Andrew Hay (général)

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Andrew Hay, né en 1762 et mort le à Bayonne, en France, est un militaire britannique ayant servi durant la guerre d'indépendance des États-Unis et les guerres napoléoniennes. Il est mortellement blessé lors du siège de Bayonne.

Début de carrière

Andrew Hay entre comme enseigne dans le 1er régiment d'infanterie le . Il participe à la guerre d'indépendance des États-Unis et est promu lieutenant le . Il passe ensuite au 88e régiment d'infanterie (en) avec le grade de capitaine le  ; son unité est toutefois dissoute après la fin des hostilités et il réintègre le 1er régiment, étant toujours capitaine avec le bénéfice de l'ancienneté, le [1].

De 1787 à , période qui voit le début des guerres de la Révolution française, Hay est inscrit sur la liste des demi-soldes en qualité de capitaine. Il est nommé major le mais demeure sans affectation jusqu'à la création du 93e régiment d'infanterie, qu'il rejoint le et avec lequel il sert aux Indes occidentales avant sa dissolution en 1797[1].

Service dans les Îles britanniques

Le , Hay devient colonel de la milice du Banffshire (Banffshire Fencibles), majoritairement recrutée parmi les individus résidant sur les terres appartenant à sa famille dans le comté écossais de Banffshire. Faisant partie intégrante de l'armée britannique, les fencibles avaient pour mission de défendre le pays en cas d'invasion. Composés de volontaires locaux mais commandés par des officiers de l'armée régulière, ils ne remplissaient généralement qu'un service temporaire et étaient le plus souvent, mais pas toujours, cantonnés à des missions de patrouille et de défense du territoire national. En 1801, alors que son régiment servait dans les îles Anglo-Normandes, Hay vendit sa maison dans le Banffshire et s'installa à Fordingbridge, dans le comté d'Hampshire. Les Banffshire Fencibles furent démobilisés en 1802 à la suite de l'entrée en vigueur du traité d'Amiens qui instaurait une paix éphémère entre la France et l'Angleterre[1].

Lorsque la guerre entre les deux nations se ralluma en , Hay reçut le commandement du 16e bataillon de l'armée de réserve. Lui et ses hommes furent incorporés dans l'armée régulière le pour former le 2e bataillon du 72e régiment d'infanterie, lui-même étant promu lieutenant-colonel. Quatre ans plus tard, le , il prit la tête du 3e bataillon du 1er régiment d'infanterie, alors stationné en Irlande. Le gouvernement britannique ayant pris la décision de soutenir les insurgés espagnols et portugais contre les Français, Hay et son régiment furent transportés par bateau vers la péninsule Ibérique[1].

Dans la péninsule Ibérique

Franchissement de la Bidassoa par les troupes de Wellington, le 7 octobre 1813.

Le bataillon de Hay débarqua à La Corogne le et fut placé sous les ordres du général David Baird. Envoyé en soutien des troupes du général en chef John Moore, Hay participa à la retraite sur La Corogne et à la bataille qui s'ensuivit[2]. Les soldats survivants furent évacués vers l'Angleterre, d'où Hay partit pour les Pays-Bas pour prendre part à l'infructueuse expédition de Walcheren[3].

Hay fut de retour dans la péninsule en avec le 3e bataillon du 1er régiment, dont il avait une nouvelle fois obtenu le commandement le . Il combattit le à la bataille de Buçaco, lors de laquelle les forces anglo-portugaises d'Arthur Wellesley de Wellington repoussèrent l'armée française supérieure en nombre du maréchal André Masséna. Élevé au grade de major général le , Hay joua un rôle dans les importantes victoires britanniques des Arapiles () et de Vitoria (), au cours de laquelle son fils, le capitaine George Hay, reçut une blessure mortelle[3].

Lors du siège de Saint-Sébastien, le commandement de la 5e division britannique échut à Hay du fait des blessures successives de James Leith et de John Oswald, ses supérieurs hiérarchiques. Ce fut donc lui qui, le , conduisit la 5e division à la bataille de la Bidassoa, qui vit l'armée de Wellington enfoncer les lignes de défense adverses et pénétrer sur le sol français[3]. Les troupes de Hay furent les premières à franchir la rivière dès l'aube, à la surprise des Français qui ne s'étaient pas rendus compte que l'eau n'arrivait qu'à hauteur de poitrine à marée basse[4].

Bataille de la Nivelle

Après avoir été chassés des rives de la Bidassoa, les Français, sous les ordres du maréchal Jean-de-Dieu Soult, prirent position le long de la Nivelle, entre les montagnes près d'Ainhoa et Saint-Jean-de-Luz. Le , la 5e division de Hay et la 1re division du général Kenneth Howard effectuèrent une manœuvre de diversion à proximité du fleuve, permettant à la division légère de fondre inopinément sur le centre du dispositif français alors que les 3e, 4e et 7e divisions submergeaient les fortifications adverses[5]. La perte du pont d'Amotz, qui faisait courir le risque à l'armée de Soult d'être coupée en deux, contraignit une fois de plus ce dernier au repli, non sans avoir laissé 4 400 hommes sur le terrain[6].

Bataille de la Nive

Soult se retrancha dans la ville de Bayonne, lovée entre la rivière Nive et le fleuve Adour. Wellington, dont les troupes étaient à l'étroit entre ces deux cours d'eau et les Pyrénées, prit la décision de franchir la Nive afin d'occuper davantage de terrain. Le général John Hope s'avança avec trois divisions, dont la 5e de Hay, en direction de l'Adour le tandis que cinq divisions britanniques et trois divisions espagnoles et portugaises, sous la direction des généraux William Carr Beresford et Rowland Hill, traversèrent le fleuve en amont de Bayonne. Profitant de ce que Wellington avait divisé ses forces, Soult procéda à la concentration de son armée et tenta à plusieurs reprises de défaire le contingent de Hope, qui se trouvait en infériorité numérique. Les contre-attaques françaises commencèrent le et s'étalèrent sur trois jours. Repoussé une première fois, Soult renouvela son offensive le 12 puis le , parvenant systématiquement à faire reculer Hope et obligeant Wellington à dépêcher des renforts sur ce point pour refouler les Français sur Bayonne. Dans la nuit du 12, la Nive déborda de son lit en raison des fortes pluies et rompit le pont de bateaux construit par les Britanniques à Villefranque, piégeant le corps de Hill sur la rive nord. Cependant, bien qu'assailli par six des divisions de Soult, Hill tint sa position pendant quatre heures jusqu'à l'arrivée de la 6e division britannique, qui avait traversé la Nive à Ustaritz. Pendant ce temps, sur ordre de Beresford, trois divisions franchirent la rivière à Villefranque, ce qui précipita la retraite française sur Bayonne[6]. Hay reprit la tête de sa brigade à la fin de l'année, le commandement de la 5e division ayant été attribué à Charles Colville[3].

Siège de Bayonne

La sortie de Bayonne, le 14 avril 1814, au cours de laquelle Hay fut tué.

En dépit de ses récentes défaites, l'armée de Soult était toujours opérationnelle et Wellington, désireux d'assiéger Bayonne, se résigna à diviser ses forces. Pendant que le gros de ses troupes se chargerait de tenir Soult à distance, le commandant en chef britannique laissa devant Bayonne le général Hope avec les 1re et 5e divisions ainsi que quelques brigades indépendantes afin d'investir la place. Pour encercler la ville, les soldats de Hope devaient franchir l'Adour et un pont de bateaux, édifié avec des embarcations trouvées sur place, fut construit à cet effet[7]. Retardé par une météo capricieuse, le contingent de Hope, dont Hay faisait partie, acheva la traversée du fleuve le et Bayonne fut totalement cernée le 27[3],[7]. Hope tarda cependant à entreprendre les opérations de siège proprement dites, qui n'étaient toujours pas commencées à la date du [8].

Monument à Andrew Hay dans la cathédrale Saint-Paul de Londres, sculpté en 1814 par Humphrey Hopper.

La nouvelle de l'abdication de Napoléon parvint à Bayonne le . Hay, qui était l'officier de service ce jour-là, transmit la nouvelle à ses troupes et bientôt la rumeur se répandit selon laquelle la fin de la guerre était proche. Le lendemain, tôt dans la matinée, le général Pierre Thouvenot, qui était gouverneur de Bayonne et avait également reçu la nouvelle, n'en effectua pas moins une sortie qui fut par la suite condamnée par les deux camps comme un gaspillage de vies humaines inutile. Ce fut le dernier engagement de la guerre. Hay, qui défendait l'église Saint-Étienne, fut tué alors qu'il encourageait ses hommes à se battre jusqu'à la mort[3].

Un monument à la mémoire de Hay fut érigé dans l'église où il mourut par les officiers du 3e bataillon du 1er régiment d'infanterie ; un autre mémorial, financé par le gouvernement, fut installé en la cathédrale Saint-Paul de Londres[9]. La veuve de Hay fit également construire un monument perpétuant le souvenir de son défunt mari en l'église Sainte-Marie-la-Vierge de Fordingbridge, tout près du domaine appartenant à la famille du général[3].

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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