Il est le fils et successeur de Ramsèsnakht, grand prêtre d'Amon de l'an III du règne de RamsèsIV à l'an IX du règne de RamsèsIX, date à laquelle son fils Amenhotep lui succède. Sa mère se nomme Adjedet-Âat. Il a un frère, deuxième prophète d'Amon, nommé Nésamon, qui reprend sa charge pendant environ deux ans, durant la guerre civile[1].
Aucune descendance n'est connue avec certitude. Ad Thijs a proposé de faire d'une Hereret (A) son épouse et d'une Nedjemet (A) sa fille, épouse du grand prêtre d'AmonPiânkh et mère du grand prêtre d'Amon puis roi Hérihor[2].
Biographie
Amenhotep et RamsèsIX représentés sur le temple de Karnak.
Amenhotep succède à son père en tant que grand prêtre d'Amon en l'an IX du règne de RamsèsIX et meurt aux alentours de l'an XIX du règne de RamsèsXI.
Toutefois, entre l'an XII et l'an XVII du règne de RamsèsXI, Panéhésy, fils royal de Koush, domine politiquement la région de Thèbes et s'oppose au grand prêtre d'Amon. C'est peut-être en l'an XVII justement que Panéhésy, outrepassant ses fonctions, démet de son poste Amenhotep de manière brutale, entraînant alors une guerre civile entre Panéhésy et les forces envoyées par RamsèsXI. Le commandant de cette armée n'est pas connu, mais il pourrait s'agir du général Piânkh car il devient l'homme fort de la région après cette guerre. Ce conflit semble durer de l'an XVII à l'an XIX du règne, car c'est à cette dernière date qu'un nouveau système de datation est mis en place par Ramsès XI: l'ère Ouhem-mésout, soit «Renouvellement des naissances»[3].
Sur le reposoir de ThoutmôsisIII près du VIIepylône du temple d'Amon à Karnak, Amenhotep a fait inscrire un texte, aujourd'hui très mutilé, où il rappelle ses malheurs lors de la présence de Panéhésy et son appel au roi pour le rétablir dans ses fonctions. Étant donné qu'il a pu faire inscrire ce texte, il semble bien qu'il a été entendu. Son absence semble avoir duré neuf mois selon plusieurs témoignages dans les procès des pilleurs de tombes. Il meurt toutefois peu de temps après son rétablissement. Amenhotep est enterré dans le tombeau qu'il s'est fait préparer à Dra Abou el-Naga, dans le complexe funéraire de la reine Ahmès-Néfertary. Cette tombe a toutefois été l'objet d'une destruction généralisée[1].
Il est possible que pendant son absence, durant la guerre civile avec Panéhésy, son frère Nésamon l'ait remplacé à la tête du domaine d'Amon[4]. En effet, s'il est bien attesté en tant que deuxième prophète d'Amon sur plusieurs documents, il est attesté sur la statue Caire CG 42162 de leur père Ramsèsnakht comme premier prophète d'Amon[4]. Ainsi, on peut supposer que durant cette période, Nésamon est à la tête du clergé d'Amon. Cependant, il est difficile de savoir qui est à la charge du clergé d'Amon entre les an II et VI de l'ère Ouhem-mésout, puisque c'est seulement en l'an VII de l'ère que Piânkh est attesté comme Grand Prêtre d'Amon, il est simplement possible que l'office ne soit pas occupé pendant environ cinq ans[5].
Le Conte du malheur, texte littéraire composé par un notable exilé, a été interprété comme étant une transposition littéraire de la fuite d'Amenhotep à travers le pays[6]. Toutefois, les noms et les toponymes ne semblent pas correspondre à la réalité historique et le texte est fortement influencé par le genre du conte égyptien classique. Ainsi, le lien entre le texte et Amenhotep est très difficile à établir[4].
G. Fecht, «Der Moskauer "literarische Brief" als historisches Dokument», vol.87, ZÄS, .
Jean-Christophe Antoine, «Ramsès XI, le premier prophète d’Amon et l’ascension de Piankh à Thèbes pendant l’Aire de la Renaissance», Journal of Egyptian History, vol.12, , p.1-35