Amplification (rhétorique)

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L’amplification est une stratégie qui consiste à mettre un sujet en exergue en faisant ressortir son importance, ou, dans le cas du blâme et de la louange, sa beauté ou son horreur. L’amplification utilise des procédés rhétoriques, des figures de style, des effets lexicaux, grammaticaux ou déclamatoires et puise dans les lieux communs afin de jouer sur les émotions de l’auditoire.

On connaît les procédés rhétoriques de deux façons, soit par les discours qui les mettent en œuvre, soit par les manuels de rhétorique. Des manuels antiques, peu ont survécu, mais plusieurs textes font autorité encore aujourd'hui. Selon La Rhétorique d’Aristote (vers 332 av. J.-C.)[1], qui distingue trois genres de discours, judiciaire, délibératif et épidictique, le procédé de l’amplification est particulièrement adapté au discours épidictique, qui convient par exemple aux oraisons funèbres ou aux panégyriques.

L’auteur anonyme de La Rhétorique à Herennius (vers 100-85 av. J.-C.) n’exclut pas l'usage de l’amplification dans le discours judiciaire, mais en restreint alors l’usage à la péroraison, entre le résumé et l’appel aux sentiments de l'auditoire : « L'amplification est une partie où l'on emploie le lieu commun pour émouvoir les auditeurs. Les lieux communs se tireront très commodément de dix formules propres à faire paraître l'accusation plus importante »[2]. Suit une liste de procédés devenus des classiques du prétoire : l’avocat peut citer les personnages fameux qui se sont penchés sur cette question, mettre en exergue l'ampleur d'un crime en soulignant l'importance des victimes (nombre ou qualité), supputer les conséquences désastreuses et l'effet d'encouragement que son impunité aurait sur d'autres criminels, insister sur l’importance que revêt l’irréversibilité du jugement présent, fatale en cas d’erreur, arguer de circonstances aggravantes comme la préméditation, monter en épingle l'atrocité du crime, comparer ce crime à d’autres moins graves ou excusables.

Dans le discours délibératif, qui pèse le pour et le contre, l’amplification servira à donner plus de poids au parti que l'orateur souhaite défendre, alors que des procédés dépréciatifs exciteront dans l’auditoire le rejet du parti adverse[3]. Dans le discours épidictique enfin, l’auteur conseille d’intercaler « de fréquentes et brèves amplifications, par lieux communs »[4].

Cicéron mentionne l'amplification dans plusieurs textes. Pour lui également, elle a pour objet d'exciter l'émotion : «  faire naître ou [..] exalter les passions, c'est le but de l'amplification[5].» Dans le Dialogue sur les partitions, il n'en exclut pas l'usage dans les différentes parties[6] mais insiste sur son importance dans la péroraison : « La péroraison se divise en deux parties, l'amplification et la récapitulation. C'est en effet à la péroraison que l'amplification appartient en propre[7]. »

L'amplification dans la performance

Les procédés propres à l’amplification

Voir aussi

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