Amour, Colère et Folie

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Tonton Macoute (en), Seconde République d'Haïti (1957-1986) (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Amour, Colère et Folie
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Tonton Macoute (en), Seconde République d'Haïti (1957-1986) (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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431Voir et modifier les données sur Wikidata

Amour, Colère et Folie est un recueil composé de trois récits écrits par Marie Vieux-Chauvet. Évoquant les clivages de la société haïtienne et un climat de terreur sur l'île, il est publié aux éditions Gallimard en 1968 avec l'appui de Simone de Beauvoir. Sa publication provoque la fureur des autorités duvaliéristes, au point que la famille de l'auteur interrompt sa diffusion en Haïti par crainte de représailles. Quelques exemplaires circulent sous le manteau, puis l'ouvrage est réédité quelques décennies plus tard, au XXIe siècle.

Simone de Beauvoir, qui a recommandé le manuscrit de Amour, Colère et Folie à l’éditeur Gallimard en 1968

Ce recueil de trois récits est publié initialement par Gallimard, en 1968, avec l'appui de Simone de Beauvoir auprès de cette maison d'édition. Marie Vieux-Chauvet était en correspondance avec Simone de Beauvoir depuis 1967[1]. Dans les années 1960, le régime de François Duvalier, surnommé Papa Doc, arrivé au pouvoir en 1957, initialement par des élections sur un programme populiste, devient une dictature, s'imposant par la terreur, grâce à une milice et police politique, les Tontons macoutes. Plusieurs membres de la famille de Marie Vieux-Chauvet disparaissent ou sont assassinés[2]. Un contexte politique et social similaire est évoqué dans l'œuvre (dont l'écriture a commencé en 1964[2]), même si les récits sont positionnés pendant et après l'occupation américaine de l'île (durant l'entre-deux-guerres). L'auteur dénonce aussi la position ambigüe de la classe sociale la plus aisée de l'île, à laquelle elle appartient, et qui laisse s'installer ce pouvoir dictatorial[2]. Cette œuvre fait sensation, lors de sa diffusion dans l'île en 1968, et la police politique est alertée[2]. Marie Vieux-Chauvet est alors en déplacement à New York. Son mari, Pierre Chauvet, est en France, où l’ambassadeur d’Haïti l'informe de la fureur du pouvoir haïtien et le met en garde contre de possibles représailles[2]. À son retour dans l'île, il rachète les exemplaires en diffusion et les détruit[2]. Marie Vieux-Chauvet, bien que très attachée à cette œuvre, demande à Gallimard d'en stopper les ventes pour préserver sa famille[2]. Elle ne publiera rien d'autre de son vivant après ce recueil, et restera en exil à New York. Des exemplaires circulent pour autant dans la société haïtienne, comme le raconte Dany Laferrière qui en a trouvé un par hasard, dans une armoire de ses parents, sous des draps[2]. Les éditions Emina Soleil en reprennent la publication en 2005[3]. Roger Tavernier, qui dirige cette maison d'éditions, indique à ce propos : « En 2000, j’ai reçu un colis de la directrice de la librairie La Pléiade, à Port-au-Prince. À l’intérieur, quatre romans de Marie Vieux-Chauvet avec un mot : « Il faut rééditer ces chefs-d’œuvre. »[2]. Dix ans plus tard, les éditions Zulma[2] le publient en poche, suivi cette fois-ci d'une postface de Dany Laferrière[2].

Contenu

Notes et références

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