Archéologie musicale

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L'archéologie musicale (ou archéomusicologie) est un champ de recherche interdisciplinaire situé à la croisée de la musicologie et de l'archéologie. Elle étudie les pratiques musicales des sociétés passées à travers l'analyse des vestiges matériels (instruments, objets sonores), des représentations iconographiques et des sources textuelles anciennes[1]. En raison de son intérêt pour les musiques de cultures variées, elle est parfois considérée comme une branche de l'ethnomusicologie[2].

Selon l'archéomusicologue Arnd Adje Both, l'archéologie musicale est, au sens large, « l'étude des comportements et des sons musicaux du passé »[1].

Prémices

Les premières recherches liant musique et archéologie remontent au XIXe siècle. En 1864, Carl Engel publie The Music of the Most Ancient Nations, étude pionnière consacrée aux instruments assyriens et égyptiens conservés au British Museum[3]. Cette approche reste toutefois isolée et la discipline ne se structure véritablement qu'au XXe siècle[réf. nécessaire].

Fondation institutionnelle

L'une des premières tentatives formelles de rapprochement entre musicologie et archéologie a lieu lors du congrès de la Société internationale de musicologie à Berkeley en 1977. Une table ronde intitulée « Music and Archaeology » réunit des spécialistes de différentes aires culturelles, parmi lesquels Bathia Bayer (Israël), Ellen Hickmann (Égypte) et Cajsa S. Lund (Scandinavie)[4]. Le stimulus principal de cette rencontre est le déchiffrement par l'assyriologue Anne D. Kilmer d'un hymne hourrite gravé sur une tablette découverte à Ougarit, accompagné de la reconstitution d'une lyre sumérienne par le musicologue Richard L. Crocker et le facteur d'instruments Robert Brown[5].

Cette rencontre de Berkeley est le point de départ du Study Group on Music Archaeology de l'ICTM (International Council for Traditional Music), officiellement fondé à Séoul en 1981 et reconnu par l'ICTM à New York en 1983, après une première réunion de recherche à Cambridge en 1982[6]. Le groupe d'étude organise ensuite des conférences internationales à Stockholm (1984), Hanovre (1986), Saint-Germain-en-Laye (1990), Liège (1992), Istanbul (1993), Jérusalem (1994-1995) et Limassol (1996)[7][source insuffisante].

En 1998, Ellen Hickmann et Ricardo Eichmann fondent lInternational Study Group on Music Archaeology (ISGMA), rattaché au département Orient de l'Institut archéologique allemand (DAI) à Berlin. L'ISGMA crée la série de publications Studien zur Musikarchäologie, sous-série d'Orient-Archäologie, qui accueille les actes de ses symposiums ainsi que des monographies spécialisées[8][source insuffisante].

Développements contemporains

En 2007, la société MOISA (International Society for the Study of Greek and Roman Music and its Cultural Heritage) est fondée en Italie pour l'étude de la musique gréco-romaine[réf. nécessaire].

En 2013, l'Union européenne finance l'European Music Archaeology Project (EMAP), projet de coopération internationale coordonné par la commune de Tarquinia et réunissant dix institutions de sept pays européens, dont l'Institut archéologique allemand, l'Académie autrichienne des sciences, l'université de Valladolid et l'université de Huddersfield. D'une durée de cinq ans (2013-2018), le projet développe l'exposition itinérante Archæomusica, consacrée aux instruments de musique de l'Europe ancienne, accompagnée d'un programme de concerts, d'ateliers et de publications[9][source insuffisante].

Méthodes et objets d'étude

L'archéologie musicale repose sur une approche pluridisciplinaire combinant plusieurs types de sources et de méthodes[10] :

  • Artefacts sonores : étude, datation et analyse contextuelle d'instruments de musique ou de fragments d'instruments découverts en contexte archéologique. Leur analyse organologique permet d'en comprendre la facture, les matériaux et les techniques de fabrication.
  • Iconographie musicale : analyse des représentations de scènes musicales (peintures rupestres, bas-reliefs, mosaïques, enluminures, sculptures, monnaies) pour identifier les instruments, les formations et les contextes de performance.
  • Sources textuelles : déchiffrement de notations musicales anciennes et exploitation de sources littéraires, rituelles ou administratives mentionnant des pratiques musicales.
  • Archéologie expérimentale : reconstitution d'instruments à partir des données archéologiques et iconographiques, permettant d'explorer les possibilités sonores et les techniques de jeu. Cette approche constitue un axe majeur de la discipline depuis les travaux pionniers de Berkeley.
  • Acoustique et archéoacoustique : étude des propriétés sonores des espaces anciens (grottes, temples, théâtres) et de leur influence sur les pratiques musicales.

Institutions et réseaux de recherche

Notes et références

Voir aussi

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