigneur), un pénis arraché à pleine dents sur une plage, un mariage entre une femme blanche et un homme de couleur où le curé viole l'épouse puis coupe leurs langues aux enfants de chœur après leur avoir fait boire du coca-cola [10].

Le 24 Octobre 1981, l'épisode "Il fantasma nella madia" de la série "Foto di gruppo" fut diffusé sur la Rai 1. Cet épisode axé sur le thème des spectres et des maisons hantées, n'a pas encore été retrouvé dans les archives de la Rai. L'autre épisode réalisé par Alberto Cavallone pour "Foto di gruppo", titré "Night-La bella gente" (épisode sur les nights club où apparait l'actrice Anita Ekberg), a lui été retrouvé[réf. souhaitée].

1984 voit le tournage de Carillon, un film pornographique inachevé[11](le matériel tourné pour ce film est devenu "L'antiquaire" de Alain Nauroy).

Filmographie

Notes et références

Voir aussi

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