Anarthrie

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L'anarthrie (ou apraxie de la parole) est un trouble du langage caractérisé par une difficulté à articuler pour parler, avec préservation de la compréhension du langage, généralement à la suite d'une lésion cérébrale (AVC par exemple). Du seul point de vue clinique, L'anarthrie est généralement semblable à la dysarthrie (Duffy, 2012) mais elles ont des causes différentes : l'anarthrie résulte d'un trouble de la programmation motrice, qui peut comprendre, tout ou partie des trois éléments suivants : une faiblesse du mouvement d'articulation, une tension musculaire mal contrôlée, et une désynchronisation du mouvement[1]), alors que la dysarthrie est due à un trouble plus général de l'exécution des gestes moteurs[2].

Description

Elle explique certaines aphasies. Elle est caractérisée par des difficultés articulatoires consécutives à des lésions cortico-sous-corticales (à la différence de la dysarthrie, qui survient à la suite de lésions sous-corticales). Les troubles sont limités aux organes bucco-phonatoires alors que dans la dysarthrie les troubles portent sur les activités motrices en général. Par opposition à la dysarthrie on note une dissociation automatico-volontaire (à la différence de la dysarthrie et de la dyspraxie), une altération moins fréquente de la voix, une plus grande diversité des productions que dans la dysarthrie,et un mauvais contrôle des mouvements avec désynchronisation des composantes.

Des formes dites « pures » (ancienne anarthrie pure de Pierre Marie), c'est-à-dire sans autres symptômes que les troubles de l'articulation, existent lorsque l'aire de Broca n'est pas impliquée en totalité. Le siège lésionnel peut se situer à différents étages du réseau assurant la commande motrice de l'appareil buccophonatoire, soit cortical, dans la région operculaire médiane gauche, soit sous-cortical, entre cette région et la région lenticulaire[1].

Dans sa forme chronique, elle peut aussi être la seule manifestation d'un syndrome neuro-dégénératif rare, nommé anarthrie primaire progressive (AnPP)[3],[4],[5].

Histoire

C'est en 1906 que Pierre Marie introduit la notion d'anarthrie qu'il distingue de l'aphasie déclenchant une vive polémique dans le monde de la neurologie. Les limites du savoir de l'époque et la personnalité des acteurs entretint un débat sur la réalité de ce symptôme et l'unicité de son origine qui dura jusqu'à l'approche de sa disparition en 1940 lorsqu'il déclara à Alajouanine qu'il n'avait pas une vision claire de cette affection[6].

Environ 120 ans plus tard, en 2025, des chercheurs de l'université Stanford (États-Unis) ont réussi à faire traduire en parole par une IA associée à une interface neuronale, en temps réel, des « phrases générales » émises sous forme de « pensées silencieuses » par le cerveau de patients paralysés …avec une précision de 74 % (étude publiées le 21 août dans la revue Cell). A ce stade, Erin Kunz (autrice principale de l'étude) rappelle que les patients doivent subir une implantation invasive ; et qu'ils ne peuvent pas encore tenir des conversations fluides en exploitant la parole intérieure formulée dans le cortex moteur. Elle tempère l'enthousiasme et les fantasmes que cette avancée pourrait susciter car le vocabulaire testé reste limité, et la précision est loin d'être parfaite pour conversation normale. Elle suggère de parler d'« une première preuve de concept ».

Ceci tend à confirmer qu'une personne paralysée pourrait bientôt pouvoir de communiquer via une interface neuronale, mais pose des questions éthiques et juridiques nouvelles, cruciales pour la vie privée, le consentement et la sécurité et santé mentale, car l'IA pourrait non seulement décoder directement la parole intérieure, mais aussi révéler des pensées intimes que l'on souhaite garder secrète (parfois lors des essais, l'IA a capté et traduit des signaux inattendus de type « parole intérieure privée de forme libre », même lors de tâches cognitives simples comme le comptage (FL : si j'ai bien compris, 1) cela montre que l'IA peut interpréter des pensées abstraites, comme lors du comptage silencieux, ce qui est déjà une avancée majeure pour le décodage de la parole intérieure ; 2) le comptage sert ici de tâche contrôlée, permettant de tester si le système peut détecter une séquence logique dans le discours intérieur ; ex. : le « décodeur neuronal » et l'IA ont pu « voir » que les nombres décodés augmentent au fil du temps, suggérant que les participants comptaient réellement dans leur tête, et que le système pouvait capter cette progression). …. et il a fallu créer un système de mot de passe mental pour protéger certaines pensées privées ne soient pas « transcrites » ou « lues » par l'IA de manière non-consentie). Selon les auteurs, un entraînement spécifique du décodeur/IA par le locuteur mental, fondé sur l'intention motrice, permet de préserver efficacement la vie privée mentale tout en assurant un décodage fidèle.

Références

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