Né en Alsace, Alphonse Kirmann poursuit ses études primaires et secondaires dans les établissements d'enseignement de la Société des missions africaines où il finit par entrer au séminaire. Il est ordonnéprêtre le [1]. Il est envoyé par la Société des missions africaines à Abidjan en Côte d'Ivoire (alors colonie française) qui n'est à cette époque qu'un petit village d'une centaine d'habitants[3]. Ensuite il passe aux postes d'Aboisso, de Bingerville et de Moossou. Il s'engage comme soldat (du côté français) dans la guerre de 1914-1918 sous le nom de Jean Sauveur[3].
Il est élu conseiller général de la SMA en 1925, mais il préfère retourner en Afrique en 1928. Jules Moury, premier vicaire apostolique de Côte d'Ivoire, l'envoie fonder une mission à Abengourou dans les territoires des Agnis. Il y bâtit école, église, infirmerie et toutes les structures nécessaires, tant et si bien qu'en 1940 on y compte plus de six mille chrétiens[3]. Le P. Kirmann est nommé visiteur de la SMA pour la Côte d'Ivoire. Finalement la Côte d'Ivoire est divisée en deux territoires: Jean-Baptiste Boivin garde la partie orientale à partir d'Abidjan, tandis que la partie occidentale, au-delà du fleuve Bandama, est dévolue à Alphonse Kirmann devenu nouveau vicaire apostolique de Sassandra[4]. Il est sacré[5] par Boivin à Abengourou, le . Malgré les difficultés en ressources et en hommes dues à la guerre, il fonde - en vrai administrateur - de nouveaux postes de mission. Il fonde son siège à Gagnoa qu'il transfère à Daloa, le . Il ouvre aussi en 1948 à Daloa un collège secondaire (premier de la sorte en Côte d'Ivoire), qui prolonge l'ancien petit séminaire[6]. Cette mission était au centre d'une région évangélisée depuis les années 1930 par les PP. Bernard Favier et Théodore Tranchant[7] et visitée pour la première fois en 1924 par le P. Mélaine Rougé[8]. Les Sœurs missionnaires de Notre-Dame des Apôtres arrivent à Daloa en 1942.
Usé par l'âge, il démissionne le à soixante-sept ans et meurt peu après. Il était arrivé avec 7 800 chrétiens, il laisse en plus du collège de Daloa 120 écoles et 26 000 chrétiens[9].
Sa devise était Dispensare investigabiles divitias Christi in gentibus. Né le jour de l'Assomption 1887, il mourut le jour de l'Annonciation 1955. Il est inhumé à Daloa. Jean-Marie Étrillard lui succède[10].