Antoine Garapon

juriste français From Wikipedia, the free encyclopedia

Antoine Garapon, né le à Caen, est un essayiste et magistrat français. Il est connu du grand public pour ses ouvrages et émissions radiophoniques traitant du droit et de la justice.

Faits en bref Président Commission Reconnaissance et Réparation, depuis 2021 ...
Antoine Garapon
Antoine Garapon en 2024.
Fonctions
Président
Commission Reconnaissance et Réparation
depuis
Directeur de la rédaction
Esprit
avec Jean-Louis Schlegel
-
Marc-Olivier Padis (d)
Anne-Lorraine Bujon de l'Estang (d)
Secrétaire général
Institut des hautes études sur la Justice
-
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (73 ans)
CaenVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Conjoint
Claire Horeau-Garapon (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Membre de
Distinction
Prix du cercle Montesquieu (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
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Docteur en droit, il a été le secrétaire général de l'Institut des hautes études sur la Justice[1] jusqu'en 2020.

Antoine Garapon est président de la Commission Reconnaissance et Réparation créée à l’automne 2021 par les congrégations religieuses après la publication du « rapport Sauvé » pour les victimes de religieux et de religieuses[2],[3].

Carrière professionnelle

Issu d’une famille d’universitaires[réf. souhaitée], Antoine Garapon se tourne vers le droit au cours de la période faisant suite à Mai 68. Alors qu’il se définit à cette époque comme « militant tiers-mondiste engagé aux côtés des immigrés et de leurs droits », il voit dans le droit une « perspective séduisante pour réaliser un désir d’engagement »[4].

Après une maîtrise de droit privé à l'université Jean-Monnet de Sceaux et un DEA à l'université Paris II, puis une thèse soutenue en 1982 sur le rituel judiciaire, Antoine Garapon entre à l'École nationale de la magistrature en 1976. Il est nommé juge des enfants à Valenciennes (1980-1982) puis à Créteil (1983-1990)[1]. Il est ensuite maître de conférences à l'École nationale de la magistrature (1990-2001).

Il est mis à la disposition, en tant que secrétaire général, de l'Institut des hautes études sur la Justice à compter du [1]. En , il défend notamment l'IHEJ lors d'un grand entretien à la revue J'essaime... pour une autre justice, publiée par le Syndicat de la magistrature[5].

En , il est nommé magistrat en hors-hiérarchie à l'Inspection générale des services judiciaires, en tant qu'inspecteur-général adjoint mis à la disposition de l'Institut des hautes études sur la justice.

Dans l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2017 qui oppose Emmanuel Macron à Marine Le Pen, ce proche du Parti socialiste qui a été membre du conseil d'orientation scientifique de Terra Nova[6], cosigne avec d'autres magistrats une tribune appelant à voter pour Emmanuel Macron contre le Front national[7]. Par arrêté du , il est mis à la retraite, tout en étant maintenu en activité à titre exceptionnel[8].

De 2018 à 2021, il est membre de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église (Ciase)[9] dirigée par Jean-Marc Sauvé. Au sein de la commission, il co-dirige avec Alice Casagrande le groupe de travail « victimes et réparation », et est à l'initiative de la création d'un « groupe miroir » composé de représentants d'associations de victimes[10].

À la suite de la publication du rapport de la Ciase, il est désigné en novembre 2021 par la Conférence des religieux et religieuses de France comme président de la Commission indépendante reconnaissance et réparation, chargée de mettre en œuvre des dispositifs de médiation et de justice restauratrice pour les victimes d'abus sexuels commis dans des congrégations religieuses[11],[12]. En sa qualité de président de la CIRR, Antoine Garapon est auditionné devant la commission compétente de l'Assemblée nationale le 20 mars 2025 pour rendre compte de l'avancement des travaux de réparation à l'égard des victimes d'abus sexuels dans l'Église[13].

En 2025, A. Garapon publie Pour une autre justice - La voie restaurative[14]. Il y propose une théorie de la justice fondée sur la réparation des victimes plutôt que sur la seule punition des auteurs, s'appuyant notamment sur son expérience au sein de la CIASE et sur des crimes jugés « insolubles » par la justice pénale ordinaire (inceste, abus sexuels par des clercs, crimes de masse) la justice restaurative comme « accomplissement »[15]. L'ouvrage développe une conception de la justice qui ne se limite plus au rétablissement de l'ordre public par la condamnation du délinquant, mais vise à « reconstruire les personnes et le lien social ». Garapon y insiste sur le fait que la justice restaurative « part de la victime », lui restitue la parole et lui permet de « se convertir en héros de sa propre vie », là où la justice pénale reste centrée sur l'auteur[16].

Auteur, éditeur, conférencier et animateur de radio

Il est l'auteur de plus de trente ouvrages consacrés au droit et à la justice. Il explique ainsi son engagement intellectuel.

À compter de 2005, il a animé sur France Culture l'émission Le Bien commun, devenue en 2014 Esprit de justice. Il dirige la collection Bien commun aux Éditions Michalon et fait partie du comité éditorial de la revue Esprit. Depuis 2016, il anime l'émission Le Bien commun sur la radio Amicus Radio[17] qu'il a cofondée. Il anime de nouveau l'émission Esprit de justice sur France Culture depuis 2020[18].

A. Garapon donne régulièrement des conférences autour de l'actualité juridique et à l'occasion de la publication de ses ouvrages. Le 30 janvier 2026, le Collège de droit de l'Université Assas l'accueille pour une conférence intitulée « Le tournant réparatif de la justice », consacrée aux nouvelles formes de justice qui entendent répondre à des attentes auxquelles la justice pénale classique « ne paraît constitutivement pas à même d'assumer »[19]. En mars 2026, il intervient lors d'un colloque organisé par la faculté de droit d'Assas, « La voie restaurative : pour une autre justice criminelle »[20].

Publications

  • 2025 : Pour une autre justice - La voie restaurative, Paris, PUF
  • 2021 : Le numérique contre le politique ; crise de l’espace et reconfiguration des médiations sociales, avec Jean Lassègue, Paris, PUF
  • 2018 : Justice digitale : révolution graphique et rupture anthropologique, avec Jean Lassègue, Paris, Presses universitaires de France
  • 2010 : Le gardien des promesses : le juge et la démocratie, Paris, Odile Jacob
  • 2010 : La raison du moindre état : le néolibéralisme et la justice, Paris, Odile Jacob
  • 2008 : Imaginer la loi : le droit dans la littérature, Paris, Michalon
  • 2008 : Peut-on réparer l'histoire ? Colonisation, esclavage, Shoah, Paris, Odile Jacob
  • 2008 : Les vertus du juge, Paris, Dalloz
  • 2007 : Imaginer la loi, Paris, Michalon
  • 2006 : Les nouvelles sorcières de Salem : leçons d'Outreau, Paris, Le Seuil
  • 2005 : Les juges dans la mondialisation : la nouvelle révolution du droit, Paris, Le Seuil
  • 2005 : Les démocraties face au terrorisme, s.l., s.n.
  • 2003 : Juger en Amérique et en France : culture juridique française et common law, Paris, Odile Jacob
  • 2003 : Les juges, un pouvoir irresponsable ? (ouvrage collectif), Paris, Nicolas Philippe
  • 2002 : Des crimes qu'on ne peut ni punir ni pardonner : pour une justice internationale, Paris, Odile Jacob
  • 2001 : Et ce sera justice : punir en démocratie, Paris, Odile Jacob
  • 2000 : Quelle autorité ? : une figure à géométrie variable, Paris, Autrement
  • 1999 : Les politiques de la haine, Paris, Esprit
  • 1999 : Le bien commun, Paris, Michalon
  • 1999 : Kosovo : un drame annoncé, Paris, Michalon
  • 1998 : L'accès au droit en Guyane, Petit-Bourg Guadeloupe, Ibis Rouge Éd. [colloque tenu à Cayenne les 22 et ]
  • 1997 : Bien juger : essai sur le rituel judiciaire, préface de Jean Carbonnier, Paris, Odile Jacob
  • 1997 : La justice et le mal, Paris, Odile Jacob
  • 1996 : Le gardien des promesses : justice et démocratie, Paris, Odile Jacob
  • 1996 : La République pénalisée, Paris, Hachette
  • 1995 : Carnets du Palais : regards sur le Palais de justice de Paris, Paris, Albin Michel
  • 1995 : La justice des mineurs : évolution d'un modèle, Paris, L.G.D.J. & Bruxelles, Bruylant
  • 1994 : Justice et médias : une alchimie douteuse, Paris, Fondation Saint-Simon
  • 1989 : Rapport de mission : Slovénie : Ljubljana, 25-, avec Louise Christian et Wilfried Blaschnek, Paris, Fédération internationale des droits de l'homme.
  • 1985 : L'âne portant des reliques : essai sur le rituel judiciaire, préface de Jean Carbonnier, Paris, Le Centurion
  • 1982 : Le rituel judiciaire : étude de sociologie juridique sur les formes symboliques du droit, thèse de doctorat de droit privé, [s.l.], [s.n.]

Notes et références

Liens externes

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