Antonio González Pacheco intègre le Cuerpo General de Policía, où il est le bras droit du commissaire Roberto Conesa dans la Brigada Político-Social durant la dictature franquiste[2]. Il se fait vite connaître pour les raclées et les mauvais traitements qu'il inflige aux détenus pendant les interrogatoires au siège de la Direction Générale de Sécurité[3]. Ce n'est qu'en 1974 qu'un tribunal le condamne à une amende pour les contraintes et mauvais traitements infligés au journalistePaco Lobaton. L'ancien parlementaire régional José Luiz Uriz a pu montrer son implication dans la mort de l'étudiant Enrique Ruano, assassiné en 1969 dans des circonstances jamais totalement éclaircies[4].
À partir de 1977, en plein processus de la transition démocratique, il devient inspecteur du Cuerpo Superior de Policía qui succède au Cuerpo General de Policía, et est intégré dans la nouvelle Brigada Central de Información, après la disparition de la Brigada Político-Social. A cette époque il se distingue dans la lutte antiterroriste contre le GRAPO, en particulier par la libération du président du Conseil d'État, Antonio María de Oriol, qui avait été pris en otage par ce groupe. En juillet de la même année, le ministre de l'Intérieur Rodolfo Martín Villa lui décerne la médaille d'argent au Mérite Policier. Trois autres médailles s'y ajoutent par la suite[5].
En 1981 il est muté au Commissariat Général de Police Judiciaire, ce qui a été interprété comme une mesure destinée à «essayer d'améliorer l'image de la Brigada Central de Información»[6]. Peu après, en 1982, il abandonne la police et dès lors commence à travailler comme chef de sécurité pour des entreprises privées, par exemple Renault Espagne. Il monte également une entreprise de sécurité et information avec le soutien de sa femme, et est impliqué dans le Cas Villarejo, un cas de corruption politique et d'entreprises. Son entreprise réussit à facturer 1,9 million d'euros entre 2002 et 2016[7].
Le la juge argentine María Servini émet un mandat d'arrêt international contre lui et quatre autres anciens membres des forces de sécurité franquistes[4]. La justice argentine le recherche pour un délit de tortures commis contre treize personnes entre 1971 et 1975, sur la base d'une plainte déposée par d'anciens opposants à la dictature franquiste. Dans la perspective d'une possible extradition, le l'Audience Nationale lui retire son passeport et lui ordonne de se présenter chaque semaine au siège judiciaire[8],[9]. En l'Audience Nationale rejette l'extradition de González Pacheco, en faisant valoir que les délits de tortures étaient «largement prescrits», en opposition au raisonnement juridique de la magistrate Servini[10].
Le , l'Association pour la Récupération de la Mémoire Historique demande au Ministère de l'Intérieur que lui soit retirée la médaille au mérite policier décernée en 1977, demande qui est rejetée par le ministre Juan Ignacio Zoido[11],[12]. Toutefois, après le changement de gouvernement, le nouveau ministre Fernando Grande-Marlaska décide de réétudier la demande[13].
Amateur d'athlétisme, il participe à plusieurs marathons, tels celui de New York ou celui de Madrid[14].
Le un tribunal de Madrid enregistre la plainte présentée par Miguel Ángel Gómez, représenté par la plate-forme de victimes du franquisme CEAQUA, pour le délit de crime contre l'humanité[15].
Il meurt dans la clinique saint François d'Assise de Madrid à 73 ans le , du COVID-19 pendant la pandémie de 2020[16]. Après son décès, la Chambre des députés décide de lui retirer les médailles qui lui avaient été décernées tout au long de sa carrière de policier. Cette décision est approuvée avec les votes suivants: 207 pour, 57 contre et 86 abstentions, et accompagnée du texte: «La proposition appelle le Gouvernement à "révoquer de façon effective les décorations et récompenses accordées par l'État à des fonctionnaires et des autorités de la dictature franquiste qui, avant ou après leur attribution, eussent réalisé des actes ou fait preuve de comportements manifestement incompatibles avec les valeurs démocratiques et les principes de protection des Droits Humains»[17].
Dans la fiction
Le personnage de Cisko Kid, interprété par Alberto Alonso López, du film Les Sept Jours de janvier (1979), est basé sur Antonio González Pacheco[18].
Dans la saison 9 de Cuéntame cómo pasó, interprété par Juli Fábregas, il apparaît interrogeant Toni Alcántara lorsque la Police Franquiste découvre de la propagande communiste dans son portefeuille.
↑(es) Diego Fonseca, «Billy el Niño, acusado de torturas durante el franquismo, cobra un plus en su pensión por una medalla policial», El País, (lire en ligne)
↑(es) «Zoido cuestiona los testimonios de las víctimas de ‘Billy el Niño’ en un tenso intercambio con Iglesias», El País, (lire en ligne)
↑(es) Natalia Junquera, «El Gobierno se moviliza para retirar la medalla con pensión a Billy El Niño», El País, (lire en ligne)