Armada espagnole de 1596

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Date -
Casus belli
Issue
Armada espagnole de 1596
Description de cette image, également commentée ci-après
Philippe II dans sa vieillesse, ordonne l'Armada de 1596 pour se venger de l'attaque anglaise sur Cadix
Informations générales
Date -
Lieu Cap Finisterre, Atlantique
Casus belli
Issue
Belligérants
Drapeau de l'Espagne Espagne
Rebelles irlandais
Drapeau de l'Angleterre Angleterre
Commandants
Martín de Padilla
Carlos de Arellano
Sancho Martínez de Leyva
Diego Brochero
Charles Howard
Forces en présence
14 290 hommes
81 navires
13 galions[7]
Pertes
5 000 morts[8]
38 navires[2]
Inconnues

Guerre anglo-espagnole (1585-1604)

La seconde Armada espagnole, également connue sous le nom d'Armada espagnole de 1596[6],[9], est une opération navale menée pendant la guerre anglo-espagnole. Cette autre invasion de l'Angleterre ou de l'Irlande est tentée à l'automne 1596 par Philippe II d'Espagne[10]. Dans une tentative de venger le sac de Cadix par les Anglais en 1596, Philippe ordonne immédiatement une contre-attaque dans l'espoir d'aider les rebelles irlandais à se soulever contre la couronne anglaise[2]. La stratégie consiste à ouvrir un nouveau front, obligeant les troupes anglaises à s'éloigner de la France et des Pays-Bas, où elles se battent aussi[11],[12].

L'Armada, commandée par l'Adelantado Martín de Padilla (en), se réunit à Lisbonne, Vigo et Séville et démarre en octobre. Avant son départ des eaux espagnoles, des tempêtes frappent la flotte au large du cap Finisterre. Ces tempêtes détruisent l'Armada : causant d'importants dégâts, elles obligent les navires à regagner leur port d'attache. Près de 5 000 hommes meurent, touchés par la tempête ou la maladie, et 38 navires sont perdus, ce qui est suffisant pour un report à long terme de l'entreprise irlandaise. Les pertes matérielles et financières s'ajoutent à la banqueroute du royaume espagnol, à l'automne de 1596[11].

Exécution

L’Espagne et l’Angleterre sont en guerre depuis près de douze ans et aucune des deux parties n’a pris le dessus[13]. Le résultat de l'intervention de Philippe II dans la guerre de religion en France en faveur de la Ligue catholique est que les forces espagnoles ont établi des garnisons côtières le long des côtes française et flamande à la fin des années 1580[14]. Ces bases ont une énorme valeur stratégique, car elles placent l'Angleterre sous la menace rapprochée de la flotte et des troupes espagnoles. L'Angleterre, de son côté, est aussi intervenue en France, mais à l'appui du roi Henri IV, suivant le traité de Greenwich de 1591[15]. Les Espagnols se sont emparés de Calais en 1596 (en), ce qui signifie qu'une attaque contre l'Angleterre est potentiellement réalisable[16]. Après des demandes françaises désespérées pour les empêcher de conclure la paix avec l'Espagne, les Anglais signent une Triple Alliance (en) avec la République néerlandaise et la France[17].

L'Angleterre envoie une armada sous les ordres de Robert Devereux et Charles Howard à Cadix, qui est capturée et tenue pendant deux semaines à l'été de 1596[18]. Peu de temps après, Philippe considère la défense de la péninsule mais est surtout motivé par la vengeance, même si cela implique de vendre tout ce qu'il a[19].

Le principal exilé jésuite anglais en Espagne, Robert Persons, rencontre Philippe dans une audience, dans l'espoir de tirer parti de la situation afin de pousser le roi à l'action[20]. Persons plaide pour une attaque pendant l'hiver quand la reine s'y attendra le moins[2]. Cela implique une armée de taille modérée plutôt qu'une vaste Armada, qui donnerait un élément de surprise, en référence à l'armada ratée de 1588[21].

Person explique que le point d'entrée pour les Espagnols devrait être l'Écosse, le Kent ou Milford Haven au pays de Galles, faisant référence à Henry VII qui y avait réussi une invasion en 1485[21]. On s'attend à ce que les Espagnols trouvent à cet endroit un vaste réservoir de soutien catholique[20]. Des cartes détaillées des ports d'Angleterre et du pays de Galles sont établies ; d'autres projets suggèrent d'occuper l'île de Wight[21],[22]. Un certain nombre de conseillers du roi considèrent toutefois l'invasion de l'Irlande comme un meilleur moyen de déstabiliser l'Angleterre[12]. L'idée d'utiliser l’Irlande comme tremplin d’une invasion de l'Angleterre n’est pas nouvelle ; Le marquis de Santa Cruz, le premier commandant de l'Armada espagnole, avait préconisé un débarquement à Cork ou à Wexford en 1586[20]. Le plan ne fut annulé qu'en raison des retards causés par le raid de Drake sur Cadix l'année suivante.

Philippe commence par ordonner à Martín de Padilla (en), comte de Santa Gadea, l'Adelantado, de constituer une nouvelle flotte destinée à débarquer en Irlande, dans l'espoir d'amplifier la rébellion dirigée par Hugh O'Neill, comte de Tyrone[12]. Dès 1595, O'Neill et Hugh Roe O'Donnell écrivent à Philippe pour demander de l'aide et lui proposent de devenir ses vassaux[20]. Il propose également que son cousin l'archiduc Albert soit nommé prince d'Irlande. Ces discussion ne débouchent cependant sur rien de concret[23]. À leur intervention, Philippe répond par des encouragements, en , à conserver la foi en la religion catholique et à ne pas faire la paix avec Élisabeth[24]. Pour les Espagnols, la stratégie est simple : la guerre en Irlande créant un nouveau front, cela devrait obliger les Anglais à déplacer des troupes des combats dans les Provinces-Unies pour les envoyer combattre en Irlande[2]. Aux yeux de l'Espagne, les Anglais n'avaient simplement pas les moyens de se battre simultanément sur ces deux fronts[19].

Hugh Ó Neill, 2e comte de Tyrone

Philippe II place beaucoup d'espoir dans la nouvelle Grande Armada organisée à Lisbonne[25]. Elle comprend quinze galions de Castille et neuf du Portugal, 53 bateaux flamands et allemands saisis, six pinasses et une caravelle, avec 10 790 hommes[21]. 2 500 soldats doivent partir de Séville à bord de 30 flibots pour rejoindre la flotte à Lisbonne[26]. Au nord, à Vigo, 41 autres navires de différents tonneaux attendent, avec environ 6 000 hommes[25]. L'effectif total de l'Adelantado consiste en 11 000 fantassins malades et mal équipés et de 3 000 cavaliers, auxquels s'ajoutaient 5 500 marins[21].

À côté de l'Adelantado, les principaux dirigeants sont Carlos de Arellano, le major-général Sancho Martínez de Leyva (es) et le général amiral Diego Brochero (en)[21]. Les rumeurs vont bon train et bien avant le départ effectif, les autorités espagnoles sont informées du débarquement de leurs troupes sur le territoire de O'Neill[25]. À Lisbonne, Cornelius O'Mulrian suit avec intérêt les intenses préparatifs de la nouvelle Armada[20]. Selon les informations que le nonce envoie à Rome, l'invasion de l'Irlande est imminente[26]. On souhaite envoyer O'Mulrian, ainsi que de nombreux jésuites et autres prêtres, pour organiser la restauration catholique en Irlande[24].

En juillet, le comte d'Essex est informé par des espions et des marchands qu'il y a quarante-six navires à Lisbonne et que de nouveaux navires de guerre sont en construction à de nombreux endroits sur la côte de la mer Cantabrique (golfe de Gascogne ou Biscay[19]. Cette information est transmise à la reine Élisabeth, mais elle est également informée que rien ne se produira, en raison des tempêtes d'automne prévues. Néanmoins, des préparatifs sont faits et la marine est mise en alerte ; des renforts sont envoyés pour protéger l'île de Wight, Falmouth et même l'embouchure du Medway où, à Chatham, la flotte anglaise est à quai[26]. Les inquiétudes principales du commandant de campagne anglais Lord Willoughby concernent toutefois l’Irlande, l’Écosse et les villes cautionnées (en) néerlandaises telles que Flushing[22].

Localisation du cap Finistère

Au début du mois d'octobre, l'Armada n'est toujours pas en état de partir. Le manque de nourriture et d'argent ainsi qu'une potentielle mutinerie retardent de force l'expédition, ce qui exaspère Philippe. L'Adelantado a pour priorité principale la préparation de l'Armada, mais il demande bientôt à être relevé de son commandement pour se défendre, ce que Philippe refuse[25]. En place, Philippe annule subitement l’entreprise irlandaise ; les causes de sa décision sont les mauvaises conditions météorologiques, la saison tardive et la maladie parmi les équipages des navires. Au lieu de cela, l'Adelantado doit se rendre à La Corogne, où il doit recevoir l'ordre de s'emparer du port français de Brest qu'il a brièvement occupé en 1594, avant d'être vaincu par les troupes anglo-françaises qui sy'installent[27]. Brest est choisie principalement parce que la ville est plus proche de l'Espagne, mais aussi parce qu'elle pourrait servir de base pour attaquer l'Angleterre et aider les rebelles irlandais.

Le au matin, les conditions météorologiques permettent finalement à l'Armada, qui compte 81 navires, de quitter le port de Lisbonne[25]. La flotte ainsi que l'armée partent de Lisbonne le en direction de La Corogne et naviguent en toute sécurité jusqu'à Viana do Castelo où elles doivent mouiller et attendre le vent[26]. Quand le vent arrive, elles s'approchent du cap Finisterre, qui se termine au nord-ouest de la péninsule espagnole[24]. Ce devait être leur point le plus éloigné et presque immédiatement ils rencontrent une tempête inattendue[11]. Les autres navires qui ont réussi à traverser le cap sont dispersés dans les ports du golfe de Gascogne ; beaucoup d'entre eux sont endommagés. L'ensemble de la force espagnole a cessé d'exister en tant que flotte de combat efficace[22]. Seuls quarante navires endommagés ont réussi à faire demi-tour et à entrer dans le port de Ferrol. L’Adelantado est à leur bord sur le navire amiral San Pablo.

Le , le retour du reste de la flotte permet d'estimer le coût de l'opération; l'Adelantado informe le tribunal de la catastrophe à la grande tristesse de Philippe[28].

Entre-temps, des informations selon lesquelles la préparation du débarquement d'une armada commencent à filtrer en Angleterre. Selon une autre rumeur d'origine irlandaise, 1500 Espagnols devaient accoster en Irlande pour appuyer une rébellion coordonnée sur l'île entière[29]. Charles Howard envoie une puissante flotte comprenant 13 galions pour retrouver les restes démembrés de l'armada, mais ne trouve que des épaves et des corps flottants[30]. Un flibot espagnol est toutefois capturé avec 200 membres de son équipage, ce qui permet de découvrir et connaitre l'étendue de l'Armada[26],[28].

Aucun des navires espagnols n’atteint la Manche ou Brest: l’Irlande et l’Angleterre sont ainsi épargnés[11].

Conséquences

Références

Annexes

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