Apocalypse de Paul
texte apocryphe du 4e siècle
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L’Apocalypse de Paul est un texte apocryphe chrétien du IVe siècle–Ve siècle portant sur une vision de Paul du paradis et de l'enfer. Il est aussi connus sous le nom de Visio Sancti Pauli.

Description
Il se pourrait que ce texte soit une extension plus élaborée et réarrangée de l’Apocalypse de Pierre, et est essentiellement une description d’une vision du ciel et de l’enfer[1].
Le texte étend l’Apocalypse de Pierre en encadrant les raisons de la visite vers le ciel et l’enfer comme le témoignage de la mort et le jugement respectif d’un homme juste ou méchant.
Le texte développe un ton moralisateur et ajoute à l’Apocalypse de Pierre des affirmations telles que :
- L’orgueil est la racine de tout mal ;
- Le ciel est la terre du lait et du miel ;
- L’enfer possède des rivières de feu et de glace (pour le cœur froid).
Plan du livre
- 1-2. Découverte de l’Apocalypse par un homme vivant dans la maison de Paul à Tarse.
- 3-6. Appel des éléments cosmiques à Dieu pour se plaindre du relâchement moral des chrétiens.
- 7-10. Rapport quotidien des anges à Dieu sur les êtres humains qu’ils gardent.
- 11-18. Mort et jugement devant Dieu d’une âme bonne, puis d’une âme pécheresse.
- 19-30. Première vision du paradis (troisième ciel), du lac achérousien et de la Cité du Christ.
- 31-44. Vision de l’enfer à l’issue de laquelle Paul obtient un repos le dimanche pour les damnés.
- 45-51. Deuxième vision du paradis.
Le texte ne présente pas de réelle conclusion. En outre, plusieurs versions omettent la septième et dernière partie.
Dans la version copte, à la fin de la septième partie, Paul est mené au mont des Oliviers où il rencontre le Christ et les apôtres, et où Marc et Timothée écrivent ce que Paul a vu.
La version syriaque raconte que Paul écrit ce qu’il a vu et enterre le manuscrit sous sa maison. Ce manuscrit est ensuite découvert sous Théodose II[précision nécessaire].
Différentes versions
Il est bon de distinguer la Visio Sancti Pauli (le texte dont il est ici question) et l’Apocalypse gnostique de Paul, cette dernière ayant été découverte dans un codex copte de Nag Hammadi. Le contenu des deux récits diffère très nettement. Dans l’Apocalypse gnostique, Paul s’élève hors de son corps, ce qui n’est pas le cas dans la Visio Sancti Pauli. Le thème dominant de cette Apocalypse gnostique est manifestement la volonté du ou des auteurs d’élever Paul au même niveau que les douze apôtres tout en insistant sur l’ascension de Paul plutôt que sur le destin individuel des âmes.
Il existe également une version éthiopienne de l’Apocalypse, connue sous le nom de l’Apocalypse de la Vierge, dans laquelle la Vierge Marie occupe la place de Paul de Tarse comme récepteur de la vision.
Variantes linguistique du texte
En ce qui concerne la rédaction, les chercheurs C.-C. et R. Kappler, C. Carozzi, P. Piovanelli et F. Amsler admettent que l’original était en grec. Les recherches ne permettent pas de remonter jusqu’au texte original, mais il semble que le texte copte en est directement dérivé. Un archétype du texte grec comportant une préface a été établi par la recherche et nommé Texte de Tarse.
Les versions latines, que nous avons à disposition aujourd’hui, en seraient dérivées, de même que le seul texte grec incomplet que nous avons à disposition et le texte syriaque. Les manuscrits latins se recoupent nettement en deux familles : L1 (nommée « latin long », texte difficilement lisible), dominée par un manuscrit du VIIIe siècle, P (conservé à Paris), auquel se rattachent StG (Saint-Gall) (IXe siècle) et plusieurs autres rédactions plus courtes et diverses. La seconde famille est L2, très différente (par la langue) et assez brève, contenant F (Vienne) (XIVe siècle), Gz (Graz) et Z (Zürich) (XVe siècle). Il existe également des versions arméniennes, éthiopiennes, arabes et russes.
Réception
Si aujourd’hui l’Apocalypse de Paul est peu connue, et donc peu lue du public, il n’en était pas du tout de même aux premiers siècles de notre ère et durant le Moyen Âge, période pendant laquelle elle est non seulement très lue mais surtout passablement copiée, connaissant un succès extraordinaire. L’Apocalypse de Paul a eu beaucoup de succès dans les langues vernaculaires du Moyen Âge européen : il existe ainsi des traductions françaises, provençales, roumaines, anglaises, galloises, allemandes, danoises, bulgares, serbes, toutes étant en langue ancienne.
Entre le VIIIe et le XIe siècle en particulier, de nombreuses versions latines abrégées et remaniées foisonnent, privilégiant surtout la vision des supplices infernaux infligés aux damnés (ce sera d’ailleurs le cas en français, par exemple, où l’on ne retient presque plus que cela). C’est aussi sans compter toute l’imagerie de l’enfer qui a puisé abondamment dans l’Apocalypse de Paul. Sa tradition s’étend pendant tout l’Occident médiéval, se diffusant sous des formes remaniées jusqu’à Dante Alighieri, dans la première des trois parties de sa Divine Comédie (1304) : Inferno. Ainsi, Dante écrit qu’il hésite avant d’entrer dans l’Enfer : « Mais moi, pourquoi y aller ? Ou qui le permet ? Je ne suis pas Énée, je ne suis pas Paul [non plus][2]. »
Montague Rhodes James y voit son influence dans l’Enfer de Dante (Inferno) (ii. 28[3]), où Dante évoque la visite du « vase d’élection » à l’Enfer.
