Anna Bahr-Mildenburg
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Anna Bellschan von Mildenburg, puis Anna Bahr-Mildenburg[1], née à Vienne le et morte le , est l'une des plus célèbres soprano wagnériennes. De nationalité autrichienne, elle fut la protégée de Gustav Mahler à l’opéra d'État de Hambourg puis (à partir de 1898) à l’opéra de Vienne, où elle s'imposa finalement comme une cantatrice de classe internationale.
Née en 1872 à Vienne[2], Anna von Mildenburg étudie la diction et le chant au Conservatoire de l'Association des amateurs de musique de cette ville[2], sous la direction de Rosa Papier et de Johannes Ress, puis bénéficie de cours privés de Cosima Wagner et de Mahler (dont elle sera l'amante[3] jusqu'en 1897).
Elle monte sur scène en 1895 à Hambourg, avec le rôle de Brunehilde dans L'Anneau du Nibelung[2], sous la baguette de Mahler. En 1897, elle interprète le rôle de Kundry dans Parsifal au festival de Bayreuth, puis celui d’Ortrud (dans le registre de mezzo-soprano) dans Lohengrin[2]. Cosima Wagner, la veuve du compositeur, devient son mentor à Bayreuth, et fait en sorte qu'Anna interprète les principaux rôles de soprano du festival jusqu'à la Première Guerre mondiale en 1914[2].
Elle se produit pour la première fois au prestigieux Opéra de la Cour de Vienne le , avec une interprétation de Brunehilde dans La Walkyrie sous la baguette de Hans Richter. Mahler lui obtient un contrat et très vite le succès se confirme : dès sa première saison, elle reçoit 14 000 florins[4]. Sa renommée à l'opéra égale bientôt celle de Mahler lui-même, qui est le directeur artistique de l'institution. Elle se produit à l'opéra de Vienne sans interruption jusqu'en 1917[2], et apparaît encore pour la saison musicale 1919-1920[2]. Sa plus célèbre interprétation est celle d’Iseult dans la production de Mahler[2].
Au-delà de Vienne, Anna von Mildenburg est acclamée à la Royal Opera House de Londres (Covent Garden), où elle interprète Iseult et Elizabeth dans Tannhäuser (1906), puis Clytemnestre dans la première londonienne de l’Électre de Richard Strauss[2]. Son répertoire ne se limite cependant pas à Strauss et Wagner : on la verra se produire dans Fidelio de Beethoven, Norma de Bellini, Don Juan de Mozart et Obéron de Weber tout au long de sa carrière[2].
De 1922 à 1927, elle est également invitée au festival de Salzbourg, où elle interprète entre autres l'adaptation théâtrale de Das Salzburger grosse Welttheater d’Hugo von Hofmannsthal[2]. Après sa retraite de cantatrice, elle enseigne le chant et l'interprétation scénique à Munich[2], où elle a pour élèves Lilian Benningsen, Fritz Schaetzler, Sena Jurinac et le célèbre ténor wagnérien Lauritz Melchior (1922). À partir de 1929, elle enseigne le chant et la diction à l'Académie d'été du Mozarteum de Salzbourg[2]. Elle revient brièvement à la scène à Augsbourg en 1930 où elle chante une dernière fois la partie de Clytemnestre. Les contraintes de la Seconde Guerre mondiale mettent un terme à son enseignement.
Anna Bahr-Mildenburg s'éteint en 1947, à 75 ans[2],[5]. Elle est inhumée aux côtés de son mari, le dramaturge et critique autrichien Hermann Bahr, dans l'une des plus belles sépultures du cimetière de Salzbourg.