Andrée Aboulker
personnalité politique française
From Wikipedia, the free encyclopedia
Andrée Marie Henriette Aboulker (appelée Defferre-Aboulker entre 1935 et 1945), née le à Alger et morte le à Manosque[1], est une universitaire et femme politique française.
| Andrée Aboulker | |
Andrée Aboulker en 1945. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Membre de l'Assemblée consultative provisoire | |
| – (8 mois et 27 jours) |
|
| Élection | 7 novembre 1944 |
| Circonscription | Panel de la France au combat |
| Législature | Consultative provisoire de Paris |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Andrée Marie Henriette Aboulker |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Alger (Département d'Alger) |
| Date de décès | (à 81 ans) |
| Lieu de décès | Manosque (Alpes-de-Haute-Provence) |
| Nationalité | Française |
| Parti politique | PCF (dès 1947) |
| Conjoint | Gaston Defferre José Aboulker |
| Famille | Pierre Aboulker |
| Diplômé de | Université Aix-Marseille II |
| Profession | Médecin |
| Religion | Judaïsme |
| modifier |
|
Biographie
Famille
Andrée Aboulker est issue d'une famille de médecins juifs[2] d'Alger[3] et est la fille unique du médecin Albert Aboulker et de Semha Aboulker[4].
La famille Aboulker comptait parmi les grandes familles israélites algéroises. Elle donna tant des rabbins, dont le grand-rabbin d'Alger Isaac Aboulker, décapité en 1815 sur ordre du Dey, que des médecins, comme le docteur Moïse Aboulker[5], l'un des premiers juifs d'Algérie française à faire ses études de médecine en France, que Clemenceau remercia pour son rôle durant le siège de Paris en 1870, ou encore le professeur Pierre Aboulker, urologue qui a opéré le général de Gaulle[6].
Formation
Andrée Aboulker passe son baccalaureat à Dakar[7]. Elle étudie la médecine à Marseille et s'engage aux Jeunesses communistes[8].
Engagement militant
Andrée Aboulker renonce à s'engager en Espagne dans les rangs républicains et soigne les blessés de la guerre civile à Marseille après moult discussions avec Gaston Defferre, son mari[8].
Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, elle s'engage dans l'action résistante. En , le couple fuit Marseille car il est dénoncé[7] et elle part à Annecy[8], puis à Paris[9] tandis que son mari part pour Lyon[7] puis Marseille[9]. Ils rejoignent les Mouvements unis de la Résistance en 1943[2]. Ils vivent à Alger lorsque le gouvernement de la France libre en fait sa capitale[2].
Engagement politique

En , elle est déléguée par les Mouvements unis de la Résistance auquel appartient son réseau France au Combat[10], à l'Assemblée consultative provisoire. Andrée Aboulker vient remplacer son mari Gaston Defferre, retenu à Marseille pour installer son pouvoir, mais ne se prive pas pour autant de critiquer certains choix du général de Gaulle[11],[8].
Andrée Aboulker est l'une des douze (bientôt seize, à partir de ) premières femmes à siéger dans l’Assemblée consultative provisoire. Membre de la commission de santé publique[12], elle intervient notamment sur la santé mentale[8] puis sur le budget de l'Instruction publique algérienne qu'elle dénonce pour ses insuffisances à assurer la scolarisation des enfants indigènes algériens[13].
En 1947, après son remariage, elle adhère au Parti communiste français avec son nouveau mari[14].
Docteur en médecine, exerçant en médecine générale et pédiatrie, elle dirige plusieurs dispensaires de municipalités communistes en région parisienne. Après leur retraite, Andrée et José Aboulker militent à l'Association médicale franco-palestinienne.
Dans Le Monde, l’historienne Michèle Cointet la considère comme une pionnière en politique[11].
Vie privée
Andrée Aboulker est mariée une première fois très jeune avec un fonctionnaire colonial, François Baron, poète surréaliste admirateur de la révolution russe[7] et rongé par les drogues[8] et venu à Dakar pour se sevrer[7]. Elle en divorce[8]. Elle rencontre Gaston Defferre à 17 ans et c'est au cours d'un voyage de son mari à Moscou qu'ils se rapprochent[15]. Ils se séparent et se retrouvent trois ans plus tard à Marseille[8]. Par la suite, ils se revoient à Paris où elle introduit Gaston Defferre dans les milieux surréalistes[8],[7]. Elle finit ses études de médecine et ils se marient[2],[16],[17]. André Cordesse et Jacques Defferre[7] sont les témoins de leur mariage le malgré leurs positions politiques divergentes[7]. Andrée Aboulker étant une ardente militante communiste tandis que Gaston Defferre est un socialiste pragmatique[15]. La Seconde Guerre mondiale, la Résistance et la clandestinité les séparent physiquement et le couple divorce le .
Elle se remarie ensuite avec son cousin José Aboulker[2]. Ils vivent quai de la Tournelle à Paris.
Décoration
Médaille de la Résistance française avec rosette (décret du )[18]