Alexandre Orion

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Alexandre Orion
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Biographie
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Alexandre Orion[1] (né en 1978 à São Paulo) est un artiste de rue et multimédia, ainsi qu'un muraliste brésilien.

Alexandre Orion (né en 1978), est un artiste multimédia. Il se lance en 1992, influencé par la culture urbaine et le monde du graffiti. Rapidement, il se démarque de ces mouvements et instaure une relation singulière avec la ville. Selon ses propres termes, « une ville ce n'est pas une galerie ; les villes sont porteuses de sens ». C'est précisément cet état de penser, souvent subtile, qu'il explore en interagissant avec les passants pour les intégrer à son œuvre, tout en recherchant des techniques et en explorant les problématiques que la ville peut dissimuler. Orion a présenté plusieurs expositions personnelles à l'international, notamment au Centro Cultural Banco do Brasil, à Itaú Cultural, au Centro Cultural da Caixa et à la Pinacoteca do Estado de São Paulo, au Brésil. Parmi les lieux qui ont exposé ses œuvres ou acquis des pièces pour leurs collections, on peut citer la Fondation Cartier pour l'art contemporain à Paris, la Pinacoteca do Estado de São Paulo, le Centrum Beeldende Kunst de Rotterdam, Itaú Cultural, la Deutsche Bank et le Mad Museum à New York.

Travaux

Métabiotiques

La métabiotique[2] consiste à trouver un lieu en ville où Orion peint un mur et, appareil photo en main, attend l'instant décisif où les passants interagisent spontanément avec ses peintures. Le cadrage précis de la situation favorise une fusion entre peinture et vie réelle, encourageant une rencontre (ou confrontation) entre la réalité et la fiction au sein du champ photographique. Ce moment décisif d'interaction entre les personnes et l'image peinte a donné naissance à la métabiotique, à l'opposé de la photographie traditionnelle, qui véhicule l'idée que tout ce qui est photographié est réel. La métabiotique interroge la véracité : les peintures ont été réalisées sur les murs, des gens sont passés et ont agi spontanément, mais ce que nous voyons suggère une sorte de mise en scène qui n'a jamais existé. Tout est à la fois vrai et faux. La peinture et la photographie partagent le même environnement, comme deux organismes inséparables et pourtant incompatibles. La photographie, en tant que finalité, est un environnement où il n'y a pas de frontière nette entre ces deux médiums, elle va au-delà des deux points de vue, vers un abîme ténu et infini qui nous conduit au néant.

Espólio

Espólio (Rebuts), consiste en trois séries où les déchets issues de la combustion de carburant sont utilisés comme matière première. À travers celles-ci, l'artiste critique le mode de vie contemporain : Ossário (Ossuaire), Polugrafia (Pollugraphie) et Poluição sobre muro (Pollution des murs).

Ossário

En 2006, Orion a créé Ossário[3] (Ossuaire), une intervention dans un tunnel routier de São Paulo[4] Pendant 17 nuits, ou tôt le matin, il a enlevé une partie de l'épaisse couche de suie des pots d'échappement qui imprégnait les parois. Mais la saleté était essuyée de manière délibérée, de sorte que des crânes se dessinaient sur les murs. Le tunnel est devenu une catacombe avec plus de 3 500 crânes dessinés à la main, rappelant que cette même suie noire qui imprègne les parois des tunnels assombrit aussi nos poumons et nos vies. Notre propre site archéologique a ainsi été révélé au grand jour. Le travail se déroulait de nuit, car le trafic à son zénith était insupportable[5], Orion devait faire face au bruit assourdissant de la circulation, à la sensation d'étouffement de l'air stagnant et à de nombreux contrôles de police. Mais nettoyer n'est pas un crime ; polluer, si. Au fur et à mesure que le travail avançait, il est devenu clair que personne ne pourrait l'arrêter, sauf en faisant son travail à sa place. Quelques semaines plus tard, des équipes d'employés municipaux arrivèrent pour nettoyer la crasse, mais seulement dans la zone d'intervention. Le reste du tunnel demeura dans le même état. Comme si de rien n'était, Orion continua son travail jusqu'au retour des services municipaux. Cette fois, ils lavèrent l'intégralité du tunnel. Le crime avait changé : il s'agissait désormais de censure. Après la conclusion de son travail, tous les tunnels routiers de la ville furent nettoyés. Mais les parois noircirent à nouveau en un temps record. Le message d'Ossário avait déjà été transmis, mais Orion ne s'arrêta pas là. De retour dans les tunnels, il dessina des crânes et enleva la poussière ou la suie des parois à l'aide de chiffons. Puis, il lava les chiffons et attendit que la suie se dépose et que l'eau s'évapore, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que la poudre noire provenant des tuyaux d'échappement. Cette substance toxique, en apparence inutile, fut transformée en pigment et utilisée pour des peintures de grand format dont le réalisme saisissant évoque, avec une pointe d'ironie, de vieilles images publicitaires. Orion utilise la pollution pour contraster l'existence quotidienne apparemment inoffensive qui la produit.

Polugrafia

Série de gravures utilisant une technique créée et baptisée par l'artiste de Polugrafia (Pollugraphie) : elles sont réalisées avec de la pollution et imprimées directement sur les pots d'échappement des camions, grâce à une technique inédite mise au point par l'artiste après plus de trois ans de recherche. Le procédé consiste à créer une structure métallique portant une matrice, sur laquelle l'image à imprimer est fixée sur une toile de coton. Le dispositif est attaché aux pots d'échappement des véhicules pendant des périodes allant d'un jour à une semaine. Au fur et à mesure que le véhicule circule en ville, la suie issue de la combustion du carburant traverse la matrice métallique et teint le tissu, imprimant ainsi les portraits créés par Orion.

Pollution murale

Fresques publiques réalisées par l'artiste[6]. Les peintures de cette série utilisent comme seul pigment la suie collectée lors de son intervention à l'Ossuaire. Le sous-produit collecté est devenu pigment et retourne dans l'espace public sous forme de peinture. À São Paulo, la fresque « Apreensão » a été peinte au CEU Navegantes, dans le quartier de Grajaú.

Pamphlétaire

En fusionnant la technique publicitaire et l'esthétique du graffiti, l'artiste estompe les frontières entre ces langages et les réunit en un seul point de discussion. Il ne s'agit pas d'appropriation, mais de dilution, de juxtaposition pour la création d'un nouveau répertoire. Les œuvres de la série Lampoonist sont un hybride entre le marginal et l'officiel, entre l'informel et l'institutionnel. Elles créent un pont lumineux pour l'écriture obscure des rues et, sans aucune concession, révèlent la beauté de cette esthétique transgressive.

Memo

MEMO ressuscite la technique picturale qu'il employait à ses débuts, lorsqu'il arpentait les rues de la ville, un sac à dos rempli de bombes de peinture. Il s'agit d'un autoportraits collectifs des multiples rencontres que la rue lui a offertes. Ils constituent la mémoire intersubjective du visage, de l'autre comme miroir d'échange, où l'artiste reflète ses expériences de la rue.

Peintures murales

Orion est un spécialiste de la technique de la perspective forcée[7],[8] où le tableau, vu d'un point de vue précis, donne une impression de profondeur malgré la régularité de la surface. On trouve ses fresques utilisant cette technique dans plusieurs capitales du monde.

Publications

Références

Liens externes

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