Alicia Esteve Head

Femme ayant revendiqué être survivante des attentats du 11 septembre. From Wikipedia, the free encyclopedia

Alicia Esteve Head, née le à Barcelone, est une femme d'affaires espagnole qui s'est faussement présentée, sous le nom de Tania Head, comme étant une survivante des attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center. Elle rejoint le groupe de soutien World Trade Center Survivors' Network, dont elle devient la présidente, et son nom est régulièrement cité dans la presse consacrée aux attentats. En 2007, son récit est révélé comme une imposture : le 11 septembre 2001, elle suivait des cours dans sa ville natale, Barcelone[1].

Nom de naissance Alicia Esteve Head
Alias
Tania Head
Naissance (52 ans)
Barcelone (Espagne)
Nationalité Espagnole
Faits en bref Nom de naissance, Alias ...
Alicia Esteve Head
Nom de naissance Alicia Esteve Head
Alias
Tania Head
Naissance (52 ans)
Barcelone (Espagne)
Nationalité Espagnole
Formation
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Origines

Alicia Esteve Head naît le 31 juillet 1973 à Barcelone[2],[3],[4]. Elle est issue d'une famille connue de Barcelone, impliquée dans un scandale financier en 1992 pour lequel son père et son frère ont purgé des peines de prison[5]. Elle étudie à l'université de Barcelone et travaille pour Hotel de la Villa Olímpica S.A., une société hôtelière espagnole[6]. De 1998 à 2000, elle est secrétaire de direction à Barcelone, puis s'inscrit en 2001 à un programme de mastère spécialisé à l'ESADE, au moment où surviennent les attentats du 11 septembre 2001[5],[7].

Association de victimes du World Trade Center

Head se rend aux États-Unis pour la première fois en 2003. En 2004, elle rejoint le World Trade Center Survivors' Network après que Gerry Bogacz, l'un de ses fondateurs, a appris par le bouche-à-oreille qu'une femme nommée « Tania Head » avait créé un groupe de soutien en ligne pour les survivants du 11 Septembre. Après plusieurs mois d'échanges par courriel avec Bogacz, les deux groupes fusionnent[8]. Le réseau a pour but de soutenir les survivants des attentats, l'essentiel de l'aide publique allant à un groupe restreint de victimes, de familles de victimes et de primo-intervenants. L'organisation entend rassembler et accompagner toutes les personnes touchées par les attentats, parmi lesquelles les civils présents au World Trade Center ainsi que le personnel et les bénévoles engagés dans les opérations de secours et de déblaiement qui ont suivi[9]. Head n'est jamais rémunérée pour ces activités ni pour son implication dans le réseau, et fait même des dons au groupe[10].

Head affirme s'être trouvée dans la tour sud (WTC 2) au moment de l'impact du vol 175 United Airlines, avoir rampé à travers la fumée et les flammes au 78e étage et avoir subi de graves brûlures au bras. Si cela avait été vrai, elle aurait été l'une des dix-neuf seules personnes situées au niveau ou au-dessus du point d'impact à avoir survécu[8],[11]. Elle prétend que son fiancé, Dave, a péri dans la tour nord (WTC 1), tout en affirmant, dans des versions ultérieures, que « Dave » était en réalité son mari[12]. Elle raconte qu'un homme mourant lui a confié son alliance pour qu'elle la remette à sa veuve, et qu'elle a été sauvée par Welles Crowther, dont les actes héroïques ce jour-là ont été largement relayés[8]. Head est interviewée dans les médias et invitée à s'exprimer lors de conférences universitaires. En 2005, elle est choisie pour guider des visites au Tribute WTC Visitor Center, où elle est photographiée avec le maire de New York Michael Bloomberg, l'ancien maire Rudy Giuliani et l'ancien gouverneur de New York George Pataki[7].

Devant les groupes de visiteurs de Ground Zero, Head relate régulièrement son histoire avec beaucoup de détails, leur déclarant qu'elle était présente dans les tours et qu'elle a survécu[11]. Elle figure dans des articles rétrospectifs sur le 11-Septembre, comme représentante des 20 000 survivants ayant échappé aux bâtiments endommagés[13]. Richard Zimbler, qui lui succède à la présidence du réseau, expliquera qu'aucun élément ne laissait douter de son récit, jugé crédible jusque dans les détails, son bras gravement blessé paraissant porter des cicatrices de brûlures[5].

Mise en doute du récit

En septembre 2007, The New York Times cherche à vérifier les éléments clés du récit de Head dans le cadre d'un article anniversaire. Elle affirmait avoir obtenu un diplôme de l'université Harvard, à Cambridge, et un diplôme de commerce de l'université Stanford, en Californie, mais aucun des deux établissements n'a trace de son passage[8]. Elle disait avoir travaillé pour Merrill Lynch dans la tour sud, or l'entreprise n'a aucune trace de son emploi[14] et ne possédait pas de bureaux dans le World Trade Center à l'époque des attentats. Head se désiste de trois entretiens prévus, puis refuse purement et simplement de parler aux journalistes. Le Times contacte alors d'autres membres du réseau, qui mettent en doute la véracité de son histoire. Dans la semaine du 27 septembre 2007, le groupe vote son retrait de la présidence et de la direction[8].

Parmi les éléments douteux figurent ses fiançailles avec un homme surnommé « Big Dave », mort dans la tour opposée[15]. La famille de cet homme a affirmé n'avoir jamais entendu parler de Tania Head, son nom de famille ayant été tu dans l'article par respect pour la vie privée de ses proches.

La Vanguardia, un quotidien de Barcelone, finit par révéler que Head assistait à des cours à l'ESADE pendant les attentats. Elle avait expliqué à ses camarades que les cicatrices de son bras venaient d'un accident de voiture, ou bien d'un accident de cheval, survenu des années plus tôt. Un documentaire de 2012 montrera qu'elle avait en fait fait des tonneaux en voiture le long de la côte méditerranéenne espagnole[6]. Selon La Vanguardia, elle a suivi ce programme jusqu'en juin 2002 et avait confié à ses camarades vouloir travailler à New York.

Suites

Une fois sa fraude exposée, Head refuse tout nouvel entretien et quitte brusquement Manhattan[10]. En février 2008, un courriel anonyme, envoyé depuis un compte espagnol aux membres du réseau, annonce qu'elle s'est donné la mort[16],[17]. Cette affirmation se révèle être un nouveau mensonge. En 2012 paraissent un livre et un documentaire produit par Meredith Vieira, tous deux intitulés The Woman Who Wasn't There. Ils retracent l'implication de Head dans le réseau, à partir d'entretiens menés avec elle et avec des membres du groupe, avant et après la révélation de sa supercherie. Le livre comme le film rapportent que Head a été aperçue avec sa mère à New York le 14 septembre 2011, repérée par le réalisateur du film et coauteur du livre, Angelo J. Guglielmo Jr., qui la confronte face caméra[18].

En juillet 2012, Head est licenciée de son poste chez Inter Partner Assistance, une compagnie d'assurance de Barcelone, après que ses employeurs ont découvert la mystification qu'elle avait orchestrée à New York[19]. En 2021, elle ouvre une entreprise de rénovation à Barcelone[20].

Notes et références

Liens externes

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