Alliance Police nationale

syndicat de police français From Wikipedia, the free encyclopedia

Alliance Police Nationale, appelé plus simplement Alliance, est un syndicat policier français créé en , affilié à la CFE-CGC. Historiquement classé à droite sur l'échiquier syndical[1],[2], il est depuis réputé proche de l'extrême droite[3],[4],[5].

Fondation
Fusion de
SIPN et SNE
Zone d'activité
Faits en bref Fondation, Fusion de ...
Alliance Police nationale
Renouveau, détermination, exigence !
Histoire
Fondation
Fusion de
SIPN et SNE
Cadre
Zone d'activité
Type
Objectif
défense des intérêts des fonctionnaires de police
Siège
Pays
Organisation
Directeur
Fabien Vanhemelryck (d) (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Affiliation
Site web
Fermer

Il est connu pour ses actions et prises de positions polémiques, notamment à l'encontre de la justice, de la presse, de l'IGPN et du ministère de l'Intérieur[6]. Les syndicats policiers concurrents lui reprochent ainsi sa radicalisation ainsi que son absence de prise en compte de la problématique du rapport entre la police et la société française. Alliance Police nationale est toutefois un des premiers syndicats policiers de France en termes de représentativité et bénéficie d'une importante médiatisation.

Historique

Alliance Police nationale est créé le à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis. Il est le résultat de la fusion de deux organisations syndicales :

  • le Syndicat indépendant de la Police nationale (SIPN), représentant les gardiens de la paix (créé en ) ;
  • le Syndicat national des enquêteurs (SNE), représentant les enquêteurs de police (créé en ).

En , le Syndicat des gradés de la Police nationale (SGPN) rejoint Alliance Police nationale.

L'union de ces trois organisations est définitivement scellée au cours d'un congrès de fusion qui se déroule à Paris, les , et . À l'époque, Alliance Police nationale était le seul syndicat qui rassemble en son sein le corps d'encadrement et d'application. À la suite de ce congrès, Alliance Police nationale obtient son adhésion à la CFE-CGC.

Alliance Police nationale est connue pour sa proximité avec les politiques, particulièrement après l'arrivée de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur en puis à la présidence de la République de à . Le syndicat détient deux avantages. D'une part, celui du poids des représentants sur les carrières des policiers : ils influent sur l'avancement et les mutations. Ensuite, celui d'une proximité idéologique avec le RPR puis l'UMP. Ces liens privilégiés, qui perdurent sous la présidence d'Emmanuel Macron depuis , lui permettent de faire approuver par les gouvernements successifs nombre de ses revendications[7].

Début , le syndicat est victime d'une cyberattaque au cours de laquelle les données personnelles de 500 policiers ont été dérobées et diffusées par des « Anonymous » se revendiquant solidaires du mouvement des Gilets jaunes[8].

Fin , dans un contexte de mouvement contre les violences policières et la loi sécurité globale, Alliance boycotte le « Beauvau de la police » voulu par le président Emmanuel Macron avec les organisations de police. En effet, le syndicat ne s'estime pas satisfait des mesures prises pour assurer la sérénité des fonctionnaires de police dans leurs fonctions. Il considère être jeté en pâture et souhaite la mise en œuvre de plusieurs mesures, notamment le masque flou systématique sur les visages des policiers[9].

Le ministre Darmanin accepte les conditions du syndicat, portant sur la gratuité des transports publics, une subvention pour leur mutuelle ou l'instauration de peines minimales dans les cas d'agressions de policiers. Il indique la tenue du Beauvau de la police le [10].

En , Alliance Police nationale connaît, selon les syndicats policiers concurrents, une radicalisation depuis quelques années. Il lui est également reproché de porter des « revendications ultra-catégorielles » sans se préoccuper de l'intérêt de la société par rapport à sa police[7]. Il se met à être classé à l'extrême droite par plusieurs titres de presse, comme Politis en [3] et Libération en [4].

Organisation

Alliance Police nationale comprend en son sein trois sections spécifiques (SGAP de Paris, Province-Dom/Rom et CRS) chargées à la fois de la tenue et de l'investigation.

Secrétaires généraux

Fabien Vanhemelryck (au centre) à un rassemblement d'Alliance aux portes de l'hôtel de Beauvau, siège du ministère de l'Intérieur.
Fabien Vanhemelryck (au centre) à un rassemblement d'Alliance aux portes de l'hôtel de Beauvau, siège du ministère de l'Intérieur.
Secrétaires généraux Alliance Police nationale
- Jean-Luc Garnier -
- Jean-Claude Delage -
Depuis Fabien Vanhemelryck depuis le [11]

Représentativité

Aux élections professionnelles de , Alliance Police nationale réalise un score de 31,94 %[12].

En , il devient le syndicat majoritaire sur l'ensemble du territoire[13].

Il perd cette position en , au profit de l'UNSA Police qui tire bénéfice de sa fusion avec le SNPT. Alliance Police nationale devient alors le deuxième syndicat des gradés et gardiens de la paix en recueillant 36,47 % des suffrages (4 points de plus par rapport aux élections de , soit 3 500 voix supplémentaires).

Cette deuxième place est confortée en , avec 37,61 % des suffrages, soit 2 000 voix de plus qu'en [14].

Lors des élections professionnelles de , Alliance Police nationale devient le premier syndicat de police, de même que sa confédération, la CFE-CGC au ministère de l'Intérieur. Le syndicat obtient 41 % des voix (4 points de plus qu'en ) pour l'élection à la commission administrative paritaire nationale contre 39 % des voix (en baisse de 8 points) à Unité SGP Police-Force ouvrière, 11 % à UNSA Police, 5 % à FPIP et des chiffres indéterminés aux autres syndicats[15],[16].

Sa forte médiatisation en fait un syndicat particulièrement influent. Il comprend plus de 30 000 adhérents en et représente environ 44 % des votants aux élections professionnelles de la police nationale[7].

Prises de position

Après , le syndicat est réputé proche de la droite, voire de l'extrême droite[17],[18],[19],[20],[21],[22].

Pour le second tour de l'élection présidentielle de entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, le secrétaire général de ce syndicat appelle à voter pour le candidat En marche ![23],[24].

Le délégué général du syndicat indique en , à propos d'une proposition de loi déposée par Éric Ciotti et visant à empêcher la diffusion d'images de fonctionnaires de police : « La liberté de la presse et la sécurité des fonctionnaires sont, malheureusement, deux principes opposés. J'estime que la sécurité des policiers va au-delà de la liberté de la presse[25]. »

Le , environ cinquante policiers manifestent à l'appel d'Alliance Police nationale et de l'UNSA depuis l'Arc de Triomphe, l'avenue des Champs-Élysées, passent devant le palais de l'Élysée pour finir place Beauvau devant les grilles du ministère de l'Intérieur, et dénoncent « les accusations de racisme portées contre les policiers »[26].

Le , le syndicat prend part à une manifestation devant l'Assemblée nationale, rejoint par de nombreuses personnalités politiques de bords différents[27]. Au cours de cette manifestation, Fabien Vanhemelryck, secrétaire général d'Alliance Police nationale, déclare à la tribune que « le problème de la police, c'est la justice »[28].

En , son secrétaire général Fabien Vanhemelryck s'oppose au « barrage » contre le Rassemblement national au second tour des élections législatives anticipées et déclare « Marre des raclures, des nuisibles, des jeunes d'origine étrangère »[29],[30],[31].

Polémiques

En , des tracts du syndicat Alliance Police nationale ciblaient les représentants du syndicat rival Unité SGP, selon Nicolas Comte son secrétaire national : « Ils ont publié une trentaine de tracts en deux mois nous ciblant, dont l'un nous représente avec un couteau poignardant un flic »[2].

En , lors de l’accident ferroviaire de Brétigny-sur-Orge, le syndicat de police Alliance fait également état de scènes de vol avec un groupe de jeunes qui aurait dépouillé les victimes[32],[33]. Un an plus tard, l'enquête montre que « trois ou quatre » vols ont bien eu lieu mais qu'il ne s'agit pas de bandes de jeunes ou de marginaux mais d'un opportuniste solitaire[34].

Le , à la suite de l'attentat contre Charlie Hebdo, Le Canard enchaîné publie un tract que l'organisation syndicale avait distribué en exigeant l'arrêt immédiat de la mission de protection des locaux de la rédaction du journal Charlie Hebdo.

Le , Stanislas Gaudon, porte parole d'Alliance, défend un policier accusé de violences sur manifestant. Ce dernier affirme que le manifestant (qui conteste les faits) lui avait craché du sang au visage en lui disant : « J'ai le sida, tu vas crever ! ». À cette occasion, il est rappelé dans les médias que la salive ne peut pas transmettre le VIH, de même que le sang à l'air libre ; des scientifiques et des personnalités associatives estiment par ailleurs que « c'est scandaleux de la part de ce syndicat d'utiliser et de relayer dans certains médias cet argument pour légitimer les violences »[35],[36].

En , le syndicat émet un tract menaçant directement le gouvernement et les autorités judiciaires. Le texte affirme ainsi que « si nos collègues venaient à être injustement condamnés, nous saurons ce qu'il nous reste à faire » et que « nous serons attentifs à toute décision arbitraire et nous sommes préparés à réagir au besoin ». Marianne analyse ces propos en se demandant s'il s'agit « de menaces de défection »[37].

Durant la campagne présidentielle de , le syndicat invite plusieurs candidats à présenter leurs propositions en matière de sécurité. À cette occasion, le candidat Éric Zemmour affirme vouloir mobiliser les policiers dans un « combat de civilisation » contre les banlieues qui seraient des « enclaves étrangères » abritant « une autre civilisation avec laquelle on ne peut pas coexister pacifiquement ». Ces propos sont applaudis par l'assistance[38],[39].

Des soupçons de violations du secret professionnel ciblent le syndicat et font suite au suicide d'un policier le [40]. Une enquête est diligentée par l'IGPN[41].

Lors des évènements qui suivirent la mort de Nahel Merzouk le , Alliance Police nationale et le syndicat UNSA Police publient un communiqué de presse « Maintenant ça suffit… »[42] le suivi d'une « Explication de texte pour les nuls »[43] dans la même journée. Dans ce communiqué qui crée la polémique, les syndicats se disent « en guerre » contre des « nuisibles » et menacent le gouvernement : « Demain nous serons en résistance et le Gouvernement devra en prendre conscience »[44].

Notes et références

Voir aussi

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