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Anna Amalia Bergendahl

écrivaine, philanthrope et abolitionniste néerlandaise From Wikipedia, the free encyclopedia

Anna Amalia Bergendahl, née à Amsterdam, le et morte dans la même ville le , est une philanthrope et écrivaine néerlandaise engagée dans la lutte contre l'esclavage et dans de nombreuses œuvres caritatives. Elle est notamment la fondatrice du Dames-Comité ter bevordering van de Evangelieverkondiging en de Afschaffing der Slavernij in Suriname (nl) (Comité des Dames pour la promotion de la prédication de l'Évangile et l'abolition de l'esclavage au Suriname).

Faits en bref Naissance, Décès ...
Anna Amalia Bergendahl
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Biographie

Jeunesse et famille

Anna Amalia Bergendahl est née le 24 juillet 1827 à Amsterdam. Elle est le troisième enfant d'Anna Maria Dannenberg et du danois Christian Kroppelin Bergendahl, des Luthériens réformés (en)[1],[2].

Le père travaille dans la marine marchande et emmène régulièrement sa famille lors de ses voyages. C'est ainsi que Anna Bergendahl découvre l'Angleterre, l'Allemagne, le Brésil et l'Italie. La sœur aînée d'Anna, Charlotta, est probablement née sur ce navire marchand[1].

Elle parle de des séjours à l'étranger dans plusieurs de ses œuvres, notamment dans Poezij. Album, Hare Majesteit de koningin der Nederlanden den 17 den junij 1862, in manuscript en teekeningen aanbieding[3] :

« Étais-je déjà, dès mon enfance, conduite vers la rive occidentale ; Ai-je même vécu pendant de nombreuses années, loin de la patrie ; »

Vers 1830, la famille s'installe à Amsterdam sur le Nieuwezijds Voorburgwal, où Christian Bergendahl fonde une entreprise de fabrication de voiles et de drapeaux[4].

Formation

Anna Bergendahl et sa famille sont influencées par le Réveil, un mouvement de renouveau international de la pensée et de la pratique réformées, en réaction aux Lumières, dans certaines régions d'Europe au XIXe siècle. Il est mené, aux Pays-Bas, par Willem Bilderdijk[5]. Elle fréquente les cercles du Réveil et assiste aux « conférences hivernales» hebdomadaires données par Isaäc da Costa, figure emblématique du mouvement[5]. Les dirigeants du mouvement sont très conservateurs en matière religieuse, plaçant la pensée et l'action chrétiennes au premier plan, mais plutôt progressistes sur le plan social. La charité chrétienne exige de venir en aide aux marginaux[4].

Fin de vie

En 1894, sa sœur Charlotta, avec laquelle elle vit, décède. Anna Bergendahl meurt à son tour le 20 mai 1899 à l'âge de 71 ans[1].

À la fin de sa vie, sa devise est : « Foi, Espérance et Amour »[1].

Abolitionnisme

Aux Pays-Bas, le débat sur l'esclavage ne devient vif que vers 1853. Des abolitionnistes britanniques, après avoir obtenu la fin de l'esclavage dans les colonies britanniques se consacent désormais à l'abolition de l'esclavage dans le monde entier. Le roman La Case de l'oncle Tom d'Harriet Beecher Stowe, traduit en néerlandais en 1853, a une influence considérable sur l'opinion publique ainsi que l'ouvrage du libéral Wolter Robert van Hoëvell (nl), Slaven en vrijen onder de Nederlandse we* (Esclaves et hommes libres sous le droit néerlandais) , paru un an plus tard. Des membres de la British and Foreign Anti-Slavery Society se rendent régulièrement aux Pays-Bas, où est fondée la Société néerlandaise pour la promotion de l'abolition de l'esclavage. Seuls les hommes peuvent en être membres mais, en 1855, 733 citoyennes d'Amsterdam, de domestiques aux épouses de charbonniers et d'ouvriers du bâtimen, signent une pétition exigeant l'abolition de l'esclavage, adressée au roi[5],[4].

Son enfance au Brésil est à l'origine des convictions anti-esclavagistes d'Anna Bergendahl. Elle y a fréquenté des enfants ayant connu l'esclavage et a constaté les atrocités qui y sont associées. « L'esclavage, dans toute son horreur, m'a tellement marquée que je suis aujourd'hui très heureuse de pouvoir œuvrer pour l'émancipation avec un zèle qui peut paraître étrange. (1859). »[2]. En 1841, alors qu'elle n'a que quatorze ans, elle rencontre Elizabeth Fry, une réformatrice et abolitionniste britannique venue donner une conférence à l'hôtel de Oude Doelen. Elle est fortement impressionnée par son appel pour que les femmes mettent leurs talents au service de la collectivité[4].

Avec sa sœur Charlotte, Anna Bergendahl fonde en 1855, sa propre association abolitionniste, le Dames-Comité te Amsterdam ter bevordering van de Afschaffing der Slavernij in Suriname (Comité des dames d'Amsterdam pour la promotion de l'abolition de l'esclavage au Suriname) qui devient ensuite le Dames-Comité ter bevordering van de Evangelieverkondiging en de Afschaffing der Slavernij in Suriname (nl) (Comité des Dames pour la promotion de la prédication de l'Évangile et l'abolition de l'esclavage au Suriname), dont le nom insiste sur la volonté d'évangélisation. Elle en est la directrice et la secrétaire[1],[2].

Le Comité des Dames ne participe pas aux débats politiques du mouvement abolitionniste, mais se concentre sur la libération des esclaves[1]. La collecte de fonds est l'activité principale des membre[2]. Le Comité organise également des réunions de prière publiques pour demander l'intervention divine en faveur de l'émancipation[2].

Le noyau du Comité des dames, composé de douze jeunes femmes se réunit toutes les deux semaines pour faire de la broderie. Leurs créations artisanales, ainsi que des dons provenant de tout le pays et, parfois, de la famille royale, sont vendues lors de loteries ou de bazars. L'argent récolté sert à racheter la liberté d'esclaves. Cependant, les personnes affranchies doivent rembourser le prix de leur libération au Comité, majoré d'un intérêt de 4 %, afin de permettre à d'autres de bénéficier de cette mesure. Le Comité parvient finalement à affranchir une cinquantaine de personnes, tout en se tenant à l'écart de toute transformation structurelle et politique de l'esclavage[2],[4].

L'édition de 1857 du recueil Souvenir relate les débuts de l'association[1].

L'abolitionnisme d'Ana Bergendahl est relativement paternaliste et conservateur. « D'un côté, elle critiquait l'esclavage et souhaitait l'abolir, mais de l'autre, elle agissait au sein même de ce système, par exemple en affranchissant des personnes en tant que « bienfaitrice » tout en les accablant de dettes colossales. »[2]. Cependant son engagement de femme dans un domaine politique alors réservé aux hommes est nouveau à son époque[3],[4]

Après l'abolition de l'esclavage, inscrite dans la loi en 1863, le Comité des Dames se consacre à l'aide aux orphelinats du Proche-Orient et le rachat des jeunes filles mises en gage (vendues par leurs parents pour régler une dette), une pratique encore très courante dans les régions périphériques de l'Est[4]. Anna Bergendahl dresse un bilan final des activités du comité dans « Un mot sur l'abolition imminente de l'esclavage » (1862)[1].

Œuvre caritative

A partir de 1840, Anna Bergendahl s'engage activement dans l'association caritative fondée par ses parents, la Vereeniging Hulpbetoon aan Eerlijke en Vlijtige Armoede (Association d'assistance aux pauvres honnêtes et diligents, renommée plus tard Vereeniging tot Ondersteuning van Hulpbehoevenden) qu'ils dirigent de 1840 à 1842[1]. Elle en assure le secrétariat, à partir de 1855, succédant ainsi à son frère parti au Royaume-Uni. Cette association a pour but d'aider les "personnes pauvres, honnêtes et respectueuses des lois" en leur cherchant des emplois, en effectuant des visites à domicile, veillant à la scolarisation des enfants, assurant des soins médicaux et en faisant confectionner des vêtements contre rémunération, vendus ensuite dans sa propre boutique ou distribués durant les hivers rigoureux. Elle étend progressivement son action philanthropique aux anciennes prostituées et aux alcooliques[5],[3].

En 1842, après un conflit au sein du conseil d'administration, ils quittent cette association pour en fonder une autre qui porte à nouveau le nom de Vereniging tot ondersteuning van Hulpbehoevenden. Leur engagement social a une grande influence sur Anna Bergendahl [3].

En 1855, elle publie son premier ouvrage, Souvenir, un recueil de poèmes et de prose dont les bénéfices sont reversés à l'association. C'est le premier d'une série de publications auxquelles contribuent des écrivains illustres comme Jan Jakob Lodewijk ten Kate (en), Isaäc da Costa et Hendrik Tollens, entre autres. Anna Bergendahl y publie elle-même des rapports annuels sur les œuvres caritatives qu'elle soutient et lance fréquemment des appels aux dons pour ces causes. Elle va jusqu'à indiquer sa propre adresse pour s'assurer que les dons arrivent bien à destination[1].

Anna Bergendahl soutient également un grand nombre d'autres associations caritatives, y compris à l'étranger, en Syrie, Palestine, un orphelinat de jeunes filles à Jérusalem, et collecte vêtements, nourriture et argent suite à une inondation en Suisse[3].

Anna Bergendahl fonde le Comité du vêtement (Kledingcomité) dans la première moitié des années 1860, destiné à « l'habillement, en particulier des femmes enceintes nécessiteuses ». Afin de collecter des fonds et de recruter des membres, elle publie un Guldens Jaarboek (1864), auquel contribue Mienette van der Chijs (nl). Il n'est cependant pas certain que cette association ait vraiment fonctionné[1].

Elle multiplie les activités de soutien aux associations caritatives. En plus de l'aide directe aux familles et mères, elle organise des activités de collecte de fonds comme des loteries et reverse les bénéfices de ses propres publications à des associations[1].

Œuvre écrite

Anna Bergendahl montre un grand intérêt pour la poésie et la littérature, et écrit elle-même abondamment à partir de 1855. Elle écrit et édite ses propres ouvrages et publie des articles dans des revues, comme celle de la Société néerlandaise pour la promotion de l'abolition de l'esclavage. Elle laisse de nombreux écrits tous liés à ses activités philanthropiques, destinés à les faire onnaître et à obtenir des soutiens financiers Ses écrits comprennent des appels aux dons, des rapports annuels d’organismes caritatifs, des comptes rendus d’utilisation des fonds et d'autres documents similaires, ponctués de descriptions d’injustices et de misère humaine[1],[3].

Ses poèmes sont également centrés sur l'évangélisation et la philanthropie[1].

Son activité littéraire se raréfie après 1871, année du décès de son père[1]. En 1879, elle publie un poème de circonstance à l'occasion du mariage du roi et du décès du prince Hendrik. Aucun écrit après 1800 n'a été conservé[1].

Féminisme

Anna Bergendahl est une figure paradoxale. Son engagement politique et son appartenance au féminisme font débat. La chercheuse Suzanne Agterberg estime que son engagement social, son souci de venir en aide aux plus démunis, relèvent du féminisme. Par les postes importants qu'elle occupe au sein de l'Association et du Comité et son rôle dans la lutte contre l'esclavage, elle fait figure d'exception. Suzanne Agterberg considère qu'Anna Bergendahl est même en avance sur le mouvement féministe de son époque. « Il est exceptionnel qu'une femme de la première génération et de la première phase du féminisme ait écrit aussi ouvertement, sous son propre nom, sur les injustices du monde. Ces caractéristiques relèvent davantage d'une phase ultérieure du féminisme, le mouvement des femmes. »[3],[2].

Publications (sélection)

  • (nl) Souvenir,
  • (nl) Jaarboekje Christelijke Weldadigheid [« Annuaire de la charité chrétienne »], plusieurs éditions de 1859 à 1863 . La troisième édition de 1861 contient la notice nécrologique pour Isaäc da Costa[1].
  • (nl) Een woord bij de aanstaande afschaffing der slavernij [« Un mot sur l'abolition imminente de l'esclavage »],
  • (nl) De godsdienst-oefening voor de weeskinderen der hervormde gemeente te Amsterdam in de Oude Kerk, ’s zondagsmorgens te 8 1/2 ure [« Service religieux pour les orphelins de la congrégation réformée d'Amsterdam dans la vieille église, le dimanche matin à 8h30 »],
  • (nl) Andere voorbeden bevorderlijk tot ons geluk [« Autres intercessions propices à notre bonheur »],
  • (nl) De watersnood in Zwitserland, 27-28 september 1868 (1868 [« Les inondation en Suisse, 27-28 septembre 1868 »],
  • (nl) Gelegenheids- en andere gedichten [« Poèmes occasionnels et autres »],
  • (nl) In den winter van 1879 en 1880: het ijsvermaak, armoede, brand en watersnood [« L'hiver 1879-1880 : divertissements sur glace, pauvreté, incendie et inondation »],
  • (nl) Helpt elkaâr; eene opwekking tot onderlinge en algemeene hulpvaardigheid [« Entraidez-vous ; une exhortation à l'entraide et à la solidarité »],

Voir aussi

Liens externes

Références

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