Poursuivant la voie familiale du négoce et de la banque, Alexandre-Pierre-François Goüin rentre dans les affaires. En 1784, conjointement avec son frère aîné Henri Jacques Goüin-Moisant, il succède à son père à la direction de la banque familiale.
Il prend à la suite de ce mariage le nom de «Goüin de La Grandière», pour se distinguer notamment de son frère aîné qui prend lui le nom de «Goüin-Moisant» après le sien. On le retrouve également parfois sous le nom de Goüin du Tillais ou Goüin-Dutally[4].
Il acquiert avec son épouse le château d'Hodebert et le manoir de Saché, situés à Saint-Paterne-Racan, au nord-ouest de Tours, dans la Gâtine de Touraine. S'occupant de ses terres, il agrandit son domaine par l'acquisition de la Suze, de la Normandie (proche du Breuil), du pré de la Noiraie, de terres en sainfoin au clos des Haloires (Saint-Christophe-sur-le-Nais), ainsi que d'anciens bois dépendant de l'abbaye de La Clarté-Dieu et situés sur la commune de Saint-Aubin-le-Dépeint. Ils assurent secours (bois, pain, bouillons, vêtements, etc) et charité en faveur des familles démunies de Saint-Paterne[5].
Héritant de l'hôtel particulier familiale à Tours en 1809, il entreprend des travaux d'aménagements sur l'hôtel Goüin, faisant ainsi notamment démolir le bâtiment qui ferme la cour l'année suivante, de manière à ouvrir la cour sur la rue avec un portail. Il accueille et loge dans son hôtel le général Philippe-Paul de Ségur en 1813, qui, à la suite de la défaite en Russie, a pour mission de constituer le troisième corps des Gardes d'honneur à Tours[6].
Juge au tribunal de commerce de Tours depuis 1799, il en est le président de 1814 à 1820. Il succède également à son frère à la tête de la Chambre de commerce de Tours, qu'il préside entre 1817 et 1832, année de son décès. Sous sa présidence, la ville obtient notamment l'ouverture de la bourse de Tours en 1827. Il est nommé membre du Conseil général du commerce en 1825[7].
En 1816, il préside le jury d'assises d'Indre-et-Loire lors des poursuites contre les six accusés de propos séditieux contre le roi Louis XVIII dans l'affaire de Luynes[8].
↑ Béatrice Baumier, Tours entre Lumières et Révolution: Pouvoir municipal et métamorphoses d'une ville (1764-1792)'’, Presses universitaires de Rennes, 2015
↑ Michel Laurencin, La Terreur blanche en Touraine et le premier pamphlet politique de Paul-Louis Courier: L'affaire de Luynes (1816), Bulletin de la Société archéologique de Touraine, 1981
↑ Michel Laurencin, «La Société d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres du département d'Indre-et-Loire: Du siècle des Lumières à l'époque contemporaine»
Pour en savoir plus
Bibliographie
Christophe Aubouin, La banque Goüin frères: clientèle et fonctionnement d'un établissement de Touraine de 1884 à 1914, Tours, Université François-Rabelais, , 126p.
Alain Jacquet, Les Goüin, une famille tourangelle de renom, Mémoires de la Société archéologique de Touraine, volume LXXII, , 90p. (ISBN978-2-36536-048-7).
Rang-Ri Park-Barjot, La Société de construction des Batignolles: Des origines à la Première Guerre mondiale (1846-1914), Paris, Presses universitaires de Paris-Sorbonne, , 544p. (ISBN978-2-84050-389-7).
Françoise Raynaud, Une banque de province au XIXesiècle, la Banque Goüin à Tours de 1845 à 1884, Tours, Université François-Rabelais, , 105p.
Cent cinquantenaire de la Chambre de commerce de Tours, 1803-1953, Arrault, 1953