Ann Pettifor
économiste britannique
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Ann Pettifor, née en en Afrique du Sud, est une économiste britannique qui conseille des gouvernements et d'autres organisations. Elle a publié plusieurs ouvrages. Ses travaux portent sur le système financier mondial, la restructuration de la dette souveraine, la finance internationale et le développement durable. Ann Pettifor est spécialement connue pour avoir prédit la crise financière de 2008. Elle a par ailleurs été l'une des figures de proue de la campagne d'annulation de la dette Jubilee 2000.
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Policy Research in Macroeconomics (PRIME) |
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Elle dirige le Policy Research In Macroeconomics (PRIME), un réseau d'économistes qui étudient la théorie et les politiques monétaires keynésiennes. Elle est également chercheuse honoraire au Centre de recherche en économie politique de la City St George's, Université de Londres (CITYPERC), présidente du conseil consultatif du Centre de recherche en économie politique de Goldsmiths, membre de la New Economics Foundation, directrice d'Advocacy International et administratrice de la Fondation PREP pour une économie pluraliste[1],[2],[3]. Ann Pettifor est aussi membre du Green New Deal Group, composé d'économistes, d'écologistes et d'entrepreneurs.
Biographie
Lynda Ann Pettifor est née en Afrique du Sud en . Elle est diplômée en sciences politiques et en économie de l'Université du Witwatersrand[4],[5]. Dans les années 1980, elle a occupé plusieurs postes en tant que conseillère de Frances Morrell, dirigeante de l'Inner London Education Authority, puis a conseillé Ken Livingstone, du Greater London Council. Elle a également conseillé la députée Margaret Beckett, qui a ensuite fait partie du gouvernement travailliste de 1997. Elle a aussi travaillé comme lobbyiste pour Ian Greer Associates.
Ann Pettifor cofonde la campagne mondiale Jubilee 2000 pour l'annulation de la dette des pays les plus pauvres. En 1998, Jubilee 2000 manifeste par une chaîne humaine d'environ 70.000 personnes autour du sommet du G8 de Birmingham, au Royaume-Uni[5]. En 1999, lors du sommet du G8 de Cologne, le G8 convient d'annuler environ 100 milliards de dollars de dette du tiers monde due par 37 pays, en grande partie grâce à cette campagne. Jubilee 2000 comptait parmi ses partisans le pape Jean-Paul II, Mohamed Ali, Bono, Tony Blair, Gordon Brown et Bill Clinton[6]. The Independent qualifiera plus tard son travail pour cette campagne de « génial »[7].
À la fin de la campagne Jubilee 2000, Ann Pettifor rejoint la New Economics Foundation à Londres dont elle dirige l'unité de recherche sur la macroéconomie mondiale[réf. nécessaire].
Ann Pettifor adhére au Green New Deal Group, un groupe d'économistes, d'écologistes et d'entrepreneurs qui publie The Green New Deal en [8]. Le groupe soutient que « le triple étau de la crise financière, du changement climatique et du pic pétrolier trouve ses origines fermement ancrées dans le modèle actuel de mondialisation. La déréglementation financière a facilité la création d'un crédit presque illimité. Ce boom du crédit s'est accompagné de modèles de prêts irresponsables et souvent frauduleux, créant des bulles d'actifs gonflées comme l'immobilier, et alimentant une consommation insoutenable sur le plan environnemental ».
Lors des élections générales de 2010,, Ann Pettifor tente de se présenter au Parlement en tant que candidate travailliste et est présélectionnée dans la circonscription de North West Durham, mais perd contre Pat Glass[9]. Elle se présente également sans succès aux élections locales pour le quartier du West End au conseil municipal de Westminster.
En tant que directrice d'Advocacy International, elle collabore avec Marie Stopes International à la conception et à la promotion de la campagne MamaYe. Cette campagne, menée dans cinq pays africains, apporte des changements vitaux pour les mères et les bébés pendant la grossesse et l'accouchement[10].
En , elle est nommée au Comité consultatif économique du Parti travailliste britannique, convoqué par le chancelier fantôme John McDonnell et dépendant du chef du Parti travailliste Jeremy Corbyn[11]. Elle déclare qu'elle espérait y jouer son rôle pour renverser le « fétichisme du déficit » du chancelier et son utilisation de celui-ci comme écran de fumée pour attaquer l'État[12]. Elle réside actuellement à Londres, en Angleterre.
Ann Pettifor contribue à l'anthologie « Labour in the City » en , lancée à la City Corporation par Alistair Darling. Elle soutient que des réformes bien plus radicales sont nécessaires pour éviter une résurgence de la crise de 2008[13],[14].
Récompenses
Ann Pettifor reçoit la reconnaissance de la ville de Callao au Pérou en 1999, pour son travail sur l'annulation de la dette du Pérou, et le Prix international de la paix Pax Christi en 2000. En 2001, elle reçoit un doctorat honorifique de Lord Patten, vice-chancelier de l'Université de Newcastle, et la même année, une maîtrise ès lettres (diplôme Lambeth) de l'archevêque de Cantorbéry. Le président du Nigeria, Olusegun Obasanjo, la nomme membre de l'Ordre du Nigeria pour son action en faveur de l'annulation de milliards de dollars de dettes des pays les plus pauvres d'Afrique[15]. En 2018, elle reçoit le prix Hannah-Arendt[16].
Travaux
Ann Pettifor est connue pour avoir correctement prédit la crise financière de 2008 dans plusieurs publications, notamment dans son livre The Real World Economic Outlook[17], ce qu'elle a résumé dans le New Statesman, dans un article publié le intitulé Coming soon: The new poor[18],[19]. Cette publication a été suivie par son livre de The Coming First World Debt Crisis[20].
- 1996 : (en) Debt, the Most Potent Form of Slavery - a Discussion of the Role of Western Lending Policies in Subordinating the Economies of Poor Countries, Debt Crisis Network, , 38 p.
- 2000 : (en) Avec Joseph Hanlon, Kicking the Habit: Finding a Lasting Solution to Addictive Lending and Borrowing and Its Corrupting Side-Effects, Jubilee 2000 Coalition, (lire en ligne).
- 2001 : (en) Avec Liana Cisneros et Alejandro Olmos, It Takes Two to Tango: Creditor Co-Responsibility for Argentina's Crisis – and the Need for Independent Resolution, New Economics Foundation, .
- 2002 : (en) Chapter 9/11?: Resolving International Debtcrises – The Jubilee Framework for International Insolvency, New Economics Foundation, (ISBN 978-1-899407-44-6).
- 2003 : (en) The Real World Economic Outlook, Palgrave Macmillan, (ISBN 978-1-4039-1794-2).
- 2006 : (en) The Coming First World Debt Crisis, Palgrave Macmillan, (ISBN 978-0-230-00784-0, présentation en ligne).
- 2008 : (en) The Green New Deal – Joined up policies to solve the triple crunch of credit crises, climate change and high oil prices, New Economics Foundation, (ISBN 978-1-904882-35-0, présentation en ligne).
- 2013 : (en) National Plan for the UK: From Austerity to the Age of the Green New Deal, New Economics Foundation, .
- 2014 : (en) Just Money: How Society Can Break the Despotic Power of Finance, Commonwealth Publishing, (ISBN 9781631731778, présentation en ligne).
- 2017 : (en) The Production of Money : How to Break the Power of Bankers, Verso, (ISBN 9781786631374, présentation en ligne).
- 2019 : (en) The Case for the Green New Deal, Verso, (ISBN 9781788738156, présentation en ligne).
- 2026 : (en) The Global Casino : How Wall Street Gambles with People and the Planet, Verso, (ISBN 9781804297254, présentation en ligne).