C'est un poème de vers courts et de vers relativement longs, de manière que les uns figurent le tronc et les autres les branches d'un arbre. Voici un arbre fourchu tiré de « la Départie d'Amours » de Blaise d'Auriol. Il est en partie construit sur des rimes équivoques et comprend un refrain couronné, c'est-à-dire redoublé. Le refrain est facultatif :
Mort, de moy lotz
N'auras de los
Car tousjours es par mauvais motz mouvante.
Les logeis clos
Tu faiz desclos,
Et, plusieurs corps toy en maints clos clouante,
Sus les humains es de griefs trotz trouvante.
Avant les rotz
Gectes tes rotz
Et froids soupirs, dont es indoctz donante
A tous propos,
O Atropos;
Rude en tous faictz, par dards et croz crossante,
Sus les humains es de griefs trotz trouvante.
De maulx impostz
Mectz sans repos,
Tant qu'on te voit saiges et sotz soulante;
Tu ronges os,
Deffaiz les ostz,
Et, très cruelle, en ton cueur gros grongnante,
Sus les humains es de griefs trotz trouvante.
(auteur inconnu)