Appenzeller Space Schöttl
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Appenzeller Space Schöttl est un groupe suisse de free folk, formé par le contrebassiste Ficht Tanner et le joueur de hackbrett Töbi Tobler de à 1999.
En , le groupe sort son premier album vinyle de musique d'improvisation expérimentale, Appenzeller Space Schöttl, avec une jaquette dessinée par Ficht Tanner[1]. Avec ce premier album, « dans lequel rythmes brusques et distordus aux sonorités stridentes se mélangent librement aux Zäuerli spontanés, et sur lequel aucun des cinq morceaux n'est titré, le groupe est alors le premier à mêler les deux instruments traditionnels joués, contrebasse et hackbrett, à l'univers de la performance musicale expérimentale »[2].
Le duo d'amis musiciens commence à jouer sur plusieurs scènes de Suisse, dont celle de Crazy Rhythm de la grande jam session de l'Ozone Jazz Festival de Neuchâtel en juillet[3], ou encore celle du Jazz Festival international de Zurich en octobre de la même année[4].
En 1984, Ficht Tanner et Töbi Tobler s'installent avec leurs compagnes et enfants dans la moitié orientale du Honnerlagscher Doppelpalast, une maison patricienne construite au XVIIIe siècle en contrebas du village de Trogen, et dans lequel le manager du groupe, Yogi Birchler, s'installe également.
De 1984 à 1999, les Appenzeller Space Schöttl donnent entre cent et deux cents concerts par an (en Suisse, Allemagne, Autriche, et même au Maroc), aussi bien sur des scènes de festivals que pour des mariages et fêtes de villages, et jouent avec de très nombreux autres musiciens rencontrés au gré de leurs concerts[5]: notamment avec le saxophoniste allemand Bernd Schlott, le violoniste traditionnel appenzellois Hans Kegel, le duo de guitariste et violoniste autrichien Hermann Fritz et Fritz Gimplinger, le pianiste et chansonnier Walter Keller-Walter, le violoniste suisse Paul Giger, le rockeur genevois Alain Croubalian, ou encore avec les anglais d'Accordions Go Crazy[6].
« Notre navette spatiale traverse les sphères les plus diverses de la musique, dit Ficht Tanner en 1993: jazz, rock, swing, blues, ragtime, polka, valse, mazurka, musique folklorique de l'Appenzell et des Balkans, pop, sons méditatifs... partout on s'arrête, un style en entraîne un autre, et nos transitions sont très souvent sans aucune couture ! »[7].
En duo uniquement, ou avec leurs nombreuses et diverses associations musicales, Ficht Tanner et Töbi Tobler font ainsi « sauter les sons et flotter les harmonies dans l'espace »[8], écrit un journaliste en 1985.
Le groupe dispose d'un répertoire de morceaux de musique emblématiques, tels que 'Töbi in Caracas', 'Mer danket de Pink Floyd', 'G-Bouquet', 'E-Rock', ou encore 'OM Africa', mais comme le souligne l'historien Camille Noé Marcoux, spécialiste du groupe, « leurs interprétations de jeu et de chant naissent à chaque fois de l'atmosphère particulière de l'endroit où ils se produisent ainsi que du public »[9]. Chacune de leurs improvisation, est « un voyage à travers le cosmos de la musique »[10].
En 1995, le groupe enregistre son deuxième album, Herbstimprovisationen, dont un patchwork de la compagne de Ficht Tanner, l'artiste textile Therese Hächler, illustre la jaquette: ce nouvel et dernier album - « car il y a assez de plastique sur cette terre! » estiment-ils[11] -, enrégistré dans le salon-atelier de Ficht Tanner, confirme alors pleinement leur réputation de musiciens inclassables. Parmi les huit morceaux, on retrouve notamment leurs improvisations folk-psychédéliques E-Rock et G-Bouquet, qu'ils n'ont eu de cesse de réinventer au cours des années entre eux et avec d'autres musiciens, mais également des musiques plus introspectives, tels que Kellergesang, Gedankenstrich ou encore Auf der Ofenbank[12].

Le départ de Töbi Tobler du palais de Trogen, en 1999, acte la fin officielle du groupe, qui continue néanmoins de jouer épisodiquement jusqu'en 2019 sur des fêtes de villages et mariages[13].
Discographie
- Appenzeller Space Schöttl, Zytglogge, 1982 (notice en ligne);
- Herbstimprovisationen, Stricker, 1995 (notice en ligne);
Références

Les conventions bibliographiques ne sont pas respectées ().
- ↑ notice en ligne
- ↑ Camille Noé Marcoux, "Les fabuleuses vies de Ficht Tanner", in Ficht Tanner: les Jeux de rêves, Nîmes, Editions de la Rose Impossible (Centre international du surréalisme & la Halle St-Pierre), 2025, p.61
- ↑ « Ozone Jazz 82 », L'express, (lire en ligne)
- ↑ « Du rock appenzellois à l'affiche », L'impartial, (lire en ligne)
- ↑ « Ein ungewöhnliche Jazzklänge: Appenzeller Space Schöttl », Neue Zürcher Nachrichten, no 36, (lire en ligne)
- ↑ UR, « Appenzeller Space Schottl », Freiburger Nachrichten, (lire en ligne)
- ↑ Propos recueillis par Angelika Mücke, "Die verwendung des Hackbretts im alpenländischen Raum auẞerhalb der Volksmusik", in Volksmusik in Bayern, 1993, n°4, p.59
- ↑ Pius Kessler, « Appenzeller Space Schottl », Leben und Glauben, no 32, , p. IX
- ↑ Camille Noé Marcoux, "Les fabuleuses vies de Ficht Tanner", in Ficht Tanner: les Jeux de rêves, Nîmes, Editions de la Rose Impossible (Centre international du surréalisme & la Halle St-Pierre), 2025, p.68
- ↑ « Eine Reise durch den Musik-Kosmos: Appenzeller Space Schöttl », Primasenser Zeitung,
- ↑ Propos recueillis par Simon Broughton & al., "Swiss in Space", in World Music, London, Rough Guides Ltd, 1999, vol. 1, p.9
- ↑ notice en ligne
- ↑ Michael Hug, « Bewegendes Jubiläumskonzert: Appenzeller Space Schöttl », tagblatt.ch, (lire en ligne)