Alexandre Nevski
prince de Novgorod, héros national russe et saint de l'Église orthodoxe russe
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Alexandre Nevski (littéralement « de la Neva », en russe : Александр Ярославич Невский, Aleksandr Iaroslavitch Nevskii, ⓘ), né le à Pereslavl-Zalesski et mort le à Gorodets, est un prince de Novgorod puis Grand-prince de Vladimir-Souzdal célèbre pour ses victoires militaires.
| Prince de Novgorod | |
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Vassili Alexandrovitch (d) | |
| Prince de Kiev | |
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| Prince de Pereiaslav | |
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Vassili Alexandrovitch (d) | |
| Prince de Novgorod | |
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| Prince de Novgorod | |
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| Prince de Kiev | |
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| Prince de Novgorod | |
| Grand Duke of Vladimir (en) |
| Naissance | |
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| Décès | |
| Sépulture | |
| Activité |
Chef militaire |
| Famille |
Riourikides, Iourievitchi (d) |
| Père | |
| Mère |
Feodossia Mstislavna (en) |
| Fratrie | |
| Conjoint |
Alexandra Briatchislavovna (d) (à partir de ) |
| Enfants |
Jevdokija Alexandrovna (d) Dimitri Ier de Vladimir André III de Vladimir Saint Daniel de Moscou Vassili Alexandrovitch (d) |
| Étape de canonisation | |
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| Fête |
Canonisé en 1547 et érigé en héros national de l'Empire russe en 1723, son image sert à des fins de propagande durant le début du XXe siècle. Il est aussi un saint de l'Église orthodoxe et plusieurs cathédrales orthodoxes portent son nom. Il est fêté le et le (translation de ses reliques à Saint-Pétersbourg).

Biographie
Prince de Novgorod
Né dans la famille princière de Iaroslav II de Vladimir, il est le prince héréditaire de Pereïslav-Zalesski. Alexandre seconde d'abord son père et reçoit la fonction de prince de Nogorod en 1236, alors que les territoires sont menacés par les Suédois, chevaliers Teutoniques et le Grand-duché de Lituanie[1]. À l'est, les mongols relancent une invasion du Nord-Est qui mobilise son père dès 1238 afin d'aider Iouri II de Vladimir et le laisse gouverner Novgorod seul. Iouri est tué lors de la bataille de la rivière Sit (en) et la Grande-Principauté de Vladimir-Souzdal se soumet. Iaroslav II reçoit le titre de Grand-Prince en récompense de sa soumission[2],[3]. Alexandre fait également part de sa soumission aux mongols, ce qui lui permet d'avoir les faveurs de Batu qui l'assiste en 1240 pour le replacer à la tête de Novgorod lorsque la principauté l'écarte brièvement[4].
C'est dans ce climat conflictuel qu'il remporte une première victoire importante dans l'histoire de la Russie contre les Suédois à la bataille de la Neva le , lui valant le surnom de Nevski (« de la Neva ») et un statut de héros[1],[5]. Les Suédois avaient reçu l'autorisation papale de lancer la deuxième croisade suédoise et visent à contrer les incursions de Novgorod en territoire finnois[6]. Il est toutefois possible que l'importance de cette bataille soit exagérée pour des raisons politiques[7] et peu d'éléments permettent d'attester d'une campagne militaire coordonnée des suédois[8]. Le surnom Nevski (de la Neva) est d'ailleurs attribué tardivement au XVe siècle[6].
De 1240 à 1241, Alexandre Nevski doit faire face à une campagne militaire (en) résultant d'une coalition entre l'Évêché d'Ösel-Wiek et l'Ordre de Livonie contre la principauté de Novgorod[9]. Des missions visant à persuader Novgorod à se convertir au catholicisme sont également menées, sans succès[10]. Alexandre Nevski parvient même à tirer profit du soutien mongol pour étendre son influence sur les territoires des Tchoudes[4], prenant possession de Pskov et Koporié[6]. Ce conflit s'étend à l'ensemble des chevaliers de l'ordre Teutonique qui se confrontent à l'armée d'Alexandre lors de la bataille du lac Peïpous sur les glaces du lac éponyme en [1],[5]. Ceux-ci venaient d'intégrer l'ordre des chevaliers Porte-Glaive et avaient reçu l'autorisation du Pape Grégoire IX pour lancer une croisade contre les Novgorodiens, afin notamment de les convertir de force au Catholicisme[11]. Cette victoire met un terme à la poussée germanique vers l'est et affirme la suprématie russe sur les peuples slaves. Il remporte enfin une victoire en 1245 contre les Lituaniens près de Vitebsk[1].
À l'est, les territoires russes fragmentées sont progressivement intégrées à l'Empire mongol tandis que Iaroslav II, le père d'Alexandre, accepte le joug tatar. En 1245, il est convoqué par le Grand Khan et meurt en septembre 1246 à son retour d'un empoisonnement[12].
Grand-Prince de Vladimir
La mort de son père provoque une crise de succession entre Alexandre et son frère André. Tout deux font appel à Batu pour les soutenir, mais celui-ci les envoie à Karakorum, avec une préférence pour Alexandre. Présent lors du couronnement de Güyük, cette préférence joue en sa défaveur et il se voit confier la Principauté de Kiev tandis que son frère André devient Grand Prince de Vladimir (en), violant la coutume russe de succession des aînés[12],[4].
Cette situation pousse Alexandre à s'intéresser aux relations diplomatiques avec l'Empire mongol et se rend régulièrement à Saraï, où il se lie d'amitié avec Sartaq. Au début des années 1250, André incite plusieurs principautés à se soulever pour gagner leur indépendance, il refuse également de se rendre à Karakorum pour assister au couronnement de Möngke. Cette défiance pousse les mongols à intervenir, avec Sartaq à leur tête. Alexandre adopte quant à lui une politique favorable aux mongols et les accompagne afin de réprimer les mouvements antitatars. Après avoir vaincu son frère, il reçoit le titre de Grand-prince de la principauté de Vladimir-Souzdal de la part de Möngke, appuyé par le khan Batu de la Horde d'or[13],[1],[14],[4].
Politique favorable aux mongols
Il poursuit cette politique de conciliation favorable aux mongols en entretenant de bons rapports diplomatiques avec la Horde d'or. Cette politique lui permet de renforcer le tissu intérieur de la Russie en construisant des fortification, des églises et édictant des lois. Il modifie également le mode de gouvernance de la principauté de Novgorod par une souveraineté reposant sur une invitation constitutionnelle à diriger. Cette politique lui permet d'y placer son fils Vassili. Cependant, en 1255, celui-ci est expulsé de la ville en faveur d'un candidat opposé aux mongols. Alexandre opère dès lors une campagne répressive et y réinstalle son fils[12].
Cette politique répressive se reproduit de 1257 à 1259 lorsqu'un soulèvement éclate contre l'imposition soumise par la fiscalité mongole. Il intervient afin de forcer Novgorod à se soumettre et éviter que l'armée mongole le fasse[12]. En 1262, d'autres soulèvements apparaissent contre la fiscalité de la Horde d'or et le projet de recrutement massif. Alexandre intervient auprès de Berké Khan et le convainc d'exempter la perception en territoire russe dans le cadre d'une invasion de l'Ilkhanat[12]. Au retour de Saraï, il meurt le à Gorodets[1]. Après sa mort, le territoire russe se morcelle entre différentes principautés en conflit. Son pouvoir, reposant sur le soutien des princes, des boyards et du clergé, n'a pas pu être transmis à ses fils[12].
Postérité
Popularité
Les victoires militaires d'Alexandre Nevski lui valent une popularité attestée par la rédaction de sa Vie par un témoin oculaire. Un culte local lui est voué, le proclamant saint dès 1381 et il est canonisé le [15],[1],[12]. En adoptant une politique favorable aux mongols, Alexandre bénéficie du soutien de l'Église orthodoxe tandis que les princes hostiles aux mongols sont soutenus par l'Église catholique. Il permet ainsi à l'Église orthodoxe de s'épanouir et de prospérer sous la protection mongole et l'exemption fiscale[12].
L'image et la popularité d'Alexandre servent également l'Empire russe. Il est fait héros national dès 1723. Sa mémoire est encore rappelée à la veille de la Seconde Guerre mondiale dans le film Alexandre Nevski (1938) de Sergueï Eisenstein[1]. Utilisé à des fins de propagande tant sous l'Empire russe que l'Union soviétique, son nom est utilisé comme décoration impériale, puis recréé en 1942 comme médaille militaire de l'Ordre d'Alexandre Nevski[12].

En 2008, Alexandre Nevski est désigné comme le Russe le plus populaire de l'histoire de la Russie avec un peu plus d'un demi-million de voix, devant Piotr Stolypine et Joseph Staline.
Reliques
Le , l'empereur Pierre le Grand fait transférer ses reliques de Vladimir à Saint-Pétersbourg dans la petite châsse Alexandre Nevski, à la laure récemment construite pour la nouvelle capitale[1].
En 1919, les reliques d'Alexandre Nevski sont saisies par les nouvelles autorités communistes qui les mettent dans un musée de l'athéisme, dans un but antireligieux[16]. En 1989, le gouvernement soviétique autorise le retour des reliques à la Laure St Alexandre Nevsky[16].
À l'automne 2007, la châsse Alexandre Nevski contenant ses reliques quitte momentanément la laure Alexandre Nevski et est montrée en divers endroits de la région, en particulier à la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou, à Kaliningrad, à Riga, à Pskov, à Veliki Novgorod, à Iaroslavl, à Vladimir, à Nijni Novgorod et à Iekaterinbourg[17].
Dans la nuit du au , des voleurs pénétrèrent par effraction dans l'église Sainte-Catherine de Saint-Pétersbourg. Ces inconnus dérobèrent le reliquaire contenant les restes de saint Alexandre Nevski, cinq croix, un calice, en outre treize autres reliques de saints de l'Église orthodoxe russe furent dérobées dans cette même nuit.
Descendance
De son union en 1239 avec Alexandra ou Prascovie, fille du prince Bryatchilav de Polotsk (mort après 1239), sont nés[12] :
- Vassili, né en 1240, prince de Novgorod (1256-1258), mort en 1271 ;
- Eudoxie, mariée avant 1262 à Constantin, prince de Smolensk ;
- Dimitri Ier ;
- André III ;
- Daniel de Moscou, né en 1261 et mort le , prince de Moscou en 1264. De lui descendent les grands-princes de Moscou.