Alliance (Nouvelle-Calédonie)

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Ancien présidentDidier Leroux
Fondation
Fusion deUNCT
DECA
FNSC
Disparition
L'Alliance
Présentation
Ancien président Didier Leroux
Fondation
Fusion de UNCT
DECA
FNSC
Disparition
Fusionné dans Avenir ensemble
Positionnement Centre droit
Idéologie Non-indépendantisme, Autonomisme, Libéralisme
Couleurs bleu clair (informellement)

L'Alliance est un ancien parti politique de Nouvelle-Calédonie formé le sur la base de la liste « Alliance pour la Calédonie » qui avait été présentée en Province Sud, mais aussi de celle « Développer ensemble pour construire l'avenir » en Province Nord, pour les élections provinciales du . Il se veut le regroupement des anti-indépendantistes mais autonomistes critiques à l'égard du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (parti historique des opposants à l'indépendance) et de son dirigeant Jacques Lafleur. Présidé par Didier Leroux, il ne dispose de 1999 à 2004 que de quatre sièges sur quarante à l'Assemblée de la Province Sud et de trois élus sur cinquante-quatre au Congrès de la Nouvelle-Calédonie, et contrôle trois puis deux des trente-trois mairies du Territoire (Bourail jusqu'en 2001, Dumbéa et Koumac). Ayant participé à la liste Avenir ensemble avec plusieurs dissidents récents du RPCR (devenu depuis le Rassemblement-UMP) et des membres de la société civile et du monde syndical ou associatif, et ayant contribué à sa victoire en Province Sud aux élections provinciales du , l'Alliance se fond le dans le parti né de cette liste.

La création de l'Alliance a eu pour base deux listes présentées aux élections provinciales du  : l'« Alliance pour la Calédonie » menée par Didier Leroux en Province Sud, et Développer ensemble pour construire l'avenir (DECA) tiré par le maire de Koumac Robert Frouin en Province Nord. Cette dernière est l'émanation d'un parti lui-même créé le après une certaine réussite aux provinciales de 1995 de dissidents du RPCR dans le Nord, reprochant au parti de Jacques Lafleur de trop favoriser le Sud et notamment Nouméa au détriment de la « Brousse » (DECA avait alors obtenu 2 élus sur 15 à l'Assemblée provinciale, à égalité avec le RPCR, avait formé une majorité de gestion avec les indépendantistes du FLNKS et avait en majorité milité contre l'accord de Nouméa signé en 1998). Pour ce qui est de l'« Alliance pour la Calédonie », elle rassemblait en elle-même plusieurs formations anti-Lafleur :

Élections municipales et sénatoriales de 2001

Aux élections municipales de mars 2001, l'Alliance présente ou soutient plusieurs listes, notamment dans les communes où elles disposent des maires sortants : Dumbéa (liste « Dumbéa Demain » de Bernard Marant), Bourail (liste « Intérêt communal de Bourail » de Jean-Pierre Aïfa) et Koumac (liste d'ouverture « Pour le progrès communal » de Robert Frouin). Sonia Lagarde monte à Nouméa une liste commune, baptisée « Nouméa, c'est capital(e) », avec le MPF local de Claude Sarran et des membres de la société civile contre le maire sortant RPCR Jean Lèques. L'« Alliance pour Ouvéa » est enfin menée par Julien Aben, gérant de l'unique station service de l'île.

Robert Frouin (sa liste obtenant 11 élus sur 23, il n'y a eu qu'un seul tour) et Bernard Marant (26 sièges sur 33 au deuxième tour) sont réélus maires à Koumac et Dumbéa respectivement. En revanche, Jean-Pierre Aïfa est battu dès le premier tour (que de 400 voix néanmoins) par le RPCR de Guy Moulin, en n'obtenant que 6 sièges sur 27, contre 21 à la liste Moulin. À Nouméa, « Nouméa, c'est capital(e) » obtient le deuxième meilleur avec 22,6 % des suffrages et 5 élus sur 49 (contre 39 à la liste de Jean Lèques, qui est réélu dès le premier tour). Sur ces 5 conseillers municipaux, 4 sont membres de l'Alliance (Sonia Lagarde, Jean-Pierre Delrieu, Sylvie Robineau et Isabelle Boewa-Mi), et un seul du MPF (Michel Boyer). À Ouvéa, la liste de Julien Aben ne passe pas le premier tour.

Jean-Pierre Aïfa est le candidat du parti à l'élection sénatoriale du , contre le sortant RPCR Simon Loueckhote et la veuve de Jean-Marie Tjibaou, Marie-Claude, investie par le FLNKS. Aïfa obtient le troisième et dernier résultat, avec 51 votes de grands électeurs sur 475 exprimés (10,74 %) contre 250 (52,63 %) à Simon Loueckhote qui est réélu et 174 (36,63 %) à Marie-Claude Tjibaou[1].

L'élection présidentielle et les législatives de 2002

Pour l'élection présidentielle de 2002, l'Alliance ne donne aucune consigne de vote, mais ses membres apportent à titres individuels leurs soutiens à Jacques Chirac ou François Bayrou. Ainsi Sonia Lagarde annonce-t-elle se rallier, comme elle l'avait fait en 1995, à la candidature du président sortant[2]. Il en est de même pour la plupart des anciens RPCR, tels Bernard Marant ou Robert Frouin. Didier Leroux, en revanche, soutient le président de l'UDF, et est l'un des deux seuls élus du Territoire (avec le maire de Nouméa Jean Lèques) a lui apporter son parrainage[3]. Au second tour, l'Alliance appelle à « voter massivement » pour Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen[4].

Lors des élections législatives de juin 2002, l'Alliance n'avance officiellement qu'un candidat, Didier Leroux qui tente ainsi à nouveau sa chance, après un premier essai en 1997, dans la 1re circonscription (Nouméa, l'île des Pins et les îles Loyauté) face au sortant Jacques Lafleur. Il obtient l'investiture officielle de l'UDF. Il fait campagne sur cinq thèmes : la défense d'une France forte en Calédonie, l'engagement au côté de l’UDF, le remplacement d’un « député fantôme par un vrai », le retour à l’ordre et à la justice et enfin la réduction des inégalités sociales. Il parle de « dérive indépendantiste du RPCR » dont, selon lui, le dirigeant a utilisé la revendication nationaliste « pour obtenir le transfert d’un maximum de compétences et de pouvoir à son profit »[5]. Le jour du premier tour, le , il réunit 3 749 voix et 15,1 % des suffrages. Certes, il arrive loin derrière Jacques Lafleur avec moins de la moitié de son score (le député sortant a obtenu 12 378 votes soit 49,9 %), mais il le prive d'être élu au premier tour pour la première fois depuis 1978 et se qualifie pour le second tour. Avec une participation plus faible qu'en 1997 (le taux est de 42,1 % en 2002 contre 55,22 % cinq ans auparavant, et alors que cette fois une partie des indépendantistes, à savoir l'UNI, a participé au scrutin) et la candidature du président de la Fédération des petites et moyennes entreprises, Alain Descombels, qui repose sur un électorat similaire à celui de l'Alliance, Didier Leroux fait néanmoins un score plus faible tant en nombre de voix qu'en part relative qu'aux précédentes législatives (1 645 votes et 4,5 points de moins). À l'exception du candidat indépendantiste Wassissi Konyi, tous les autres personnalités présentes au premier tour appellent à voter pour Didier Leroux. Ce qui explique qu'il augmente considérablement son résultat au second tour et réduit son écart avec Lafleur : il réunit en effet 10 059 voix et 44,26 %, soit 6 310 votes et 29,16 points de plus qu'au premier tour (il triple pratiquement son score), tandis que le député sortant n'amasse que 292 bulletins et 5,84 points supplémentaires[6]. À partir de ce moment, il acquiert véritablement une légitimité et le statut de principal opposant à Jacques Lafleur, attirant vers lui de plus en plus de déçus et d'électeurs lassés du président de la Province Sud alors plus que jamais gagné par l'usure du pouvoir.

Dans la 2e circonscription, l'Alliance n'avait présenté aucun candidat mais avait apporté indirectement son soutien à Justin Guillemard (ancien membre du MPF et créateur d'une petite association de soutien opposée à l'accord de Nouméa, le « Réveil calédonien ») : celui-ci prend en effet pour suppléant un membre du parti, Wilfried Weiss, par ailleurs premier adjoint de Robert Frouin à la mairie de Koumac. Il obtient le 5e résultat sur 7 candidats, avec 1 093 voix et 4,1 % des suffrages[7]. Pour le second tour, Guillemard et Weiss ne donne pas de consigne de vote dans leur circonscription (qui oppose le sortant RPCR Pierre Frogier à l'indépendantiste Paul Néaoutyine), mais appelle les électeurs de la 1re à voter pour Didier Leroux[8].

Le , le bureau politique de l'UDF nomme Didier Leroux son délégué en Nouvelle-Calédonie, avec pour mission la « remise en marche » de sa fédération sur le Territoire. Il précise toutefois que cela ne signifie pas une affiliation d'Alliance au parti de François Bayrou : « On peut être UDF sans être à l’Alliance et être à l’Alliance sans être UDF »[9]. En effet, plusieurs membres de l'Alliance sont au contraire membres de l'UMP, notamment Sonia Lagarde. Parmi les autres membres du mouvement à avoir également ralliés l'UDF figure Pascal Vittori (8e sur la liste « Alliance pour la Calédonie » en 1999) ou la conseillère municipale de Nouméa Isabelle Boewa-Mi.

Le rapprochement avec Harold Martin et l'Avenir ensemble

Références

Voir aussi

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