Andrés Saliquet
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Barcelone (
Madrid
Camp rebelle ;
Espagne franquiste
| Andrés Saliquet Zumeta Andreu Saliquet i Zumeta (catalan) | ||
Andrés Saliquet en 1930. | ||
| Naissance | Barcelone ( |
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| Décès | (à 82 ans) Madrid |
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| Allégeance | Royaume d’Espagne ; Camp rebelle ; Espagne franquiste |
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| Arme | Armée de terre | |
| Grade | Lieutenant-général | |
| Années de service | Juin 1895 – 1945 | |
| Commandement | VIIe division organique ; Armée du Centre (camp rebelle) |
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| Conflits | Guerre hispano-américaine ; Guerre du Rif ; Guerre civile espagnole |
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| Distinctions | Médaille militaire (1940) ; Grand-croix de l’ordre du Mérite militaire (1943) ; Grand croix de l’ordre d'Isabelle la Catholique (1944) |
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| Hommages | Marquisat de Saliquet | |
| Autres fonctions | Procureur aux Cortes franquistes ; Capitaine général de Madrid ; Capitaine général de Séville ; Président du Tribunal spécial pour la répression de la maçonnerie et du communisme ; Président du Conseil suprême de justice militaire |
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Andrés Saliquet Zumeta (Barcelone, 1877 - Madrid, 1959) était un militaire et homme politique espagnol.
À l’issue de sa formation militaire, Andrés Saliquet combattit dans les guerres coloniales espagnoles du tournant du siècle (Cuba, Rif). Revenu en Espagne, il fut nommé gouverneur militaire de Cadix par Primo de Rivera, mais renonça à son poste à l’avènement de la république en 1931.
Avec Mola, il conspira ensuite contre la république et sut, lors du coup d’État de juillet 1936, se rendre maître de Valladolid et de sa région. Pendant la Guerre civile subséquente, il se vit confier le commandement d’une vaste ligne de front allant du haut Tage jusqu’à Madrid et fit partie du groupe de généraux qui élut Franco chef de l’État.
La guerre civile terminée, Saliquet, chargé de la répression à Madrid, contresigna des centaines de condamnations à mort prononcées par des conseils de guerre contre des républicains. Monarchiste et catholique, il protesta ensuite, aux côtés d’autres généraux, dont notamment Kindelán, contre l’orientation fasciste adoptée par le régime franquiste pendant la Seconde Guerre mondiale et réclama l’instauration de la monarchie.
Guerre civile
Andrés Saliquet s'inscrivit le à l’Académie d’infanterie de Tolède, dont il sortit diplômé deux ans plus tard, le [1]. Il s’engagea peu après dans la guerre de Cuba, puis dans les guerres du Maroc, où il obtint un avancement rapide pour mérites de guerre[1],[2]. En 1917, il fut dépêché à Barcelone pour aider à réprimer la grève générale déclenchée en août de cette année[3]. En 1928, sous la dictature de Primo de Rivera, il fut nommé gouverneur civil de la province de Santander, et le gouverneur militaire de la province de Cadix.
En 1923, il fut promu au grade de général de brigade[1] et dès 1929 monta à celui de général de division[4]. Cependant, au lendemain de la proclamation de la Deuxième République, il fut démis de son poste de gouverneur militaire de Cadix[5],[2].
Lors de la réforme militaire de Manuel Azaña, Saliquet opta pour le départ volontaire à la retraite. Il se joignit à la conspiration tramée par le général Mola, qui lui confia le commandement de la VIIe Division organique. À ce titre, il s’empara le du pouvoir à Valladolid — qui du reste avait déjà basculé dans le camp nationaliste, puisque phalangistes et gardes d’assaut s’étaient rendus maîtres des locaux de Radio-Valladolid, de l’immeuble de la Poste et du gouvernement civil — et écarta le lendemain le général Molero, qui était resté fidèle à la république et refusait de s’incliner[6] ; au cours d’une entrevue entre les deux officiers, un jeune avocat qui assistait Molero fut tué par un adjoint de Saliquet[7],[2]. Celui-ci proclama l’état de guerre dans la province de Valladolid, et plaça sous sa tutelle la VIIe Division organique et tous les territoires relevant de l’autorité de celle-ci. Saliquet fut donc logiquement l’un des militaires que le le gouvernement républicain s’empressa de limoger de l’armée, dans l’espoir de mettre ainsi en échec la rébellion militaire[8],[2].
Il devint, avec Miguel Ponte, l’un des deux membres monarchistes[9] de la Junta de Defensa Nacional (littér. Comité de défense nationale), mise sur pied à Burgos, façon de gouvernement provisoire destiné à gouverner dans la zone insurgée. Il fit partie du groupe de généraux qui fin élurent Franco chef de gouvernement et généralissime des armées. Il demeura à la tête de la VIIe Division organique, reconvertie par la suite en VIIe corps de l’armée franquiste[10],[2],[11].
Le , il fut désigné commandant en chef de l’armée du Centre[12], unité récemment créée et chargée de couvrir le front compris entre le cours supérieur du Tage et Cáceres, en passant par le Guadarrama, le front de Madrid et Tolède. En 1939, la Guerre civile terminée, Saliquet, ainsi que les unités sous son commandement, prit part au Défilé de la victoire le à Madrid, aux côtés du général Franco[13]. Le , il avait été promu lieutenant-général[14],[2]. Au début de la Seconde Guerre mondiale, il était — avec notamment Kindelán, Dávila, Ponte, Orgaz, Varela — en désaccord partiel avec Franco, notamment avec sa politique de soutien passif à l’Axe, mais n’eut pas, comme le premier cité, le courage de le manifester vigoureusement[15] ; certes, en , Saliquet fut le cosignataire, avec sept autres généraux — Monasterio et Solchaga, en plus de ceux déjà nommés —, d’une lettre adressée à Franco qui réclamait une reconfiguration de l’État espagnol par l’instauration de la monarchie[16].
Serrano Suñer le décrit comme « un homme sympathique, intègre, bonasse, pas le moindrement infatué, d’une fidélité de chien au commandement »[17].
Dictature franquiste
Peu après la fin du conflit, le , Saliquet fut nommé capitaine général de la 1re région militaire (c’est-à-dire celle de Madrid)[18], mais placé bientôt après, le , à la tête de la IIe région militaire (à savoir celle de Séville), en remplacement du général Gonzalo Queipo de Llano[19],[2]. Un mois plus tard cependant, le , il assuma de nouveau le poste de capitaine général de Madrid[20]. À partir de , en application d’une délégation de pouvoirs du Caudillo, Saliquet devint le principal responsable de la répression franquiste dans la capitale, apposant alors sa signature sous des centaines de condamnations à mort prononcées par des conseils de guerre en procédure accélérée[21]. À partir de et jusqu’à sa mort en 1959, il exerça la charge de président du Tribunal spécial pour la répression de la maçonnerie et du communisme[22].
Sous la dictature, il siégea comme procureur aux Cortes franquistes et comme conseiller d’État. Entre 1945 et 1946, après son départ à la retraite à l’âge réglementaire, il occupa la présidence du Conseil suprême de justice militaire[23],[2]. Non exempt d’affairisme, il mit à profit sa haute position pour favoriser ses entreprises personnelles (en l’espèce : des savonneries)[24].