Le baron Antoine Laurent de Jacquier de Rosée[1], né le à Chalon-sur-Marne et mort le au château d'Anthée, est un industriel et homme politique qui a vécu successivement sous les régimes autrichien, français et hollandais.
Seigneur de Rosée, du ban d'Anthée, de Fontaine, Flavion, Gochenée, et d'autres lieux, pair d'Hierges, Antoine Laurent de Jacquier de Rosée naquit le à Châlons-sur-Marne[2]. Il n'avait que 17 ans lorsque survint le décès de son père. Il bénéficia du fidéicommis couvrant les biens féodaux de ses ascendants et s'avéra un véritable capitaine d'industrie, donnant aux entreprises familiales un essor important en établissant notamment de nouvelles usines à cuivre et à laiton. Comme le travail mécanique de ce métal était inconnu dans le pays, il se procura les compétences et connaissances nécessaires en Angleterre. Il fit venir des ouvriers d'Angleterre, notamment un certain Jean-Jacques Maus, d'origine namuroise, qui y avait travaillé pendant plus de 20 ans et qui en avait rapporté les connaissances utiles à la construction de laminoirs et de fourneaux "à l'anglaise" infiniment plus économiques pour le traitement du cuivre.
Il obtint des Conseils d'État siégeant à Bruxelles et à Versailles les octrois nécessaires à l'établissement de ses usines dans la province de Namur et dans la région de Givet ainsi que la faculté de se procurer du cuivre de Hongrie et la calamine pour l'alliage. Ses initiatives en vue d'établir des manufactures de cuivre près de Givet reçurent l'appui des Conseillers du Roi de France Louis XV. Et effet, les vaisseaux de la marine royale avaient leur carène doublée de cuivre parce que la ductilité de ce métal, susceptible d'une infinité de formes sous lesquelles il résiste à l'action du feu, lui assurait une préférence vis-à-vis des autres métaux.
Antoine-Laurent fit construire à Landrichamps, près de Givet, sur la rivière appelée la Houille, des bâtiments industries et y érigea des laminoirs, batteries et tréfileries selon la technique anglaise.
Le , un octroi lui fut accordé par le roi de France Louis XVI pour l'établissement de batteries, tréfileries et fenderies de cuivre dans le Hainaut français. Le , un autre octroi, cette fois de l'Empereur Joseph II, lui fut accordé pour l'érection d'une batterie et fonderie du cuivre à l'emplacement de l'une de ses forges, dans sa terre d'Anthée.
Adaptant avec maîtrise ses activités industrielles aux bouleversements économiques issus de la Révolution française, il fonda des manufactures nouvelles et propagea bien loin le renommée de ses activités, entretenant des relations commerciales avec des hommes d'affaires français, hollandais, allemands, suédois et même russes.
En 1803, il présida l'assemblée du canton de Florennes, mis en place par le pouvoir français. Il fut ensuite désigné pour représenter le département de Sambre-et-Meuse au sénat conservateur français[3].
Après la constitution du Royaume des Pays-Bas, la reconnaissance de noblesse et du titre de baron lui fut délivrées en 1816. Il fut appelé à siéger au Corps Equestre de la province de Namur, dont il resta membre jusqu'à la fin de sa vie.
Notes et références
↑ Cécile Douxchamps-Lefèvre, Antoine Laurent de Jacquier de Rosée, Nouvelle biographie nationale, tome 1, 1988, pp. 47-49.
↑ Clément de Rosée, Les Jacquier de Rosée, 1998, p. 95-97
↑ A. ROBERT et G. COUGNY, Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889