Alcool camphré
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L'alcool camphré ou esprit de camphre[1], esprit camphré est une alcoolature faite de camphre (10% en général) en solution dans l'alcool éthilique, usuellement colorée en jaune. Cette préparation pharmaceutique à usage externe a connu une vogue de 1820 à 1930[2], parmi les nombreux pouvoirs qui lui ont été attribués elle est réputée soulager les douleurs musculaires et articulaires, les coups, entorses, désinfectante pour la peau, elle est recommandée pour la peau des pieds (transpiration, engelures).
Spiritus camphoratus est mentionné en 1661 dans l'Operum medicorum de Gregor Horst[3], on trouve aussi Spiritus Vini Campboratus (Esprit de vin camphré)[4] et Spiritus camphora chez Konrad Victor Schneider (1664)[5]. Camphorated spirit est décrit dans The English Herbal Or History Of Plants (1659) «utilisée contre les plaies ou ulcères rampants et suintants, ou toute autre déformation de la peau»[6]. L'Esprit de camphre ou Esprit Thériacal Camphré (qui contient aussi de la myrte et de safran est cité dans les mélanges de la Pharmacopée royale galénique (1676)[7]. En 1700 Jacques Dalibour, chirurgien militaire, formule l’eau de Dalibour antiseptique et cicatrisante avec comme formule: 1 g de sulfate de cuivre et de teinture de safran, 3,5 g de sulfate de zinc, 10 g d'alcool camphré, eau distillée QSP 1 l [8]. Le terme alcool camphré apparait en français dans l'Encyclopédie méthodique, de Guillaume Antoine Olivier et Pierre Antoine Latreille (1782)[9]. Kampferalkohol apparait en 1875[10]. En 1854, année de l'épidémie de choléra, Achille Hoffmann, recommande de prendre des gouttes d'alcool camphré (sur la langue) en cas de symptômes[11], il deviendra l'antidote universel contre le choléra[12].

La généralisation de l'asepsie mi XIXe siècle a promu l'usage des désinfectants, Raspail et Semmelweis composent des pansements pour les plaies opératoires où le camphre et l'alcool sont des ingrédients courants. Raspail formule l'eau sédative (lotion ammoniacale camphrée du codex): alcool camphré 10 %, ammoniaque liquide 60 %, sel marin 10 %, eau)[13]. Contre l'érysipèle, l'alcool camphré se montre plus efficient que l'alcool simple dans les hôpitaux parisiens (1885)[14]. Au XXe siècle des frictions quotidiennes d'alcool camphré sont prescrites pour la tuberculose (1928)[15], en mélange et par injection contre la peste porcine et la peste bovine[16]. Dans les aventures de Tintin (1953) Tournesol préconise l’alcool camphré pour soulager les douleurs rhumatismales du capitaine Haddock[17].
En 1834 parait une première synthèse sur les effets toxiques du camphre[18]. De nos jours l'indication de l'alcool camphré se limite aux douleurs musculaires ou articulaires localisées.
Composition
Titre alcoolique
Historiquement les dilutions de l'alcool étaient variables de quelques 32 %[19] à 95 %[20].
Camphre
Cosmile Europe (information sur les cosmétiques) écrit «Le camphre possède des propriétés stimulantes et antiseptiques pour la peau»[21]. En 1982, la Food and Drug Administration américaine a limité la teneur en camphre des produits commerciaux destinés à un usage médicinal à moins de 11 %[22]. Comme cette dernière les agences européennes imposent la mention «Réservé pour un usage externe uniquement»[23]. A ceci près que l'application doit être effectuée sur une peau sans lésion cutanée, ulcères, plaies ou zone d'exsudation et engelures avec lésions cutanées[24]. La proportion de camphre dans l'alcool camphré actuels est de 10 %. On trouve 12 % dans l'alcool à 85 % dans une publication sur la fabrication maison d'alcool camphré[25].
Colorant
L'alcool camphré safrané est la forme classique du soluté coloré en jaune[26]par infusion de safran[27]. La tartrazine se rencontre[28].
