Andosins
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Les Andosins (Λνδοσίνους en grec ancien) étaient un peuple pré-romain de la péninsule Ibérique habitant entre l'Èbre et les Pyrénées mais que l'historiographie a traditionnellement situé en Andorre bien que leur situation exacte ne soit pas connue. Les Andosins sont cités uniquement par l'historien grec Polybe, qui signale leur opposition à la marche du général carthaginois Hannibal Barca au travers des Pyrénées lors de la deuxième guerre punique (). Aucun autre élément n'est connu sur eux avec certitude.
Il semble s'agir d'un peuple de langue bascoïde habitant de longue date l'Andorre au vu de la continuité apparente entre les sites archéologiques de l'âge du bronze et ceux contemporains de la marche d'Hannibal. Ces mêmes sites nous montrent que, sans être isolés, les Andosins sont restés à l'écart du processus d'ibérisation à l'œuvre en Catalogne. En revanche leur culture ne va pas résister à l'influence romaine qui s'étendra à la suite de la victoire de ces derniers sur les Carthaginois.
Description des sources

L'unique auteur[1] à les mentionner est l'historien grec Polybe (Histoires, III) qui décrit la résistance rencontrée par le général carthaginois Hannibal Barca au cours de sa traversée des Pyrénées en [2]. Les Andosins font partie d'après Polybe des peuples autochtones qu'Hannibal soumet après avoir franchi l'Èbre. Il convient de noter que l'ouvrage est rédigé plus de 70 ans après le passage d'Hannibal sur les bases du voyage de son auteur à travers l'Espagne ce qui peut faire remettre partiellement en cause la fiabilité du propos[1].
L'historien romain Tite-Live (Ier siècle av. J.-C.) décrit lui aussi cette traversée pyrénéenne d'Hannibal, citant également les Ibergètes et les Bargusiens mais sans faire mention des Andosins[3]. D'autres auteurs romains ont traité de la Catalogne au moment de la deuxième guerre punique, mais encore une fois sans mention des Andosins : Silius Italicus (Punica), Avienus (Ora maritima) et Étienne de Byzance (Ethniques)[4].
Il a été évoqué[Par qui ?] que les Andelonenses (ou Andelogenses) mentionnés par Pline l'Ancien au cours du Ier siècle dans son Histoire naturelle lors d'une énumération des peuples de la Tarraconaise[5] soient les Andosins de Polybe. La possibilité est d'autant plus à considérer que le cadre géographique est cohérent avec cette hypothèse puisque cette province romaine est limitée par l'Èbre au sud et les Pyrénées au nord. Néanmoins les Andelonenses sont habituellement rattachés à la municipalité d'Andosilla ou à la ville romaine d'Andelos, toutes deux situées en Navarre[réf. nécessaire].
Analyse du texte de Polybe
Contexte historique

À la suite de la première guerre punique, la famille des Barcides cherche à étendre la domination carthaginoise au sein de la péninsule ibérique compenser la perte de la Sicile et de la Sardaigne.
Cette expansion débute en sous l’influence de Hamilcar puis de son fils Hasdrubal. En l’espace d’une quinzaine d’années par conquête ou par alliance avec les peuples indigènes, Carthage va s’emparer d’une grande partie de l’Hispanie. Rome signe alors en un traité avec Hasdrubal séparant les zones d’influence entre les deux civilisations et fixant le cours de l’Èbre comme frontière.
En , Hannibal, frère de Hasdrubal, rompt l’accord, déclenchant ainsi la deuxième guerre punique. C’est dans le cadre de ce conflit que s’inscrit sa marche au travers des Pyrénées l’année suivante, relatée par Polybe, avec pour but de porter la guerre en Italie.
Localisation des Andosins
Erénésiens
Iacetans
Castellans
Bargusiens
Lacetans
Laietans
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Le passage des Histoires de Polybe mentionnant les Andosins ne donne pas d'information précise quant à leur localisation et le seul fait connu avec certitude les concernant est qu'ils se soient opposés à Hannibal[4].
Les peuples ibères habitant sur le littoral (Cessetani, Ilercavons, Indigetes) ne sont pas mentionnés dans le texte, ce qui suggère que le passage des troupes d'Hannibal s'est fait par l'intérieur des terres, loin de la flotte romaine et de ses alliés grecs (colonie d'Empúries)[6],[7]. Les Andosins auraient ainsi habité à distance du littoral.
L'implantation des Ilergètes est bien connue et leur nom est à rattacher au toponyme Lleida[4]. De la même manière, l'ethnonyme « Bargusiens » pourrait l'être à Berga et « Erénésiens » au val d'Aran[4]. En procédant par homophonie, le toponyme actuel qui serait rattaché aux Andosins serait Andorre[7],[4]. La relation entre l'ethnonyme « Andosins » et le toponyme Andorre n'est toutefois pas certaine[4].
Au vu de la situation géographique de ces différents toponymes, il semble que les peuples aient été ordonnés par Polybe selon leur lieu d'habitation, du sud vers le nord. Les Andosins seraient donc un peuple plus septentrional que les Ilergètes et les Bargusiens donc probablement pyrénéen[4].
Sur l'ensemble de ces arguments, l'historiographie a traditionnellement considéré les Andosins comme les habitants des vallées d'Andorre au moment du passage d'Hannibal par les Pyrénées (IIIe siècle av. J.-C.)[8],[7].
Organisation sociale
Polybe ne s'attache pas à la description du mode de vie des Andosins[1] mais l'utilisation par celui-ci du terme « εθνος » (ethnos) donne toutefois une information sur la structure sociale des Andosins. En grec ancien ce terme s'applique aux communautés dont les liens ne reposent pas sur un pouvoir politique mais sur des affinités plus vagues et donc plus à même de changer[6].
Notons également que l'absence de nouvelle mention ultérieure des Andosins dans les sources antiques (au contraire de leurs voisins Bargusiens), fait plutôt considérer ces derniers comme une petite communauté siégeant sur un territoire peu étendu, renforçant par là même leur identification aux vallées d'Andorre[6].
