Anzukko

film japonais de Mikio Naruse sorti en 1958 From Wikipedia, the free encyclopedia

Anzukko (杏っ子?) est un film japonais réalisé par Mikio Naruse, sorti en 1958[1]. C’est une adaptation du roman autobiographique homonyme de Saisei Murō paru en 1957.

Titre original 杏っ子
Réalisation Mikio Naruse
Faits en bref Titre original, Réalisation ...
Anzukko
Titre original 杏っ子
Réalisation Mikio Naruse
Scénario Mikio Naruse
Sumie Tanaka
Saisei Murō (roman)
Acteurs principaux Sō Yamamura
Kyōko Kagawa
Isao Kimura
Keiju Kobayashi
Sociétés de production Tōhō
Pays de production Drapeau du Japon Japon
Genre drame
Durée 109 minutes
Sortie 1958

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

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Synopsis

L'histoire se déroule sur une dizaine d'années à partir de 1947, dans le Japon de l'après-guerre. Deux ans après la fin du conflit, l'écrivain à succès Heishirō Hirayama mène une vie modeste dans la station de villégiature d'altitude où il s'est réfugié pendant la guerre, avec sa femme Rieko, sa fille Kyōko — surnommée Anzukko, « l'enfant-abricot »[N 1] — et son fils Heinosuke. Ryōkichi, qui répare des postes de radio tout en écrivant des romans, vient régulièrement en aide à la famille ; épris de Kyōko, il n'ose se déclarer, intimidé par le renom de Heishirō. Ses parents présentent à Kyōko plusieurs prétendants, à qui elle fait découvrir les environs à vélo ; après une série d'entrevues elle finit par épouser Ryōkichi, qu'elle connaît déjà, et le couple s'installe à Hongō, à Tokyo.

En 1950, trois ans plus tard, Ryōkichi, qui rêve de devenir écrivain, écrit des textes qu'il ne parvient jamais à vendre, boit chaque jour et refuse tout emploi stable. Kyōko vend son trousseau pour subvenir aux besoins du ménage. Heishirō recommande son gendre à un éditeur de connaissance, mais le manuscrit est rejeté pour son manque de maturité. Voyant leur détresse, il offre au couple le pavillon attenant à sa propre maison. Rongé par un sentiment d'infériorité face à son beau-père, Ryōkichi reporte son ressentiment sur Kyōko, à qui il reproche d'être la fille de Heishirō ; les disputes se multiplient. Pendant ce temps, Heinosuke épouse Risako, une jeune femme intéressée qui le mène par le bout du nez, ce que Heishirō observe en silence comme une façon de vivre en couple.

Le ressentiment de Ryōkichi ne cesse de croître. Lors de la visite de Suga, un disciple de Heishirō, une querelle éclate autour d'un verre : ivre, Ryōkichi finit par saccager le jardin que Heishirō entretenait avec soin. Le couple quitte alors la maison familiale et s’installe au premier étage d’une pension modeste. Kyōko revient régulièrement passer quelques jours chez ses parents pour fuir le comportement de son mari, mais finit toujours par retourner auprès de lui.

Le film se clôt sur Kyōko de dos marchant le long d'une route vers « l'abîme de l'effondrement conjugal, sans soulagement en vue »[2].

Fiche technique

Distribution

  • Kyōko Kagawa : Kyōko Hirayama (surnommée Anzukko[N 1])
  • Sō Yamamura : Heishirō Hirayama, son père
  • Shizue Natsukawa : Rieko Hirayama, sa mère
  • Hiroshi Tachikawa (ja) : Heinosuke Hirayama, son frère (crédité Yōichi Tachikawa)
  • Isao Kimura : Ryōkichi Urushiyama, le mari de Kyōko
  • Chieko Nakakita : Sumiko, la sœur de Ryōkichi
  • Nobuo Nakamura : Toshio Yagihara, un éditeur ami de Heishirō
  • Keiju Kobayashi : Shigeru Tayama, un ami de Ryōkichi (usurier)
  • Daisuke Katō : Takeo Suga, un poète vagabond
  • Natsuko Kahara : Enko Murai, une voisine
  • Sadako Sawamura : Mme Hatoi, une voisine
  • Kenji Sahara (en) : le fils de Mme Hatoi, l’ex-partenaire de tennis de Kyōko
  • Hiroshi Hayashi (ja) : le professeur Satō (un intermédiaire)
  • Minoru Chiaki : Saburō Yoshida
  • Teruko Mita : Sachiko Yoshida
  • Yū Fujiki : Okada, un prétendant
  • Yoshio Tsuchiya : Ijima, un prétendant
  • Mina Mitsui : Risako Yamamoto, une amie de la famille Hirayama qui épouse Heinosuke
  • Michiko Kawa (ja) : une amie de Kyōko

Adaptation

Le film est adapté du roman Anzukko de Saisei Murō, un récit largement autobiographique dont les modèles sont l'écrivain lui-même et sa fille Asako Murō. Le roman parut d'abord en feuilleton dans l'édition du soir du Tokyo Shimbun, en 271 livraisons, du 19 novembre 1956 au 18 août 1957, avant d'être publié en volume par Shinchōsha en octobre 1957 ; il valut à son auteur le 9ᵉ prix Yomiuri de littérature (catégorie roman), décerné en janvier 1958. Le scénario fut coécrit par Sumie Tanaka et Mikio Naruse, qui avait déjà porté à l'écran une œuvre de Murō avec Frère aîné, sœur cadette en 1953. Tandis que le roman embrasse aussi la première moitié de la vie de Heishirō — sa naissance illégitime et sa vocation d'écrivain —, le film se concentre sur le parcours conjugal de Kyōko ; le roman mène le couple jusqu'au divorce, là où le film s'achève sur les retours répétés de Kyōko auprès de son mari.

Réception critique — l'analyse de Catherine Russell

Dans The Cinema of Naruse Mikio (en), Catherine Russell porte sur Anzukko un jugement sévère : elle y voit l'un des films les plus faibles d'une période pourtant tenue pour celle des chefs-d'œuvre de Naruse, le travail d'un cinéaste de studio « assurant le service minimum » sur une commande. Russell insiste aussi sur l'enjeu de classe : l'« écriture » qui obsède le gendre comme le beau-père ne relève pas d'une production intellectuelle mais d'une métaphore du loisir bourgeois auquel le mari aspire en vain ; elle relève de même un motif consumériste — le haut-parleur vantant le « bonheur en conserve » de la marque Maruniya — comme signe de l'effacement des formes anciennes de culture populaire, désormais réservées aux riches, le sort contraint de l'héroïne se nouant à cette mutation du quotidien japonais d'après-guerre. Sur le plan formel, elle tient les paysages et l'élégante maison familiale pour les rares atouts visuels — qui auraient gagné à un format plus large —, mais juge le style par ailleurs statique, sans les ellipses révélatrices de Le Cœur d’une épouse ni les configurations spatiales de Au gré du courant, et le ton « implacablement sombre » en dépit de quelques notes d'humour dues aux seconds rôles (Daisuke Katō, Keiju Kobayashi, Chieko Nakakita)[2]. Catherine Russell, The Cinema of Naruse Mikio (en), 2008

Russell juge le dénouement le plus décevant de tous : Kyōko retourne auprès d'un mari dont rien n'annonce qu'il changera, et son propre père l'encourage à persévérer dans cette union sans issue. Elle s'arrête sur les dernières répliques échangées entre les parents — à sa femme qui observe que « c'est ainsi que les femmes sont perdantes », Heishirō répond que « les hommes aussi perdent, mais les femmes perdent toute leur vie, tandis que les hommes perdent en un instant » — et y lit l'idée que la fille est vouée au malheur quelle que soit l'issue de son mariage, là où le mari, lui, conserve une chance de bonheur tant qu'il ne perd pas son épouse[2]. Catherine Russell, The Cinema of Naruse Mikio (en), 2008

Notes

  1. Le titre joue sur le prénom de l'héroïne, 杏子 (Kyōko) : le caractère 杏 signifie « abricot » (anzu), d'où le surnom 杏っ子 (Anzukko), « l'enfant-abricot ».

Références

Liens externes

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