Antonio Kébreau

général haïtien From Wikipedia, the free encyclopedia

Antonio Thrasybule Kébreau, né à Port-au-Prince le et mort le à Pétionville, est un général et homme d'État haïtien qui fut chef d'état-major de l'Armée puis président du Conseil militaire de gouvernement (chef d’État par intérim) entre le et le .

PrédécesseurDaniel Fignolé (président de la république)
SuccesseurFrançois Duvalier (président de la république)
PrédécesseurLéon Cantave
SuccesseurMaurice P. Flambert
Faits en bref Fonctions, Président du conseil militaire de gouvernement d’Haïti ...
Antonio Kébreau
Illustration.
Antonio Kébreau en 1957.
Fonctions
Président du conseil militaire de gouvernement d’Haïti

(4 mois et 8 jours)
Prédécesseur Daniel Fignolé (président de la république)
Successeur François Duvalier (président de la république)
Chef d'état-major de l'Armée d'Haïti

(9 mois et 15 jours)
Prédécesseur Léon Cantave
Successeur Maurice P. Flambert
Biographie
Nom de naissance Antonio Thrasybule Kébreau
Date de naissance
Lieu de naissance Port-au-Prince (Haïti)
Date de décès (à 53 ans)
Lieu de décès Pétion-Ville, Haïti
Conjoint Marie Yvonne Charles
Profession Militaire (général de brigade)

Image illustrative de l’article Antonio Kébreau
Présidents de la République d'Haïti
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À la suite de la destitution du président en exercice, Daniel Fignolé, contraint à l'exil moins de trois semaines après son entrée en fonction, Kébreau forme le un Conseil militaire de gouvernement qu'il préside, assisté par les colonels Émile Zamor et Adrien Valville. Il organise en des élections générales qui permettent à un ancien ministre du gouvernement de Dumarsais Estimé, le docteur François Duvalier, d'être élu à la présidence de la République. Le conseil se dissout à l'arrivée au pouvoir de Duvalier, le , quatre mois plus tard.

Sous le régime duvaliériste, Kébreau est nommé ambassadeur à l'étranger. Il meurt le . Certaines sources estiment qu'il a été empoisonné sur les ordres de Duvalier[1].

Carrière militaire

Né à Port-au-Prince en 1909, il fait ses études au Petit Séminaire Collège Saint-Martial avant s'engager dans l'armée et d'entrer à l'Académie militaire à 21 ans. C'est là qu'il fait la connaissance de Paul Magloire, futur général et président de la République, avec lequel il se lie d'amitié. Sous la présidence de ce dernier, Kébreau est fait capitaine. En 1956, il devient colonel puis général. À la suite de la démission de Paul Magloire et de l'amnistie décrétée en 1956, Kébreau est nommé commandant du département militaire du Sud. Un climat d'agitation sociale et d'instabilité politique s'ensuivit entre et , cinq gouvernements provisoires se succédèrent, le parlement fut dissous et des factions de l'armée continuèrent à s'affronter[2].

Coup d'État

Kébreau (au centre) avec deux membres du conseil militaire de gouvernement en 1957.

Daniel Fignolé, président provisoire de la République depuis le , est renversé le par une junte militaire qui a exigé sa démission et l'a fait embarquer dans la nuit à bord d'une unité de garde-côte vers les États-Unis. Le général Kébreau, chef d'état-major de l'armée depuis la destitution du général Cantave, a donné lecture d'une proclamation annonçant la prise de pouvoir par un comité exécutif militaire dont il est le président. Ses deux autres membres sont le colonel Émile Zamor et le lieutenant-colonel Adrien Valville. Les titulaires des départements ministériels sont tous des militaires. L'état de siège est déclaré sur tout le territoire haïtien.

Le général Kébreau a déclaré que la mission du comité exécutif militaire est de ramener à tout prix le calme et la paix dans le pays, puis d'organiser des élections libres[3].

Élection de 1957

Candidat présidentiel aux élections qui devaient avoir lieu en avril, puis reportées au , Fignolé était soupçonné de vouloir se passer de la consultation et s'assurer le pouvoir en s'appuyant sur les masses populaires de la capitale parmi lesquelles sa popularité est grande et que ses discours démagogiques enflamment rapidement. Ce sont ces entreprises que les militaires, certainement approuvés par les candidats présidentiels rivaux de Fignolé, ont voulu déjouer.

Le candidat du PUN, François Duvalier fit campagne avec un programme populiste qui visait à flatter la majorité noire en s'appuyant sur une stratégie noiriste opposée à l'élite des mulâtres représenté par Louis Déjoie. Le gouvernement Kébreau soutient le programme nationaliste et favorise la victoire de Duvalier.

Le candidat communiste, Clément Jumelle, accusa l'armée de favoritisme et retira sa candidature juste avant l'élection. Il recueillit néanmoins près de 10 000 voix. Les élections présidentielles furent organisées le par Kébreau. François Duvalier fut élu avec 69,1 % des voix, son principal adversaire Louis Déjoie ne recueillant que 28,3 %.

À la suite de l'investiture du nouveau président François Duvalier, Louis Déjoie dut s'exiler à Cuba, Clément Jumelle prit le maquis pendant deux ans puis se réfugia à l'ambassade de Cuba où il mourut le [4], enfin l'ancien président Paul Magloire fut également contraint de s'exiler.

Duvaliérisme et mort

Après son installation au pouvoir le , Duvalier nomma Kébreau pour un mandat de six ans à la tête de l'Armée haïtienne.

Dès le départ, François Duvalier imposa une politique répressive en éloignant les officiers peu fiables de l’armée, en interdisant les partis d’opposition, en instaurant l'état de siège et en exigeant du Parlement l’autorisation de gouverner par décrets (). Le , il prononça la dissolution du Parlement.

Quelque temps après, Duvalier demanda à Kébreau de procéder à l'arrestation de vingt officiers soupçonnés de trahison. Mais ce dernier refusa et, le , il fut limogé et remplacé à la tête de l'Armée par Maurice Flambert.

Néanmoins, Kébreau, partisan de la politique duvaliériste, est nommé ambassadeur au Vatican par Duvalier en . En 1961, il devient ambassadeur d'Haïti en Italie[5]. Un an après, il revient en Haïti où il est reçu avec faste au Palais national par la famille Duvalier. Le lendemain, le , Kébreau meurt à Pétionville. Cinq jours plus-tard, Kébreau reçut des obsèques nationales en présence des dirigeants de l'Armée et de la famille Duvalier. Certains soupçonnent François Duvalier d'avoir fait éliminer son ancien allié, jugé trop menaçant pour son propre pouvoir.

Notes et références

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