Armes de destruction massive en Roumanie
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Selon certains historiens, la Roumanie a commencé à s'intéresser à la technologie nucléaire dès 1967. Dans les années 1980, alors que Nicolae Ceaușescu était au pouvoir, la Roumanie mit en place un programme secret visant à développer des armes nucléaires, violant ainsi ses engagements pris dans le cadre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires de 1970[1]. Ce programme prit fin après la révolution roumaine de 1989. Actuellement, la Roumanie est considérée comme exempte d'armes de destruction massive, utilisant l'énergie nucléaire uniquement à des fins civiles[1].
En 1949, la République populaire roumaine lança un programme de recherche nucléaire, axé sur les isotopes radioactifs dans la médecine et l'industrie. En 1978, parallèlement avec la construction de la première centrale nucléaire roumaine, un programme nucléaire à visée militaire est lancé. Ce programme de recherche sur les armes de destruction massive, de son nom le Programme Danube (roumain : Programul Dunărea), fut mené par l'Institut de physique atomique de Măgurele, sous la supervision de la Securitate[2].
Selon Mihai Bălănescu, ancien directeur de l'institut de recherche, le programme comptait trois départements : l'un travaillait sur les armes nucléaires, un autre sur les missiles à moyenne portée et un troisième sur les armes chimiques et biologiques[2]. D’après Ionuț Purica, ancien directeur de l'Agence pour les déchets nucléaires et radioactifs, la Roumanie disposait dans les années 1980 de 26 kg de plutonium provenant du réacteur de Măgurele. Cette quantité était suffisante pour fabriquer six bombes nucléaires utilisant environ 4 kg chacune[3].
Toujours en 1978, la Roumanie acheta des systèmes de missiles R-17 Elbrus (Scud-B) pour remplacer ses anciens R-11 Zemlya (Scud-A). Tous ces missiles étaient équipées d'ogives conventionnelles, car selon les traités conclus avec l'URSS, les ogives nucléaires ne pouvaient être utilisées qu'en temps de guerre. Parmi les autres missiles balistiques en service en Roumanie figuraient le 2K6 Luna, acheté en 1962, et le 9K52 Luna-M, acheté en 1982. Tous ces systèmes furent retirés du service en 1998[4].
En , le ministre hongrois des Affaires étrangères, Gyula Horn, a accusé la Roumanie de représenter une menace militaire pour la Hongrie en raison de ses programmes nucléaires et de missiles à moyenne portée. M. Horn a affirmé que de hauts responsables roumains avaient annoncé que la Roumanie était capable de construire de telles armes, mais le gouvernement roumain a démenti ces allégations[5].
D'autres chercheurs ont affirmé que la Roumanie tentait de se doter de matériel nucléaire à titre de garantie, afin de pouvoir se munir d'une arme en cas de besoin.
Relations internationales
Lors des premiers essais nucléaires soviétiques, la Roumanie fournit de l'uranium par l'intermédiaire de la Sovromcuarț[3]. Entre 1952 et 1960, un total de 17 288 tonnes de minerai d'uranium ont été livrées à l'Union soviétique.
Sous le régime de Nicolae Ceaușescu, la Roumanie participa à des négociations avec plusieurs États sur le marché libre des technologies et des matières nucléaires. Après 1989, il a été révélé que le gouvernement Ceaușescu avait détourné de manière abusive une livraison de 14 tonnes d'eau lourde vers l'Inde[6],[7]. L'eau lourde est un composant important dans la fabrication d'armes nucléaires, et cette livraison vers l'Inde constituait une nouvelle violation du Traité de non-prolifération nucléaire. Au milieu des années 1960, la Roumanie a négocié la construction de centrales nucléaires avec le Canada, l'Italie, la Suède, les États-Unis et l'Allemagne de l'Ouest. Elle a engagé des négociations avec la France et les États-Unis, les montant l'un contre l'autre afin d'obtenir la meilleure technologie nucléaire et des conditions moins strictes.