Amédée Renault-Morlière
personnalité politique française
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Amédée-Joseph-Romain Renault-Morlière, né le à Ernée (Mayenne) et mort à Ernée, est un avocat et homme politique français, figure marquante de la Troisième République. Il est député de la Mayenne de 1876 à 1885 et de 1893 à 1906, conseiller général, maire d’Ernée, et se distingua par son engagement républicain et son action en faveur de l’instruction gratuite et obligatoire.
27 avril 1902
| Amédée Renault-Morlière | |
Buste d'Amédée Renault-Morlière à Ernée. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député français | |
| – (12 ans, 7 mois et 16 jours) |
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| Élection | 20 août 1893 |
| Réélection | 8 mai 1898 27 avril 1902 |
| Circonscription | Mayenne |
| Législature | VIe, VIIe et VIIIe (Troisième République) |
| Prédécesseur | Julien Bigot |
| Successeur | Urbain de Hercé |
| – (9 ans et 8 mois) |
|
| Élection | 5 mars 1876 |
| Réélection | 14 octobre 1877 21 août 1881 |
| Circonscription | Mayenne |
| Législature | Ire, IIe et IIIe (Troisième République) |
| Prédécesseur | Circonscription créée |
| Successeur | Circonscription supprimée |
| Maire d'Ernée | |
| – (29 ans) |
|
| Prédécesseur | Constant Martin |
| Successeur | Constant Martin |
| Conseiller général de la Mayenne | |
| – (36 ans) |
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| Circonscription | Canton d'Ernée |
| Prédécesseur | Édouard Renault-Morlière |
| Successeur | Victor Jousset |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Ernée |
| Date de décès | (à 67 ans) |
| Lieu de décès | Ernée |
| Nationalité | Française |
| Parti politique | FR |
| Fratrie | Édouard Renault-Morlière |
| Profession | Avocat |
| Résidence | Mayenne |
| modifier |
|
Biographie
Jeunesse
Amédée-Joseph-Romain Renault-Morlière naît le à Ernée, dans le département de la Mayenne. Il est le fils d’Édouard Renault-Morlière, propriétaire et d'Adèle Leray-Prairie. Son père est pour Ernée, membre du comice agricole, conseiller général (1863-1871), et adjoint au maire. Son frère aîné est Édouard Renault-Morlière. Il est issu d'une famille bourgeoise dont son grand-père Pierre Renault-Morlière, propriétaire à Ernée a été administrateur du département de la Mayenne en 1799, ainsi que conseiller général de la Mayenne du jusqu'en 1808[1]. Ce dernier est désigné comme un des Grands notables du Premier Empire du département de la Mayenne[1].
Formation
Amédée Renault-Morlière commence ses études au collège d'Ernée, puis rejoint en 1852 le lycée Napoléon[2]. Élève brillant[2], il remporte plusieurs prix au Concours général[3].
Il s’inscrit à la Faculté de droit de Paris[2]. En , il achète une charge d’ avocat auprès du Conseil d'État et de la Cour de cassation[4] au Barreau de Paris[5], qu’il exercera jusqu’en [2], date à laquelle il se consacre pleinement à sa carrière politique. Cette nomination se fait grâce à Charles Goyet-Dubignon, ancien député républicain de la Mayenne en 1848, qui voit en lui son héritier politique, au point de lui léguer ses biens à sa mort en 1883.
Carrière politique locale
Le , il est élu aux élections cantonales de 1870 dans la Mayenne, conseiller général de la Mayenne pour le canton d’Ernée, sous l’étiquette républicaine[2]. La guerre franco-allemande de 1870-1871 l’éloigne temporairement de ses fonctions[2] : il s’engage comme volontaire au 17e bataillon de mobilisés de Paris[2]. Dès 1871, il reprend son mandat et s’illustre par son engagement en faveur de l’instruction gratuite et obligatoire[2], s’opposant notamment à un vœu sur la liberté d'enseignement présenté par Louis-Hyacinthe de Quatrebarbes[5] qu’il qualifie de duperie, la concurrence ne pouvant s'établir qu'au seul profit des partis politiques et religieux.[5].
Il devient secrétaire, puis vice-président du Conseil général de la Mayenne, poste qu’il occupe pendant plusieurs années. Devenu maire d'Ernée (avec comme adjoint François-Marie Robert-Dutertre), il devient conseiller général du canton d'Ernée en 1876 ; jusqu'à sa mort[2], il y occupe une place prépondérante.
Carrière parlementaire
Député de la Mayenne
Renault-Morlière se présente aux élections législatives de 1876[4] dans la première circonscription de la Mayenne. Il s'oppose alors à un autre républicain Henri Gandais, maire de Mayenne, et ancien candidat en 1871. Il l'emporte au second tour en arguant d'un esprit de modération et de conciliation. À la Chambre des députés, il siège au centre gauche et vote systématiquement avec la majorité républicaine.
Il est l’un des signataires du manifeste des 363[2] qui, lors de la crise du 16 mai 1877, refusent leur confiance au ministère de Broglie-Fourtou, marquant ainsi leur opposition à la politique du président Patrice de Mac Mahon. Inscrit au centre gauche[2], il devient secrétaire de la Chambre des Députés en 1877. Il est une cible de la Droite qui en fait l'archétype du républicain conservateur paralysé par la crainte niaise... de passer pour un allié de la Réaction. Le , lors du projet de loi relatif à la liberté de l'enseignement supérieur, le bourru bien-pensant de la coalition radical-socialiste prend la parole au nom du centre gauche pour plaider la plus grande modération.
Réélu aux élections législatives de 1877[4] malgré une forte pression officielle, il triomphe de son adversaire monarchiste, soutenu par le gouvernement[2]. Il est réélu à nouveau aux élections législatives de 1881[4] contre Henri Gandais[2]. Il est rallié à l'Union démocratique, et continue de voter avec la majorité républicaine et soutint la politique coloniale du Gouvernement[2].
Il échoue[6] aux élections législatives de 1885[4] et aux élections législatives de 1889[4] devant Julien Bigot, ancien président de la Cour d'Angers.
Il retrouve son siège aux élections législatives de 1893[4] dans le 2e arrondissement de la Mayenne en l'emportant sur le comte André de Robien, légitimiste. Il soutint la politique gouvernementale de colonisation comme membre de la majorité opportuniste. À la législature de 1893, il se confirme à la chambre comme républicain de gouvernement et protectionniste, mais n'y a pas une grande activité. Républicain de gouvernement et protectionniste, il dit dans une circulaire[4] de 1893 :
« Plus que jamais je suis convaincu qu'il importe de former une majorité gouvernementale, une majorité ferme et modérée qui régularise le fonctionnement normal de la Constitution. »
.
À la législature de 1898, il fait partie de commission des douanes et de la commission du droit d'association. Il est réélu aux élections législatives de 1902. Après 1902, il déposa de nombreuses proposition de loi d'intérêt local.
Les lois sur les congrégations retiennent son attention. Il participe à la discussion du projet de loi concernant les demandes en autorisation formulées par des congrégations enseignantes[7]. Il se représente lors des élections législatives de 1906, et perd contre Urbain de Hercé. Célibataire et sans enfants, il meurt à Ernée en offrant sa fortune 800 000 francs à plusieurs œuvres.
Rôles et commissions
À la Chambre, Renault-Morlière est membre de plusieurs commissions importantes : la commission des Douanes[2], où il est rapporteur du projet de loi dit « du cadenas », la commission du Budget, et la commission des réformes judiciaires[2]. Amédée Renault-Morlière est aussi chargé par la commission compétente du rapport sur la proposition de loi de Gaston Gerville-Réache[2] portant modification de l'article 444 du Code d'Instruction criminelle (Cour de cassation, procédure de révision); il conclut au rejet de cette proposition, ainsi que de celle de M. Rose sur le même sujet et du projet déposé par le ministère Dupuy, dessaisissant la Chambre criminelle des enquêtes en révision, pour en charger toutes les chambres réunies de la Cour de cassation. Ce dernier projet fut voté par la Chambre, malgré l'avis contraire de Renault-Morlière, rapporteur de la Commission, puis par le Sénat (1899)[2].
Prises de position
Républicain de gouvernement et protectionniste, Renault-Morlière défend une majorité parlementaire ferme et modérée, capable de garantir le fonctionnement normal de la Constitution. Il s’oppose aux cléricaux et aux monarchistes, et soutient activement les réformes éducatives et judiciaires de la Troisième République.
Fin de carrière
Il ne se représente pas après 1898 et se retire progressivement de la vie politique.