Alexandra Dolgopolova est née en 1887 à Novotcherkassk près de Rostov dans l'Empire russe. Elle est la fille de Petr Ivanovitch Dolgopolov et Olga Ivanovna Semenova. Le , elle se marie à Paris avec Michel Dumesnil de Gramont. Elle traduit du russe avec son mari plusieurs ouvrages, notamment des écrits de Gorki et de Merejkovsky[1].
À partir d', elle travaille à la Bibliothèque-musée de la Guerre (devenue en 1934 Bibliothèque de documentation internationale contemporaine). Elle y rejoint le «service slave». Cette section de cette institution, qui a été créée dans le but de documenter la Première Guerre mondiale et ses causes, est chargée de mener une collecte rétrospective «remontant aux origines des mouvements révolutionnaires dans l'Empire russe au XIXesiècle»[1]. Elle prend ensuite la tête du service et y travaille notamment avec le philosophe Alexandre Kojève avec qui elle entretient des relations conflictuelles[1].
En application de la loi qui dispose que «nul ne peut être employé dans les administrations de l'État s'il ne possède pas la nationalité française, à titre originaire, comme étant né de père français», Alexandra Dumesnil est mise à la retraite[2]. Elle s'installe alors en zone libre et établit auprès de la bibliothèque de l’Université de Toulouse un service de la BDIC. Elle parvient, seule, à effectuer un travail de collecte de documents, inaccessibles en zone occupée, sur le régime de Vichy, les périodiques de la zone sud et de la documentation de la Résistance. Elle fait ainsi parvenir 50 caisses de documents à Paris[2]. Elle est officiellement réintégrée à la Libération en octobre 1944[2].
Elle reste à la tête du service slave de la BDIC jusqu'en 1952, date de son départ à la retraite[1].
Références
1234Sophie Cœuré, «Documentation et géopolitique: la BDIC de la Russie à l'URSS et retour (1917-1991 )», Matériaux pour l histoire de notre temps, vol.N° 100, no4, , p.21 (ISSN0769-3206 et 1952-4226, DOI10.3917/mate.100.0005, lire en ligne, consulté le )