Alliances françaises
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Les alliances de la France avec des pays étrangers ont une histoire longue et complexe qui s'étend sur plus d'un millénaire. L'une des caractéristiques traditionnelles de la diplomatie française des alliances a été l'« alliance de revers ». Elle consistait en une alliance avec des pays situés du côté opposé (ou dans le dos) d'un adversaire direct, permettant ainsi d'ouvrir un second front encerclant l'adversaire et donc de rétablir un équilibre des puissances. Une autre caractéristique a été l'alliance avec les populations locales, contre les puissances coloniales européennes plus puissantes.
Alliance franco-ottomane

Une caractéristique des alliances françaises est un désir de s'allier avec les pays qui sont voisins ou situés de l'autre côté d'un ennemi, ce qui est appelé « Alliance de revers » dans la diplomatie française[1]. L'alliance de revers est un classique de la realpolitik de la diplomatie française[2]. Celle-ci découle d'une vision géopolitique du monde, qui donne une grande importance à la position géographique des pays plutôt qu'à leur proximité politique[3].
Au cours des siècles, la France a été constamment à la recherche d'alliés de l'Est, comme contrepoids à ses ennemis continentaux[1]. Tout au long de l'histoire française, ce fut particulièrement le cas contre l'Autriche-Hongrie, l'Espagne ou la Prusse[1]: l'alliance abbassido-carolingienne (contre le califat omeyyade et l'empire byzantin), l'alliance franco-hongroise et l'alliance franco-ottomane (contre l'empire des Habsbourg), l'alliance franco-américaine (contre la Grande-Bretagne), l'alliance franco-russe (contre l'Allemagne).
En particulier, le désir de contrer la puissance allemande a été une motivation majeure pour mettre en place des alliances à l'Est[3]. Même peu de temps après la Seconde Guerre mondiale, les bonnes relations entre la France et l'Union soviétique ont à nouveau été vues par Charles de Gaulle comme une alliance de revers pour contrer l'Allemagne et contrebalancer l'influence de la Grande-Bretagne et des États-Unis[4],[5].

L'alliance franco-ottomane (XVIe – XIXe siècle) est une classique « alliance de revers » contre l'Empire des Habsbourg, conclue en 1536 entre le roi de France François Ier et le sultan ottoman Soliman le Magnifique. L'alliance était purement géopolitique, sans prise en compte des considérations idéologiques : l'alliance a été appelée « la première alliance diplomatique non-idéologique entre un empire chrétien et non-chrétien »[6]. Elle a causé un scandale dans le monde chrétien[7], et a été désignée comme « l'alliance impie », ou « l'union sacrilège de la Lys et le Croissant » ; toutefois, elle a perduré tant qu'elle a servi les intérêts des deux parties[8]. L'alliance stratégique et parfois tactique a duré plus de deux siècles et demi[9], jusqu'à la campagne napoléonienne en Égypte, un territoire ottoman, en 1798-1801. L'alliance franco-ottomane a été un chapitre important des relations franco-asiatiques.
Alliance franco-norvégo-écossaise (ou Auld Alliance)
L’Auld Alliance est une alliance entre le royaume de France, le royaume de Norvège et le royaume d’Écosse, aux dépens du royaume d’Angleterre. Elle remonte à 1165 lorsque Guillaume le Lion adresse une ambassade à Louis VII de France bien que la première trace écrite de cette alliance soit le traité signé à Paris le entre les représentants de Jean Baliol et Philippe le Bel. Le , le parlement écossais ratifie le traité d’alliance signé avec la France[10]. Ce traité prévoit que si l’un des États subissait une attaque de l’Angleterre, l’autre État envahirait l’Angleterre, comme le montre l’exemple de la bataille de Flodden Field en 1513.
En avril, 1326, Robert Bruce renouvelle l’Alliance par le traité de Corbeil[11]. Aux XIVe et XVe siècles, le traité est invoqué à six reprises notamment en 1517 au traité de Rouen signé entre Charles IV d'Alençon au nom de François Ier et le régent d'Écosse Jean Stuart[12]. Le , le traité d'Édimbourg révoque officiellement l’alliance, après 250 ans. L’Écosse devenue protestante s’allie désormais avec l’Angleterre, également protestante. Cependant, certains points du traité restent en vigueur. Entre autres, les Écossais résidant en France et les Français résidant en Écosse disposent sans recours de la double nationalité jusqu’à la révocation de cette clause par le gouvernement français en 1903.


