Amigurumi
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L'amigurumi (編みぐるみ, litt. « peluche tricotée ou crochetée ») est l’art japonais du tricot ou du crochet d'animaux et de créatures anthropomorphes.
Amigurumi est un mot-valise formé des mots japonais 編み (ami), signifiant « crocheté » ou « tricoté » et ぬいぐるみ (nuigurumi), signifiant « peluche ». Le terme occidental correspond à la prononciation originale en japonais[1],[2]
Histoire
L'association Crochet Guild of America (en) fait état de poupées crochetées ou tricotées retrouvées en Chine, qui sont les exemples les plus anciens de modèles tridimensionnels au crochet[3].
Lors de recherches sur les origines des amigurumi, Yoshihiro Matsushita relate l'existence depuis 1185 de techniques textiles antérieures au tricot et au crochet. Sous l'ère Edo, entre 1603 et 1867, le Japon commerce avec les Pays-Bas et la technique du tricot pourrait avoir été introduite en Asie à ce moment-là.
Les samouraïs contribuent aussi au développement du tricot et du crochet, pour leurs accessoires (bourses, cordons, étuis) ou leurs sous-vêtements, confectionnés à partir de fil de soie ou de coton[4].
Sous l'ère Meiji, entre 1868 et 1912, le Japon entame une transition d’un système féodal vers un modèle de société plus moderne qui signe le début de l'industrialisation du pays. Les Japonaises sont alors invitées à apprendre les travaux d'aiguille occidentaux[5].
Après la Seconde Guerre mondiale, le Japon traverse une grave crise économique. La diffusion de nouvelles techniques de tricot et de crochet offre alors une alternative pour les familles souhaitant créer des jouets pour leurs enfants tout en leur permettant d'utiliser leurs maigres ressources soigneusement et consciencieusement[6].
La popularité de ces peluches au Japon peut être attribué à l'influence de l'animisme sur la culture nipponne. Selon Takashi Ikezawa : « L'amigurumi est issu de l'animisme, une philosophie qui sert de fondation de multiples traditions et coutumes japonaises. Il s'agit de la croyance que Dieu appartient à tout : l'eau, la nourriture, la nature, les bâtiments et les maisons et même la technologie. En japonais, cette croyance se nomme yaoyorozuno kami. En effet, les Japonais ont souvent tendance à mettre des yeux, des bras et des jambes sur des objets non humains et de leur donner des vies imaginaires pour pouvoir se sentir plus proches de ces objets et leur montrer leur respect en tant que co-partenaires de ce monde. » Il est donc possible que cette pratique ait été engendrée pour répondre à un certain besoin religieux. Selon le shintoïsme, un humain qui possède une connexion profonde avec la nature pourra obtenir une forme divine et se voir accorder le titre de Dieu[7].
Les amigurumi restent cependant très peu connus en dehors du Japon jusqu'en 2003[2]. En 2006, ils figurent parmi les produits les plus populaires sur la plateforme de vente en ligne Etsy où ils se vendent pour 10 à 100 $[2]. Depuis, leur popularité continue à augmenter, notamment sur les sites web comme Pinterest ou Ravelry, qui permettent et facilitent la diffusion de photos, d'explications ou de modèles[7]. Les réseaux sociaux et le confinement ont aussi grandement aidé la popularisation de cette pratique.
Ainsi, l'amigurimi a permis de réinventer le crochet, grâce à ses techniques simples, prenant peu de place et nécessitant moins de temps que peuvent demander ces réalisations[6].
Origine du mot
Les peluches amigurumi existaient depuis bien avant que le mot lui-même existe.
La première utilisation de ce mot peut être retracée à l’après-guerre, à la suite de l'évolution des techniques de tricot et de crochet. Premièrement en 1951 avec la publication d’un ouvrage d'Ondori-sha nommé 新手芸と服飾全集 (Shin-shugei-to-fukushoku-zenshu) qui montre des designs d’animaux réalisés en crochet et donne les instructions écrites et graphiques pour les réaliser. Ce mot est aussi utilisé plus tard en 1955, dans l’ouvrage 縫いもの - 編みぐるみ (Nugurumi, amigurumi) qui lui aussi offre des instructions de réalisation.
Il est fort probable qu'Ondori-sha ait inventé ce mot et ait été le premier à nommer ces réalisations « amigurumi[1] ».
Style
Les amigurumi sont la plupart du temps des animaux (ours, lapins, chats, chiens…) mais ils peuvent aussi représenter des humains ou créatures anthropomorphes.
Détournés de leur origine de peluches ou de poupées, la plupart des amigurumi sont fabriqués ou achetés pour leur aspect décoratif[6].
Ce qui ressort généralement de l’esthétique des amigurumi, c'est leur caractère kawaii (mignon). Pour mieux rendre cet effet, les animaux amigurumi présentent typiquement des têtes sphériques surdimensionnées rattachées à des corps cylindriques pourvus d’extrémités de tailles réduites.
Il n'y a cependant pas de contraintes concernant la taille ou l'apparence des ouvrages.



