Appius Herdonius

From Wikipedia, the free encyclopedia

Époque
République romaine archaïque (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Période d'activité
Ve siècle av. J.-C.Voir et modifier les données sur Wikidata
Gens
Herdonii (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Appius Herdonius
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Époque
République romaine archaïque (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Période d'activité
Ve siècle av. J.-C.Voir et modifier les données sur Wikidata
Gens
Herdonii (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Conflit

Appius Herdonius ou Appius Hordoenius[1] est un Sabin qui a mené un soulèvement contre Rome à la tête d'esclaves et de bannis. Avec ses troupes, il est parvenu, en 460 av. J.-C., à s'emparer du Capitole d'où il sera chassé par les consuls. Après leur défaite, les insurgés capturés subissent de lourds châtiments.

Les origines

Depuis le Ve siècle av. J.-C., les Romains sont régulièrement en guerre contre les peuples voisins, notamment les Sabins[2]. À chaque campagne, les prisonniers de guerre sont ramenés à Rome où ils perdent leur liberté. Leur concentration dans Rome, leurs conditions de vie et l'éloignement de leur pays d'origine finissent par faire éclater un soulèvement[3]. Des prisonniers et esclaves (exsules servique[a 1]) parviennent à s'enfuir et se joignent aux Sabins pour former une véritable armée, estimée entre 2 500 et 4 000 hommes par les sources antiques[4], dirigée par le Sabin Appius Herdonius[3]. Denys d'Halicarnasse décrit le soulèvement comme une expédition militaire prenant source en territoire sabin[a 2]. De son côté, Tite-Live parle d'une révolte servile impliquant des esclaves et des exilés qui se trouvent déjà dans Rome[a 3].

La prise du Capitole

Les hommes menés par Herdonius entrent dans Rome par la porta Carmentalis[5] et prennent possession du Capitole et de l'Arx à la faveur de la nuit[4]. Les magistrats romains semblent débordés et pris de vitesse par les évènements et tentent dans un premier temps de savoir s'il s'agit d'un soulèvement populaire ou d'une simple émeute. Étant donné le contexte politique tendu entre les plébéiens et les patriciens, les consuls n'osent pas armer le peuple[3]. Herdonius reste maître de la citadelle pendant quelques jours[6].

« Des exilés et des esclaves, au nombre d'environ deux mille cinq cents, le Sabin Appius Herdonius à leur tête, s'emparent, la nuit, du Capitole et de la citadelle. Ils égorgent sur-le-champ ceux qui refusent de se joindre à eux et de prendre les armes. [...] Les consuls redoutent et d'armer le peuple et de le laisser sans armes. Ignorant quel fléau soudain, étranger ou domestique, produit du ressentiment populaire ou de la perfidie des esclaves, s'est jeté sur la ville, ils veulent calmer le trouble, et, souvent, ne parviennent qu'à l'exciter. Sur cette multitude tremblante et consternée, l'autorité n'avait plus d'empire. Cependant on distribue des armes, mais avec réserve, assez seulement, comme on ignore quel est l'ennemi, pour former un corps de troupes qui suffise à tout événement. Au milieu de cette anxiété, sans savoir à quelle espèce, à quel nombre d'ennemis on avait affaire, on passa le reste de la nuit à distribuer des postes sur tous les points favorables à la défense de la ville. »

 Tite-Live, Histoire romaine, III, 15

Selon Tite-Live, Herdonius se présente du haut des remparts du Capitole et lance un appel à tous les esclaves et déracinés de Rome. Son objectif serait de « rendre leur patrie aux exilés injustement bannis et enlever aux esclaves leur joug accablant »[a 4]. Il semble prêt à négocier avec les consuls mais les menace de faire appel aux Volsques et aux Èques. La menace paraît sérieuse aux consuls qui craignent que les Étrusques, Sabins, Volsques et Èques ne profitent de l'occasion pour marcher sur Rome et non plus seulement ravager le territoire romain[a 5].

Manœuvres des tribuns de la plèbe

Les tribuns de la plèbe s'opposent aux consuls qui ont distribué des armes au peuple. Selon eux, la prise du Capitole ne serait qu'une invention des patriciens destinée à faire diversion pour éviter le vote de la lex Terentilia, qui oppose les plébéiens aux patriciens depuis deux ans. Le consul Publius Valerius Publicola profite du prestige de son nom auprès du peuple pour s'adresser directement à eux[1].

« Qu'est-ce à dire, tribuns ? Sous la conduite d'Appius Herdonius et sous ses auspices, voulez-vous renverser la République ? A-t-il si bien réussi à vous corrompre celui qui n'a pu ébranler vos esclaves ? Est-ce donc quand l'ennemi est sur nos têtes qu'il faut poser les armes et présenter des lois ? [...] Si le salut de l'État, si le vôtre, Romains, vous touchent si peu, ayez du moins quelque respect pour vos dieux, en ce moment au pouvoir de l'ennemi. Jupiter, très bon et très grand, Junon, reine des dieux, Minerve, les autres dieux et déesses, sont assiégés : un camp d'esclaves occupe les pénates de la patrie ! [...] Ne convient-il pas mieux à tous, patriciens et plébéiens, consuls, tribuns, dieux et hommes, de protéger Rome par les armes, de courir au Capitole, de délivrer et de rendre à la paix cette demeure auguste de Jupiter très bon et très grand ? Romulus, notre père, toi qui naguère repris le Capitole sur ces mêmes Sabins à qui l'or l'avait livré, inspire ton courage à tes enfants ! »

 Tite-Live, Histoire romaine, III, 17, 2-7

Répression de la révolte

À l'annonce de la prise de la citadelle de Rome à Tusculum, Lucius Mamilius, dictateur de Tusculum, convoque le Sénat tusculan qui décide d'envoyer un détachement pour soutenir les Romains. Publicola forme une armée, l'autre consul, Caius Claudius Sabinus, est chargé de surveiller les portes de Rome. Les Romains et leurs alliés latins lancent alors l'assaut et reprennent le contrôle du Capitole et de la citadelle de l'Arx. Un bon nombre d'insurgés est capturé, tous les prisonniers sont exécutés[7]. Le consul Publicola est tué durant les combats[1],[a 6].

Analyse moderne

Notes et références

Bibliographie

Related Articles

Wikiwand AI