Aloys Ntiwiragabo
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| Naissance | |
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| Nationalité | |
| Formation |
École d'État-major de Compiègne (1983-1984); École supérieure militaire de Paris (1988-1990) |
| Activité |
Militaire |
| Conjoint |
Catherine Ntiwiragabo [Tibot] |
| Grade militaire |
Colonel |
|---|---|
| Conflit |
Aloys Ntiwiragabo, né en [1], est responsable des renseignements militaires rwandais de à pendant le génocide des Tutsi au Rwanda[2],[3].
Il est nommé dans les actes d'accusations du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) en tant que co-responsable du génocide de 1994 au Rwanda[4],[5].
Une enquête préliminaire est ouverte le , pour « crimes contre l’humanité » contre Aloys Ntiwiragabo[2],[6],[7]. Le Rwanda émet un mandat d'arrêt international à son encontre le pour crime contre l'humanité[8]. Il est recherché par Interpol pour crime contre l'humanité et génocide[1].
Responsabilités pendant le génocide des Tutsis
Aloys Ntiwiragabo commande les gendarmes de Kigali jusqu’en 1993, dont le capitaine Pascal Simbikangwa qui fut condamné en France à 25 ans de prison pour génocide. En , Aloys Ntiwiragabo est le chef des renseignements militaires rwandais (G2) et chef d’état-major adjoint de l’armée rwandaise[3]. Le G2 définit une liste d'ennemis de l'intérieur et de l'extérieur, où figurent notamment les Tutsi et dont la paternité est attribué à Aloys Ntiwiragabo par le Tribunal pénal international pour le Rwanda. Le G2 diffusent également de fausses informations à la radio[3]. Aloys Ntiwiragabo est partie prenante des réunions quotidiennes de l’état-major des forces armées rwandaises pendant le génocide. Il appartient au cercle du pouvoir présidentiel de l'Akazu, qui répandra l’idéologie d’extrémistes radicaux rwandais qui conduira au génocide[3].
Le procureur du Tribunal pénal international pour le Rwanda cite Aloys Ntiwiragabo parmi 11 individus qui « dès la fin de 1990 et jusqu’à […] se sont entendus entre eux et avec d’autres pour élaborer un plan dans l’intention d’exterminer la population civile tutsi et d’éliminer les membres de l’opposition et de se maintenir au pouvoir. […] Ils ont organisé, ordonné et participé aux massacres »[3].
Cavale internationale et poursuites
Après le génocide, Aloys Ntiwiragabo passe par le Kenya, le sud du Soudan (1997) puis au Zaïre où comme de nombreux responsables militaires de l’ancien régime Rwandais, il participe à la création de la rébellion hutue rwandaise FDLR dont il devient général-major lors de la seconde guerre du Congo en 1998, en collaboration du régime de Laurent-Désiré Kabila[4],[3].
Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) ne parviendra jamais à capturer Aloys Ntiwiragabo. Il est l’un des deux seuls participants de l’état-major des forces armées rwandaises de l'époque à n’avoir jamais été arrêtés ni jugés[3].
Il demande en 2001 des visas aux ambassades françaises de Khartoum (Soudan) et Niamey (Niger), mais il n'est pas inquiété pour autant en s'y rendant en personne[3]. Ces demandes seront refusées en 2011. Quelques années précédant ses demandes pour accéder au territoire français, son épouse Catherine Nikuze s'installe dans la région d’Orléans en France après avoir obtenu l’asile le [3]. Elle obtient la nationalité française en 2005, alors qu'elle prend part à des activités d'extrémistes en exil selon Mediapart[3].
En 2001, il est en RDC, le juge français Jean-Louis Bruguière le rencontrant dans le cadre de l’enquête sur l’attentat du contre l’avion du dictateur rwandais Juvénal Habyarimana, qui fut l’acte déclencheur du génocide[3].
Aloys Ntiwiragabo a déclaré à l'Ofpra d'avoir vécu au Soudan jusqu’en 2011[10].
En 2012, le tribunal de Paris a cherché à l'entendre comme témoin dans une enquête menée par le pole "crimes contre l'humanité" et a sollicité le Rwanda, qui a répondu qu'il était réfugié dans un pays africain, selon une source judiciaire interrogé par TV5 Monde[5].
Aloys Ntiwiragabo a déclaré à l'Ofpra d'avoir vécu au Niger de 2011 à 2017, puis d'avoir regagné la France par un Visa délivré par le consulat belge de Ouagadougou (Burkina Faso). Le , Mediapart révèle sa présence à Orléans[3], qui pourrait dater de 2006[10].
À la suite des révélations de Mediapart sur la présence en France de Aloys Ntiwiragabo, le parquet national antiterroriste a ouvert une enquête préliminaire pour « crimes contre l’humanité » contre lui[3]. Le procureur général rwandais, Aimable Havugiyaremye, déclare le que le Rwanda a émis un mandat d'arrêt international à l'encontre de Aloys Ntiwiragabo[4]. Enfin, Interpol lance une fiche rouge à son nom pour 2 chefs d’accusation de crime de génocide (génocide par meurtre des membres du groupe; conspiration en vue de commettre le génocide) et 2 chefs d'accusation de crimes contre l’Humanité (crime contre l’Humanité de meurtre; crime contre l’Humanité d’extermination)[1].