Alfonsina Bueno

From Wikipedia, the free encyclopedia

Date de naissance
Lieu de naissanceMoros (Espagne)
Date de décès (à 63 ans)
Lieu de décèsToulouse
Alfonsina Bueno
Fonctions
Activiste politique, anarcho-syndicaliste
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Moros (Espagne)
Date de décès (à 63 ans)
Lieu de décès Toulouse
Nationalité Espagnole
Parti politique CNT
Conjoint Josep Ester
Distinctions Résistance française

Alfonsina Bueno Vela (Moros, Saragosse, -Toulouse, ) est une ouvrière textile et militante antifasciste espagnole. Exilée en France, elle participe à la résistance au nazisme et, arrêtée par la Gestapo, est déportée dans plusieurs camps de concentration où elle est victime d'expériences médicales[1].

Alfonsina est née dans la localité de Moros, dans la province de Saragosse. Elle était la fille d'un anarchiste de la CNT très actif dans la région du Bergadá (Barcelone) pendant la Seconde République et la Guerre Civile. Elle a travaillé à Berga dans une usine de filage, où elle a connu Josep Ester, anarcho-syndicaliste lui aussi, qu'elle a épousé début 1932. A 16 ans, elle a donné naissance à sa fille Angelina[2].

Lorsque la guerre a éclaté en 1936, Josep s'est porté volontaire pour intégrer la Colonne Terre et Liberté et a combattu sur les fronts de Madrid et d'Aragon. Après la défaite, en 1939 toute la famille s'est exilée en France. Alfonsina a intégré la Résistance française et en 1940, avec son père et son mari, a fait partie d'un des groupes du réseau d'évasion clandestine organisé par Francisco Ponzán. Depuis Banyuls-sud-Mer elle a aidé des républicains et antifascistes à échapper à la dictature franquiste[3].

Ancienne prison de Saint-Michel à Toulouse: lieu d'arrestation, tortures et exécutions de la Gestapo et des SS où a été détenue Alfonsina Bueno fin 1943.

Cependant, ils ont été dénoncés et le la Gestapo a arrêté son père et son frère. Ce dernier, sous la torture, a révélé l'adresse de Josep à Toulouse, et celui-ci a été arrêté le lendemain. Le Alfonsina était elle aussi arrêtée, et sa fille a été prise en charge par des amis et des collègues. Ils ont été incarcérés à la prison Saint-Michel de Toulouse. En , toute la famille a été déportée à Mauthausen. Le , son père y mourait dans la chambre à gaz du château de Hartheim. Alfonsina a été envoyée à Ravensbrück, entassée dans un wagon d'un train de marchandises. Elle était classée NN (Nuit et Brouillard, un programme d'extermination nazie). Elle a été internée dans le baraquement numéro 32, sous l'identification 37884. A l'infirmerie on lui a injecté dans le col de l'utérus un liquide inconnu. Cette expérience a altéré sa santé pour toujours, et elle n'a pas pu avoir d'autres enfants. Dans le camp elle a subi des conditions terribles, mais a aussi participé à des sabotages[3].

Femmes au travail forcé à Ravensbrück, premier camp de concentration nazi auquel a survécu Alfonsina Bueno.

Début , les nazis ont évacué le camp de Ravensbrück et Alfonsina a été transférée à Mauthausen, avec une trentaine d'espagnoles. Elle y a travaillé dans une carrière de granite et a subi le tristement connu "escalier de la mort de Gusen", où les prisonniers, hommes et femmes, étaient obligés de porter des pierres de plus de 40 kilos. Là elle a pu retrouver son mari, et tous les deux furent enfin évacués par la Croix-Rouge Internationale le , dans un convoi qui les a conduit jusqu'en Suisse et de là en France[2],[3].

Après la libération, ayant retrouvé sa famille, elle est restée en exil. En 1947 Josep et Alfonsina se sont séparés. Alfonsina ne se remettrait jamais des séquelles physiques de son passage dans les camps. Elle a été médaillée par les autorités britanniques, nord-américaines et françaises pour sa participation à la Résistance, mais n'a reçu aucune reconnaissance en Espagne. Elle est morte à Toulouse en 1979[2].

En , dans un témoignage rapporté par Neus Català dans son livre De la Résistance et la Déportation, Alfonsina déclarait: "Je ne regrette rien. Moralement, je suis comme j'ai toujours été: antifasciste, amante de la paix et de la liberté[2]".

Voir aussi

Références

Bibliographie

Related Articles

Wikiwand AI