Le comte Alexandre Grigorievitch Stroganov, en russe: Граф Александр Григорьевич Строганов né le à Saint-Pétersbourg, décédé en 1891 à Odessa est un aristocrate russe qui fut grand serviteur de l'État.
Issu d'une famille de la noblesse russe, mais surtout d'une famille la plus fortunée du pays, grâce aux mines de l'Oural, le jeune Alexandre Grigorievitch reçut une excellente éducation au palais Stroganov. De 1810 à 1812, il étudia au Corps des ingénieurs des voies de communications[4],[5].
En 1820, toujours en service dans une brigade d'artillerie de la Garde impériale, il fut promu capitaine. En 1825, il reçut une nouvelle promotion, celle de lieutenant-colonel. Il remplit diverses missions pour l'empereur de Russie (diplomatiques entre autres)[5]. En 1829, il rejoignit en tant que colonel le régiment Préobrajensky. Nicolas Ier le nomma aide-de-camp de Sa Majesté Impériale. La même année, il reçut l'ordre de Sainte-Anne (2eclasse).
Lors de l'insurrection des Polonais, il participa à la répression de la population et de son armée[4]. Après la prise de Varsovie en 1831, il siégea en qualité de membre du Comité du Royaume de Pologne et dirigea les affaires intérieures et policières du royaume. En octobre de la même année, élevé au grade d'adjudant-général, il fut nommé à la suite de Sa Majesté[5].
Quelques mois avant la fin de la Guerre de Crimée, il fut nommé gouverneur général d'Odessa, poste qu'il occupa de 1855 à 1862.
Entre 1858 et 1861, il adressa un rapport à l'empereur dans lequel il lui décrit la Nouvelle Russie. Il préconisait une modernisation de la gestion publique dans les villes. Sa demande sur "l'administration publique d'Odessa" fut acceptée par le tsar, et servit de modèle pour la réglementation des villes d'Europe occidentale.
En 1851, les citoyens de la ville l'élurent maire d'Odessa, (il fut le premier maire de cette ville de Nouvelle Russie). Il mena différentes réformes: afin de développer le commerce et d'acheminer les troupes et le matériel de l'armée impériale, il fit construire une voie de chemin de fer et une gare. Pour mener à bien ce projet, Alexandre II le nomma président du Comité de la construction ferroviaire. Il fit construire des ponts, dota la ville d'un nouveau réseau d'eau, les rues d'Odessa furent équipées de gaz d'éclairage et furent également pavées[9].
En 1858, le comte proposa au ministre de l'Intérieur, Sergueï Stepanovitch Lanskoï d'accorder au citoyens juifs «les mêmes droits que les peuples autochtones» de la Russie impériale[9]. Il désirait en effet abolir le statut discriminatoire concernant le peuple juif. Ces lois décrétées par Catherine II de Russie interdisaient aux Juifs de résider aux frontières de l'Empire, dans certaines régions et certaines villes, comme la Nouvelle-Russie. Le comte Stroganov considérait que ces interdictions constituaient un véritable danger pour la Russie impériale. Ses propositions restèrent lettre morte.
En 1860, il invita à Odessa l'économiste belge Gustave de Molinari. Ce dernier donna des conférences sur le thème des bienfaits d'un travail effectué librement contrairement à celui effectué sous la contrainte du servage. Ces échanges aboutirent à la promulgation de l'oukase du donnant la liberté personnelle aux serfs[9].
Pendant vingt-et-un ans, il occupa les fonctions de président de la Société impériale d'histoire et d'antiquité et dirigea également la Société d'agriculture de la Russie méridionale[10].
En 1862, le comte se retira de la vie publique, mais continua à résider dans la ville. En 1882, il obtint la plus haute distinction de l'Empire russe: l'ordre de Saint-André.
Il était connu pour son avarice personnelle dans son vieil âge et refusa de verser un kopeck pour l'érection du buste de Pouchkine à Odessa.
Décès et inhumation
Le comte Alexandre Grigorievitch Stroganov décéda le à Odessa. Il fut inhumé au vieux cimetière d'Odessa. Sur ordre de Staline, le cimetière fut détruit en 1937[12].