Andrzej Poczobut

From Wikipedia, the free encyclopedia

Nationalité
Formation
Юрыдычны факультэт ГрДУ (d) (jusqu'en )Voir et modifier les données sur Wikidata
Andrzej Poczobut
En .
Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Юрыдычны факультэт ГрДУ (d) (jusqu'en )Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Гродненский государственный политехнический колледж (d)
Głos znad Niemna (d)
Pahonia (d)
Gazeta Wyborcza
Narodnaïa Volia (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de
Distinctions
Liste détaillée
Journaliste polonais de l'année (d) ()
Ordre de l'Aigle blanc ()
MediaTORy (d)
Prix Andrzej Woyciechowski (d)
Freedom of Speech Award (en)
Prix Sakharov
Grand Press (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Andrzej Poczobut (en biélorusse : Андрэй (Анджэй) Пачобут), né le à Vialikaïa Bierastavitsa (en) (RSS biélorusse), est un journaliste et militant d'opposition biélorusse d'origine polonaise. Il est correspondant de Gazeta Wyborcza et contributeur du site Charte 97, ainsi que le président de l'Union des Polonais de Biélorussie.

En 2011, il est arrêté et détenu une première fois, puis subit à nouveau des poursuites judiciaires en raison de ses critiques contre le pouvoir. En 2023, il est condamné à huit ans de prison pour avoir prétendument « porté atteinte à la sécurité nationale de la Biélorussie ».

Considéré comme un prisonnier d'opinion, il reçoit le prix Sakharov en .

Andrzej Poczobut lors d'un concert de solidarité avec le Bélarus à Varsovie, en avril 2014.

Andrzej Poczobut naît le à Vialikaïa Bierastavitsa (en)[1],[2]. Il est marié à Aksana Poczobut[3]. Le couple a une fille (née vers 2001) et un fils (né en )[4].

Il travaille comme journaliste pour plusieurs médias biélorusses, dont Narodnaja Volya (en), Hłos z-nad Niemna et Magazyn Polski[5]. Pendant de nombreuses années, il habite à Hrodna et travaille comme correspondant pour le journal polonais Gazeta Wyborcza, écrivant principalement sur les thématiques locales. Sa principale passion est l'histoire, en particulier celle de la Seconde Guerre mondiale et du mouvement partisan polonais d'après-guerre[6]. Andrzej Poczobut qualifie l'invasion soviétique de la Pologne en 1939 d'acte d'« agression ». Cette déclaration est citée comme preuve de sa culpabilité lors de son procès en 2023 pour atteinte à la sécurité nationale de la Biélorussie et « incitation à la discorde »[7].

Le journaliste est aussi l'un des dirigeants de l'Union des Polonais de Biélorussie, une organisation visant à défendre les droits de la minorité polonaise de Biélorussie[8].

Il est l'auteur du livre System Belarus[9].

Poursuites judiciaires et politiques

Arrestation et condamnation en 2011

Le , l'élection présidentielle biélorusse voit la victoire du président en exercice Alexandre Loukachenko, réélu pour un quatrième mandat. Les irrégularités du scrutin provoquent cependant d'importantes manifestations de l'opposition, qui sont fortement réprimées[8]. Le , le KGB biélorusse arrête Andrzej Poczobut pour « participation à une manifestation non autorisée ». Il est condamné dès le lendemain à une amende de 1,75 million de roubles biélorusses (580 dollars américains). Le KGB perquisitionne également son domicile et confisque son ordinateur et des documents[10]. Andrzej Poczobut affirme qu'il était présent au rassemblement en tant que journaliste[11]. Le , il est jugé une seconde fois pour le même chef d'accusation et condamné à quinze jours de prison[10]. Il passe finalement 91 jours en prison au total[8].

Jerzy Buzek, président du Parlement européen, exige sa libération[11]. Le Comité pour la protection des journalistes, une association de défense de la liberté de la presse basée aux États-Unis, fait également campagne en sa faveur. L'organisation se dit « indignée qu'Andrzej Poczobut ait non seulement été condamné sur la base d'une accusation fabriquée de toutes pièces, mais qu'il ait ensuite été incarcéré après avoir déjà écopé d'une amende »[10].

En parallèle, l'accréditation du journaliste auprès du ministère des Affaires étrangères biélorusse est révoquée. Il tente de faire valoir que son travail est protégé par ses droits constitutionnels, sans succès[12].

Accusations de diffamation (2011-2012)

Manifestations réclamant la libération des dissidents biélorusses, dont Poczobut, en 2021.
Affiche de soutien à Andrzej Poczobut en Pologne.

Andrzej Poczobut est à nouveau arrêté le , cette fois pour des accusations de diffamation[13]. Elles découlent de dix articles concernant Alexandre Loukachenko et l'élection présidentielle de 2010, que Poczobut a publiés sur son blog, dans Gazeta Wyborcza et sur le site web Belaruspartisan.org[14],[15]. Un autre journaliste polonais, Ihar Bantsar, est condamné à cinq jours de prison pour avoir couvert le procès. Selon Reporters sans frontières (RSF), des journalistes de Reuters et de l'Associated Press ont été agressés par des policiers en civil alors qu'ils tentaient de photographier Poczobut entrant au tribunal[15].

Le , il est reconnu coupable et condamné à trois ans de prison avec sursis. Andrzej Poczobut attribue ce sursis à la pression internationale, notamment à une déclaration de soutien de l'Union européenne[15]. L'Union des Polonais de Biélorussie fait campagne pour sa libération[16]. Amnesty International dénonce les poursuites engagées contre lui[13]. RSF demande l'annulation de sa condamnation, le qualifiant de « victime scrutée de près de la persécution des journalistes par le président Loukachenko »[15]. Andrzej Poczobut fait appel du verdict mais il est débouté en appel le [17]. En , la station de radio polonaise Radio ZET lui décerne le prix Andrzej Wojciechowski pour son travail journalistique. Comme Andrzej Poczobut a l'interdiction de quitter la Biélorussie, c'est à sa femme qu'est remis le prix, en son absence[3].

Le , il est arrêté une nouvelle fois à Grodno, pour une nouvelle accusation de diffamation à l'encontre du président, cette fois-ci dans un article critiquant la gestion par le gouvernement de l'attentat du métro de Minsk le , publié sur le site d'information indépendant Charte 97. L'accusation est passible d'une peine maximale de quatre ans d'emprisonnement, pour cause de récidive[18],[8]. Andrzej Poczobut est libéré sous caution après une semaine de détention, mais il est informé qu'un procès doit avoir lieu ultérieurement et reste en résidence surveillée[19]. Le Parlement européen adopte une résolution demandant l'abandon des charges retenues contre Poczobut[20]. Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, convoque l'ambassadeur biélorusse pour protester contre la procédure en diffamation et déclare être soutenu dans son initiative par la République tchèque, la Slovaquie et de la Hongrie[21]. Selon RSF, Andrzej Poczobut est « harcelé en raison de sa détermination à travailler comme journaliste indépendant »[18] ; Amnesty International demande l'abandon des charges[22]. L'organisation de défense de la liberté d'expression PEN America (en) interpelle le gouvernement biélorusse, l'exhortant à « abandonner immédiatement toutes les charges retenues contre Poczobut et à respecter son obligation de protéger la liberté d'expression de tous les citoyens, telle que garantie par l'article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques »[23].

Arrestation et emprisonnement (depuis 2021)

Andrzej Poczobut est à nouveau arrêté le , dans le cadre de la répression contre l'Union des Polonais de Biélorussie, qui s'inscrit dans un contexte plus large de persécutions politiques contre l'opposition après les manifestations de masse de 2020-2021[24]. Les forces de sécurité perquisitionnent son appartement, saisissent tout son matériel informatique et confisquent des documents liés à son activité de journalisme[9]. Le Haut représentant de l'UE Josep Borrell dénonce cette arrestation[24].

En , Andrzej Poczobut est finalement condamné à huit ans de travaux forcés pour avoir « porté atteinte à la sécurité nationale de la Biélorussie ». Il est détenu dans la colonie pénitentiaire de Navapolatsk où il serait « très mal traité » selon un responsable de la rédaction de Gazeta Wyborcza[25],[26].

Récompenses et distinctions

Références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI