Archidiocèse de Carthage

siège titulaire en Tunisie From Wikipedia, the free encyclopedia

L'archidiocèse de Carthage (en latin : Archidioecesis Carthaginensis) est un siège épiscopal de l'Église catholique, anciennement territorial et depuis 1964 titulaire (in partibus), situé à Carthage en Afrique du Nord (aujourd'hui en Tunisie).

Type de juridictionSiège titulaire
Créationv. 50 (tradition)
v. 250 (attesté)[1]
ÉgliseLa cathédrale Saint-Louis de Carthage (devenue un lieu culturel)
Faits en bref Informations générales, Type de juridiction ...
Carthage
(la) Archidioecesis Carthaginensis
La cathédrale Saint-Louis, avec une partie du musée national sur le site de l'ancienne Carthage.
Informations générales
Type de juridiction Siège titulaire
Église Église catholique
Création v. 50 (tradition)
v. 250 (attesté)[1]
Église La cathédrale Saint-Louis de Carthage (devenue un lieu culturel)
Rite liturgique African Rite (en)
Direction actuelle
Pape Léon XIV
Province ecclésiastique Archidiocèse de Tunis
Plus haute juridiction Saint-Siège
Localisation
Siège Carthage
Pays Tunisie
.html (en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org
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Vestiges de la basilique dite de Saint-Cyprien de Carthage découverte en 1915.
Vestiges de la basilique Majorum (dite aussi de Meildfa) à Carthage, où l'on a retrouvé une inscription dédiée aux saintes Perpétue et Félicité.
Vestiges de la basilique de Damous El Karita à neuf nefs, la plus grande de Carthage, ornée de plus d'une centaine de colonnes.

Histoire

D'après une tradition légendaire, après être arrivé à Rome, saint Pierre serait venu prêcher à Carthage et y aurait laissé comme évêque Crescent[2]. Selon une autre légende, les douze Apôtres ayant tiré au sort les différentes parties du monde, l’Afrique a échu à Simon le Zélote. D'autres traditions affirment que les Carthaginois furent convertis par Photine la Samaritaine et l’évangéliste saint Matthieu.

Le diocèse de Carthage naît à la fin du IIe siècle. Les plus grands écrivains chrétiens de cette époque y vivaient, comme Tertullien. Agrippin en est le premier évêque connu, mais probablement pas avant l'an 230[3].

Une floraison de martyrs a lieu au IIIe siècle, dont se détachent les figures de sainte Perpétue et sainte Félicité et de saint Cyprien, cités au canon romain de la Messe.

À cette époque, Carthage était le siège épiscopal le plus important de la province romaine d'Afrique (Afrique du Nord) et l'évêque de Carthage devint le primat et le l'évêque métropolitain de fait de l'Afrique proconsulaire, de la Byzacène, de la Numidie, de la Tripolitaine et de la Maurétanie (même si dans les seules provinces, le privilège primatial était donné à l'évêque le plus ancien de la province).

Le titre honorifique de patriarche fut aussi attribué à l'évêque de Carthage, toujours obéissant à Rome, à l'exception de l'épisode des relaps où Carthage était en faveur du rigorisme. Au IVe siècle, le diocèse est travaillé par la diffusion de diverses hérésies : le donatisme, l'arianisme, le manichéisme et le pélagianisme. Les donatistes eurent même leur hiérarchie parallèle pendant une courte période.

L'invasion des Vandales (439) donne le signal à une période d'oppression contre l'Église à laquelle met fin la conquête byzantine en 534. Cependant les empereurs donnent leur appui à des hérésies, telles que le monothélisme et surtout l'iconoclasme. Les évêques de Carthage, fermes défenseurs de l'orthodoxie, sont exilés.

Carthage est un siège important de l'Église latine, jusqu'à ce que la conquête des Arabo-musulmans lui porte un premier coup en 698 qui lui sera fatal; en effet, Carthage va rapidement décliner. Le christianisme y met cependant quatre siècles à disparaître complètement. Le nom de deux derniers évêques est encore cité au XIe siècle. Le dernier en 1076.

La première mention d'un archevêque in partibus infidelium avec le titre Carthaginensis remonte en 1519 ; puis le titre demeure vacant pendant un siècle, jusqu'au nom de Diego Requeséns, futur évêque de Mazara del Vallo (en Sicile).

Dès lors, ce titre est assigné régulièrement jusqu'au quand, par la bulle Materna Ecclesiae caritas de Léon XIII, l'ancien siège de Carthage est restauré. De fait, le titre in partibus fut aboli.

Ce siège titulaire est vacant depuis le . La cathédrale Saint-Louis de Carthage, dont les travaux de construction commencèrent en 1884, a été consacrée le , sous le protectorat français[4],[5]. Désaffectée et cédée à l'État tunisien en août 1964, la cathédrale est reconvertie en 1993 en un lieu de culture. Depuis, les catholiques de Carthage sont sous la juridiction de l'archidiocèse de Tunis.

Primatie

L'évêque de Carthage présidait les conciles des Églises du Nord de l'Afrique[6]. Avec saint Cyprien (248-258) l'Église de Carthage acquit un grand rayonnement, notamment par la tenue fréquente de conciles (251, 252, 254, 255, 256)[7]. Une vie conciliaire intense se développa avec la christianisation de l’empire[8], marquée notamment par Aurelius de Carthage (392-430), continua sous la tyrannie vandale (484, 525) et la domination byzantine (535, 646). Souvent un nombre important d’évêques répondirent aux convocations des évêques de Carthage : 87 en 256, 67 en 416, 214 en 418. C’est l’évêque de Carthage « qui de droit présidera toujours le concilium universale d’Afrique »[9]. Le concile de Carthage (397) statua que tous les évêques d’Afrique recevraient de l’Église de Carthage la date pascale (canon 1) et reconnut « comme une coutume établie le privilège de l’évêque de cette ville de nommer des titulaires aux évêchés, de confirmer et sacrer les élus chaque fois que l’église vacante lui en fait la demande » (canon 45)[10]. Cette autorité exceptionnelle fut encore proclamée lors du concile de Carthage ()[11], appuyée par l’épiscopat local auprès du pape[12] et confirmée par Grégoire le Grand (591)[13].

Paradoxalement, la primatie des évêques de Carthage, reconnue par tous, ne s'exprima pas dans les titres d'archevêque ou de primat. Il faut attendre Léon IX qui, rappelant les droits de Carthage dans la consécration des évêques et la présidence du concile provincial ()[14], lui décerna le titre de « premier archevêque et [...] métropolitain suprême de toute l’Afrique »[15] qui « seul reçoit le pallium de l'Église apostolique, qui seul et à jamais est le métropolitain de toute l'Afrique, le primat incommutable de tous les autres évêques de l'Église d'Afrique »[16]. L'archevêché de Carthage s'éteignit après 1076, et ne fut restauré qu'en 1884: par la bulle Materna Ecclesiæ caritas () Léon XIII décida de « relever le siège archiépiscopal de Carthage », ce siège qui avait « présidé aux débuts de l’Église africaine », avec « une puissance qui primait celle des autres », vraie « tête de l’Afrique »[17], mais sans lui donner le titre de primat d'Afrique. Cependant, les cinq archevêques français de Carthage (1884-1964) portèrent tous le titre primatial, et « pratiquement le Saint-Siège le reconn[ut], car toutes les lettres d'affaires émanant des Cong[régations] romaines et de la Secrétairerie d’État qualifi[èrent] l'archevêque de Carthage de primat d'Afrique »[18]

Après la décolonisation et le départ de la plupart des chrétiens de la région, la bulle Prudens Ecclesiae[19] de Paul VI du supprime l'archidiocèse de Carthage (désormais compté comme siège titulaire) qui laisse la place à la prélature territoriale de Tunis devenue le diocèse de Tunis () élevé au rang d'archidiocèse par Benoît XVI le .

Liste des évêques

évêques historiques

  • Optatus (Optat) (mentionné en 203)[25]
  • Agrippin (vers 235-240)[3]
  • Donat Ier (? - 248)[26]
  • Saint Cyprien (248 - )
    • Félicissime (vers 250 - ...) (évêque félicissimien)
    • Maxime (251 - ?) (évêque novatianiste)[27]
    • Fortunat (252 - ?) (évêque félicissimien)[28]
  • Lucien (seconde moitié du IIIe siècle)[29]
  • Cyr (seconde moitié du IIIe siècle)[30]
  • Mensurius (avant 303 - vers 311)[31]
  • Cécilien (311 - après 325)[32]
  • Rufin (mentionné en 337/340)[35]
  • Gratus (Grat) (avant 343 - après 348/349)[36]
  • Restitut (mentionné en 359)[37]
  • Genetlius (avant 390 - )
  • Saint Aurèle (392 - 430)
    • Primien (391 - après 411) (évêque donatiste)
    • Maximien (393 - ...) (évêque donatiste dissident)
  • Capreolus (430 - 437)[38]
  • Saint Quodvultdeus (vers 437 - vers 454)[39]
  • Saint Deogratias ( - fin 457)[40]
    • Sede vacante
  • Saint Eugène (481[41] - 505)
    • Sede vacante
  • Boniface (523 - 534)
  • Réparat (534 - 551, déposé)[42]
  • Primosus (Primase) (551 - vers 565)
  • Publien (566 - après 581)
  • Dominique (avant - après 601)[43]
  • Fortunius (avant 642 - 646)[44]
  • Victor ( - ...)[44]
  • ...
  • Étienne[45]
  • ...
  • Jacques (vers 980 - ...)[46]
  • ...
  • Thomas (mentionné en 1053)[46]
  • Cyriaque (mentionné en 1073 et 1076)[46]

Archevêques titulaires

La cathédrale Saint-Louis de Carthage.

Archevêques de Carthage et primats d'Afrique

De 1884 à 1964, l'ancien siège archiépiscopal de Carthage est restauré et le titre in partibus aboli. Liste des archevêques :

Archevêques titulaires de Carthage

Notes et références

Annexes

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