Ancien phare de Deauville
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L'ancien phare de Deauville était implanté en pleine ville, à l'extrémité nord-est du front de mer, sur la rive gauche de la Touques, à l’emplacement actuellement délimité par le boulevard Eugène-Cornuché, le quai des Yachts et la rue Jean Mermoz. Il se situait au milieu d'un square délimité par une grille en bois reposant sur un solin en pierre. L’enceinte comportait deux portails en bois fixés à des piliers en brique, l'un au nord et l'autre au sud-est[1]. Le phare était une tour de section carrée construite en briques[2] polychromes appareillées en assises alternées formant bandeau, avec des bandes alternativement noires et blanches[3]. La partie haute était ornée d'un motif de croisillons en briques. Le phare comportait un rez-de-chaussée, cinq étages et un étage de combles où se trouvait le feu. Sa hauteur était d’environ 30 mètres. Le toit était en ardoise, à longs pans, et surmonté d'une girouette métallique. L'entrée du phare était sur le côté sud. Elle donnait accès à un escalier à vis en maçonnerie, permettant d'atteindre l'étage de combles. Celui-ci était percé de deux lucarnes à fronton triangulaire, situées sur les côtés nord et sud, à travers lesquelles un feu fixe rouge indiquait l'entrée du chenal la nuit. Des bâtiments annexes entouraient le phare : du côté sud-est du terrain, la maison du gardien de phare, et à l'ouest le pavillon réservé aux membres du Touring Club de France. La municipalité a été autorisée à installer ce pavillon démontable, en bois, par un arrêté préfectoral du [1].
Historique
Avant que Deauville ne devienne la station touristique à la mode que l’on connaît, des feux fixes (ou feux de marée) disposés le long du rivage signalaient la côte aux navigateurs. L'aménagement des infrastructures de port Deauville, à la moitié du XIXe siècle, nécessitait l'installation de feux plus adaptés aux nouveaux équipements. Deux feux fixes (le phare de Trouville et l’actuel phare de Deauville) ont donc été installés à chaque extrémité des jetées par décision ministérielle du . Celle-ci prévoyait aussi la construction d'un phare. Celui-ci a été érigé sur un terrain cédé aux Domaines par la Société de Deauville, alors en liquidation judiciaire. Les plans ont été dressés par l’ingénieur des Ponts et Chaussées Léonce Raynaud[1]. La construction a débuté en 1874[3],[4] et elle s’est achevée en 1876[1]. Le phare a été mis en service dès 1875[2].
En raison des lais de mer qui s'étaient formés devant la plage, le phare était devenu obsolète au début du XXe siècle. La commission des phares a alors envisagé sa destruction et son remplacement par un nouveau phare sur la rive droite de la Touques. La municipalité de Deauville a proposé le de racheter le terrain du phare, mais la vente n'a pas pu être conclue car le déclassement du phare n’était pas encore prononcé. Le phare a été définitivement éteint le [1],[2]. La Société des Casinos de Deauville a proposé en 1913 de louer le square pour y implanter un parc d'attractions. Le projet a été approuvé par la municipalité, mais jamais réalisé. L’administration a prononcé en 1929 le déclassement du phare, permettant ainsi à la municipalité d'acquérir le terrain. Elle a fait détruire le phare et la maison du gardien. Le terrain a été vendu pour être loti[1].
En 2019, la municipalité a lancé des travaux de réhabilitation de la Presqu'île de Deauville, une ancienne friche industrielle d’un peu plus de six hectares, située à la jonction entre le bassin Morny, celui des Yachts et l’estuaire de la Touques, sous la forme d’une Zone d'aménagement concerté (ZAC). Le projet a été conçu par l’atelier d’architecture Xavier Bohl et comporte deux tours de 28 mètres de haut dont l’allure s’inspire de l’ancien phare[3],[4], en reprenant le motif des bandes noires et blanches alternées[3]. Les travaux se sont terminés début et le premier des deux belvédères a ouvert au public le . On peut atteindre le sommet par un escalier de 170 marches (ou un ascenseur)[4] pour profiter d’une vue panoramique imprenable sur Deauville, Trouville-sur-Mer, l'estuaire de la Touques, le littoral et de la campagne du pays d'Auge[3],[4].
Notes et références
- 1 2 3 4 5 6 Marie-Noël Tournoux et Didier Hébert, « Phare », sur POP : la plateforme ouverte du patrimoine, (consulté le ).
- 1 2 3 admin, « Ancien phare de Deauville », sur PLEINS FEUX SUR LES PHARES, (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 « Les bâtiments portuaires et les belvédères », sur DEAUVILLE.
- 1 2 3 4 Marie-Madeleine Remoleur, « EN IMAGES. Deauville : enfin ouvert au public, le belvédère de la Presqu’île offre une vue imprenable sur le territoire », sur actu.fr, (consulté le ).