André Delpuech

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André Delpuech est conservateur général du patrimoine français, chercheur au Centre Alexandre-Koyré (EHESS, CNRS et MNHN). Il a été directeur du musée de l'Homme d' à , après avoir été responsable des collections des Amériques au Musée du Quai Branly de sa création en 2005 à 2017.

André Delpuech a étudié l’archéologie et la préhistoire à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne puis à l'université Bordeaux-I. Après être devenu spécialiste de la Préhistoire européenne, il intervient dans l'archéologie préventive, et commence sa carrière professionnelle en 1983 en tant que chargé d’études à l'Association pour les fouilles archéologiques nationales (Afan)[1]. Au sein de la Direction des antiquités d’Auvergne, en 1983, il est chargé d’étude pour la carte archéologique nationale puis à partir de 1984, en tant qu’archéologue, il participe aux fouilles de sauvetage sur l’autoroute A71 (Clermont-Ferrand - Bourges). En 1988, il est promu coordinateur, responsable des opérations d'archéologie préventive sur le tracé de l’autoroute A5 (Melun - Troyes). Il intègre alors le Ministère de la culture et de la communication et de 1989 à 1992, il est ingénieur d'étude au Bureau de l'archéologie préventive et de sauvetage, à la Sous-direction de l'archéologie de la Direction générale des Patrimoines.

Il se spécialise ensuite dans l'archéologie des Caraïbes. En 1992, nommé conservateur régional de l'archéologie à la Direction régionale des Affaires culturelles de la Guadeloupe, il a créé le service régional de l'archéologie. De 1992 à 1999, il a initié plusieurs programmes de recherches archéologiques, sur les périodes précolombiennes et l'époque coloniale. C'est à ce titre qu'il a collaboré au programme international de fouilles archéologiques mené en collaboration avec l'université de Leyde dans l'archipel guadeloupéen, co-dirigeant des fouilles sur les sites précolombiens de Morel (le Moule), Anse à la Gourde (Saint-François) et autour des roches gravées de Trois-Rivières. Il œuvre alors à une véritable éclosion scientifique de l'archéologie historique dans cette région, « discipline encore balbutiante dans les départements français d’Amérique »[2]. En 2000, il exerce pendant deux ans les fonctions de chercheur à l’unité mixte de recherche 8096 Archéologie des Amériques (Paris I - CNRS) à la Maison de l'archéologie et de l'ethnologie à Nanterre.

De 2002 à 2004, il a été chef du bureau de la recherche archéologique à la Sous-direction de l’archéologie (ministère de la Culture). De 2005 à 2011, il a été également vice-président de l’International Association for Caribbean Archaeology (IACA-AIAC). De 2009 à 2018, il a été président de la sous-commission Amériques de la commission pour les recherches archéologiques françaises à l'étranger du ministère des Affaires étrangères.

De 2005, année de la création du musée, jusqu'en 2017, il est conservateur en chef responsable des collections des Amériques au Musée du Quai Branly.

En , il est nommé directeur du musée de l'Homme[3], au sein du Muséum national d'Histoire naturelle.

Dans le cadre de cette nouvelle fonction et dans le paysage muséal français, il considère que les musées dits de société, d'ethnographie, d'anthropologie ou de civilisation sont avant tout « des lieux pour penser l'humanité ». C'est dans cet esprit que pour l'anniversaire des 80 ans du Musée de l'Homme, le , en partenariat avec les universités Sorbonne-Nouvelle Paris III et Toulouse-Jean-Jaurès, il a organisé un colloque international intitulé « Des lieux pour penser - Musées, bibliothèques, théâtres »[4]. Dans un article du Journal des arts de , précisément intitulé « Les musées, des lieux pour penser l'humanité », résumant le renouveau de ces musées depuis le début du XXIe siècle, il repense et interroge ce que peut être un musée de l'humanité dans notre monde contemporain, au-delà de l'ancien terme d'« ethnographie [...] en voie de disparition » : « Par définition, un musée de société ne doit-il pas s'adapter au temps dans lequel il s'inscrit ? », notamment à travers les grandes questions et enjeux contemporains autour de l'écologie, l'environnement, le devenir de l'homme « sur et avec la planète » et lié aux nouvelles technologies (« quête d'un Homme amélioré », intelligence artificielle, etc.) ; mais en même temps, face à un contexte de réaffirmations identitaires ou résurgences xénophobes, il entend bien maintenir et réaffirmer l'héritage particulier du Musée de l'Homme, « le message d'antan de l'unité de l'espèce humaine ». Selon lui, ce musée est donc à la fois un « musée-laboratoire » (intimement lié au monde de la recherche) et un musée militant[5].

En , il quitte la direction du Musée de l'Homme et devient chercheur au Centre Alexandre-Koyré (Histoire des sciences et des techniques)[6], laboratoire associant le CNRS, l’EHESS et le Muséum national d'Histoire naturelle. Ces investigations portent notamment sur les sociétés amérindiennes des aires caribéennes et amazoniennes, sur l'histoire de la colonisation des Amériques et de l'esclavage transatlantique, mais aussi sur les cabinets de curiosités et l'histoire des musées d'anthropologie et de société. Il est membre, depuis 2020, du Comité scientifique de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage ; et membre du Comité scientifique du Mémorial ACTe, « Centre caribéen d'expressions et de mémoire de la Traite et de l'Esclavage » à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe.

Depuis 2022, il co-dirige le séminaire « Musées engagés et publics participatifs » avec l'École du Louvre et l'Université du Québec à Montréal, le séminaire « Musées, savoirs et sociétés » à l'EHESS et au Muséum national d'Histoire naturelle, le séminaire « Grands mythes de l'archéologie et de l'anthropologie » avec le Musée du quai Branly - Jacques Chirac et l'Université de CY Cergy Paris Université.

En 2024, il a été le commissaire de l'exposition « Taïnos et Kalinagos des Antilles[7] », au Musée du Quai Branly (du au ).

En 2025 il est le commissaire de l'exposition « Aux origines de la Caraïbe - Taïnos et Kalinagos[8] », réalisée en partenariat avec le musée du quai Branly Jacques Chirac, présentée à la Fondation Clément en Martinique, du au .

Décoration

Ouvrages et articles

Notes et références

Liens externes

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