Aquaculture multitrophique intégrée
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L’aquaculture multitrophique intégrée, aussi appelée AMTI, est un type d'aquaculture (élevage de poissons). Elle est considérée comme une façon durable de produire des aliments d’origine marine. Cette technique consiste à inclure dans son système les bases d’un réseau trophique naturel permettant d’assurer une meilleure conservation de l’environnement tout en répondant à une demande mondiale en aliments et en assurant un revenu économique particulièrement important pour les producteurs aquacoles ayant un système multitrophique intégré[1].
Les scientifiques s’entendent pour dire que la pression de pêche est trop élevée sur la majorité des populations de poissons, ce qui entraîne l’effondrement d'une part importante de portion exploitable d’une population d’une espèce de poisson dans une zone de pêche[2] à l’échelle mondiale[3]. Ces effondrements créent une perte de biodiversité très importante à l'échelle globale[3]. L’aquaculture est donc en général une option satisfaisante pour empêcher cette surpêche d’espèces de consommation, l’aquaculture multitrophique intégrée est cependant une solution plus pérenne.

Les estimations indiquent que la population mondiale devrait être de 9,6 milliards de personnes d’ici 2050[4]. Cette croissance démographique importante pose problème au niveau des ressources alimentaires disponibles et oblige les industries à revoir leurs modes de production afin d’assurer la sécurité nutritionnelle de tous[4]. Au départ, la provenance des protéines aquatiques venait principalement de la pêche. Mais l’effondrement des stocks de pêche à travers le monde est l'un des facteurs incitant la population mondiale à devoir se tourner vers certaines alternatives pour répondre à la demande croissante au niveau des protéines d’origine aquatique[4]. C’est pourquoi plusieurs technologies tentent de répondre de façon durable à la conservation des stocks d'organismes marins tout en maintenant l’apport de produit d'origine aquatique consommé à l’échelle mondiale. De toute évidence, l’aquaculture intensive est l'une des façons connues pour répondre à cette demande et prend une part de plus en plus grande de la consommation de produit de la mer (en 2016 110 200 000 tonnes produites par l’aquaculture contre 90 900 000 tonnes pour la pêche marine et continentale[5]). Il a été démontré que la croissance constante de l’aquaculture à l'échelle globale arrivera à pallier la demande en produits de la mer sans devoir augmenter la pression de pêche sur les stocks[6]. Au fil du temps, l’aquaculture s’est diversifiée et à ce jour de nombreux organismes peuvent maintenant être produits en ferme aquacole plutôt que prélevés en milieu naturel. En effet, par l’aquaculture, il est possible d’élever des poissons, des crustacés, des invertébrés, des plantes aquatiques, qui par la suite peuvent être vendus sur plusieurs marchés à travers le monde[5]. En revanche, cette technologie entraîne de nombreuses problèmes non négligeables (création de zone anoxique, diminution de la qualité de l’eau, destruction de l'habitat, etc.). Cependant, l’aquaculture multitrophique intégrée semble présenter beaucoup de solutions. En effet, ce type d’aquaculture est une façon assez durable d’élever plusieurs organismes de différents niveaux trophiques au sein d’une même aquaculture dans le but de faire profiter certains organismes des déchets produits par les autres, mais également de diminuer les impacts environnementaux généralement présents dans les aquacultures conventionnelles en milieux ouverts. Chaque espèce présente dans un système d’AMTI est judicieusement choisie pour ses fonctions et pour sa contribution au système. Alors que l’AMTI se veut une approche équilibrée en gestion des écosystèmes, elle présente également des avantages au niveau de l’économique et au niveau de la rentabilité de l’espace[7]. En ce sens, l’aquaculture multitrophique intégrée devient donc avantageuse pour les producteurs, pour les écosystèmes ainsi que pour la population mondiale[7].