Arezki Meddad né en 1899 au Azeffoun et mort le à Alger, était une figure nationaliste algérienne et l’un des membres fondateurs de l’USM Alger. Meddad a joué un rôle déterminant dans la création du club durant la période coloniale française, en devenant son premier président d’honneur en 1937.
La famille pauvre d’Arezki Meddad a émigré de Tigounatine, en Kabylie, vers la Casbah d'Alger. Meddad n’avait qu’une seule fille, Ourida, qui fut militante pour l’indépendance de l’Algérie et qui est tombée en martyre le [1].
Biographie
Arezki Meddad, l’un des membres fondateurs éminents de l’USM Alger, est né en 1899 dans la région de Kabylie, près d’Azeffoun dans la Wilaya de Tizi Ouzou, au sein d’une famille d’agriculteurs établie depuis plusieurs générations. Il était l’aîné de ses frères et sœurs. Son père fut contraint de quitter leur région natale en raison des dures conditions imposées par la colonisation française, qui pesaient lourdement sur la Kabylie rebelle de l’époque. Meddad installa alors sa famille à Alger, alors qu’Arezki n’avait pas plus de trois ans. Ce dernier grandit dans la Casbah historique parmi ses camarades et apprit le Coran, qu’il parvint à maîtriser grâce à sa détermination et sa persévérance[2].
Le jeune Arezki grandit influencé par son environnement et s’intéressa profondément aux questions religieuses. Il devint un visiteur assidu du Nadi Al-Taraqi, qui servait de siège officiel à l’Association des oulémas musulmans algériens, où il devint un membre actif. Meddad entretenait une relation étroite avec le cheikh Tayeb el-Oqbi, qui l’envoya à plusieurs reprises au nom de l’Association à Constantine pour rencontrer le cheikh Abdelhamid Ben Badis et le cheikh Larbi Tébessi. Meddad fréquentait également régulièrement le Café Belhafaf, où il contribua, avec quelques membres de l’Association, à la création d’une association caritative[2].
Avec l’essor du mouvement national et l’élargissement de ses activités, Arezki Meddad rejoignit le Parti du Peuple Algérien (PPA) en 1937 et apporta une contribution significative à la lutte politique aux côtés de certains de ses frères et compagnons. Dans le cadre de la vague continue de création de clubs sportifs nationaux, amorcée avec l’émergence du MC Alger en 1921, et dans le but de fonder un autre club national au cœur d’Alger une idée qui préoccupait beaucoup de monde depuis des années l’initiative prit forme au cours de la saison sportive 1936–1937, lorsque Arezki Meddad, avec un groupe de militants dévoués, prit l’initiative de fonder l’Union Sportive Musulmane Algéroise le [2],[3],[4].
Arezki donna tout ce qu’il pouvait pour assurer le succès de ce nouveau club. Nombre de ses contemporains affirment que c’est lui qui proposa de donner au club son caractère religieux et qu’il défendit vigoureusement cette idée. Arezki Meddad soutint également le club de ses propres fonds et de ses efforts considérables, l’aidant à intégrer les compétitions sportives malgré les nombreux obstacles qu’il rencontrait. Grâce à sa noblesse de caractère, sa rigueur morale et son vaste réseau de relations, de nombreux nationalistes se rallièrent au club, contribuant à son émergence et à son essor[5].
Annonce du décès du président du club Arezki Meddad dans le journal L'Écho d'Alger.
Ce dernier possédait un café populaire rue du Divan, fréquenté à l’époque par de nombreuses figures religieuses, politiques et sportives. Dans les années 1930, une petite salle de prière (Musalla) fut installée sous ce café, où l’on accomplissait les cinq prières quotidiennes. Cependant, après la création de l’USM Alger et face à l’exiguïté de ses locaux principaux, Arezki Meddad transforma son café en siège annexe du club, et la musalla fut ainsi convertie en salle de réunion où se tenaient les assemblées et activités du club[2].
Le , Arezki Meddad, alors président du club, décéda après avoir contracté le typhus, une maladie qui se propageait largement dans le pays à l’époque. Sa mort constitua une grande perte pour le club, lui qui avait été le premier président d’honneur de l’USMA, le premier trésorier de son comité fondateur et un membre clé du conseil exécutif. Ses funérailles eurent lieu le lendemain, en présence de nombreux membres de la communauté venus lui rendre un dernier hommage[6],[2].