Aliye Berger
graveuse et peintre turque (1903-1974)
From Wikipedia, the free encyclopedia
Aliye Berger (Istanbul, 1903 – 1974) est une graveuse et peintre turque.
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activités | |
| Père |
Mehmed Şakir Pasha (en) |
| Fratrie | |
| Conjoint |
Karl Berger (d) |
| Parentèle |
Füreya Koral (nièce) Şirin Devrim (d) (nièce) Ahmed Cevad Paşa (en) (oncle) |
Elle fait partie des premiers graveurs de Turquie. Elle est connue pour ses gravures expressionnistes et pour avoir remporté le concours de peinture de la Yapı Kredi Bankası en 1954.
Biographie
Aliye Berger naît le sur l'île de Büyükada, à Istanbul, alors dans l'Empire ottoman[1]. Elle est la fille du diplomate Mehmed Şakir Pasha (en) et de Giritli Sare İsmet Hanım[2], qui ont contribué à développer la vie culturelle et artistique de l'Empire ottoman[1]. Sa sœur Fehrelnissa Zeid deviendra artiste, et son frère Cevat Şakir Kabaağaçlı, écrivain.
Berger étudie d'abord la peinture et le violon tout en fréquentant le lycée Notre-Dame de Sion[3],[4]. En 1947, elle épouse Carl Berger, son professeur de musique, mais il meurt moins de six mois plus tard[5].
Berger suit ensuite sa sœur à Londres, où elle commence à étudier la gravure sous la direction de l'artiste John Buckland Wright jusqu'en 1950[1].
À son retour en Turquie en 1951, Berger tient sa première exposition à Istanbul, où elle présente plus de 100 œuvres. Elle produit des gravures de commande et des cartes de Noël pour subvenir à ses besoins jusqu'en 1954. En parallèle, elle explore les techniques de l'estampe et son univers artistique dans des compositions en couleur ou en noir et blanc représentant Istanbul, Carl, son atelier et la vie de tous les jours de sa ville et du Bosphore[1].
En 1954, elle participe à un concours de peinture organisé par la Yapı Kredi Bankası pour le congrès de l'Association internationale des critiques d'art. Elle le remporte avec son huile sur toile Güneşin Doğuşu (« Soleil levant »), une « une composition que l'on pourrait qualifier d'« Abstraction poétique », [...] si sincère et révélatrice de son propre univers que les critiques et historiens de l'art les plus éminents de l'époque (Sir Herbert Read, Lionella Venturi, Paul Fierens) lui décernèrent [...] le grand prix. » Ce grand succès critique qui a un impact notable sur la scène artistique turque de l'époque, coiffant tout le microcosme dont elle ne fait pas partie[1],[3]. Elle remporte le deuxième prix de la 2e Biennale de Téhéran l'année suivante[4].
Aliye Berger travaille de manière prolifique au cours des décennies suivantes. Elle organise des expositions personnelles dans le monde, privilégiant sur sa fin de carrière la peinture à l'huile[5],[3],[1].
Aliye Berger meurt le à Büyükada, Istanbul, Turquie[4]. Elle est enterrée au cimetière de Büyükada, sur les îles des Princes, Istanbul, Turquie.
Œuvre et postérité
Restant détachée des conflits politiques et sociaux ainsi que des pressions du marché de l'art, Aliye Berger est restée concentrée sur sa production artistique, développant un univers pictural très personnel. Sa notoriété a cependant été éclipsée par sa sœur Fahrelnissa Zeid et sa nièce Füreya Koral, toutes deux artistes[1].
Elle est néanmoins considérée comme une pionnière de la gravure dans son pays, le médium qui lui a donné sa renommée, en particulier la gravure sur bois, très peu pratiquée en Turquie[5]. Elle a néanmoins également produit des peintures, des dessins et des sculptures, tout en utilisant souvent des matériaux non conventionnels pour mieux exprimer sa vision personnelle de la vie turque[3].
Une rétrospective posthume de l'œuvre de Berger a eu lieu à l'Université des beaux-arts Mimar-Sinan en 1975[3]. Une autre exposition a été organisée par la Yapı Kredi Bankası en 1988. Quatre œuvres de Berger sont exposées au musée de peinture et de sculpture d'Istanbul et trois au Musée Albertina[4]. Le Metropolitan Museum of Art de New York conserve plusieurs de ses œuvres[6].
Aliye Berger a fait l'objet d'un Google Doodle le , à l'occasion de ce qui aurait été son 177e anniversaire[4],[3].
Une statue représentant l'écrivain Ahmet Hamdi Tanpınar et Aliye Berger a été érigée à Beyoğlu (Istanbul)[7].