Arroh-A-Och
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| Naissance |
Vers les années 1830 |
|---|---|
| Décès |
Vers les années 1900 |
| Domicile | |
| Activités |
| Genre artistique |
Céramique pueblo (en) |
|---|
Arroh-A-Och, née vers les années 1830 et morte vers les années 1900, est une potière laguna (en) bispirituelle de Paguate. Une dizaine de ses jarres ont été identifiées à partir d'une seule attribution, grâce à son style distinctif mêlant motifs zuñi, acoma et laguna.
En 1928 à Paguate, l'anthropologue Kenneth M. Chapman (en) achète une jarre pour le compte du Pueblo Pottery Fund (devenu ensuite l'Indian Arts Fund) à un homme laguna, Locario Chavez, et interroge le père de ce dernier sur l'origine du pot. John Chavez, alors âgé de 70 ans, explique que l'objet a été fabriqué durant son enfance par Arroh-A-Och. Chapman qualifie cette dernière d'« hermaphrodite »[1]. Dans son ouvrage doctoral paru en 1929, l'anthropologue Ruth Bunzel (en) rapporte avoir vu la même jarre à Paguate. Une informante (innommée) lui aurait dit en ce lieu que le pot fut fabriqué « par son oncle, un des derniers hommes-femmes laguna »[2].
Le style de ce pot est inspiré des motifs céramiques des pueblos zuñi. Selon Bunzel, cela signifie qu'Arroh-A-Och a dû voyager chez les Zuñi[2]. Toutefois, de l'avis du chercheur Ed Dittert Jr., rapporté par Rick Dillingham (en) dans son livre de 1992, Arroh-A-Och pourrait être née dans un village zuñi, avoir appris la poterie à Acoma, puis s'être installée parmi les Laguna. Dillingham estime par ailleurs que la jarre n'est probablement pas de 1850, comme le pensait Chapman, mais plutôt de 1900, et il rattache la description du genre d'Arroh-a-och par Chapman aux termes de « berdache » et « amujerados »[3].
L'exposition de 2019 Hearts of Our People: Native Women Artists inclut une jarre d'Arroh-A-Och. Dans le catalogue, la curatrice Lea S. McChesney rattache Arroh-A-Och, dont elle place la naissance vers les années 1830 et la mort vers les années 1900, aux « troisièmes genres » et à la bispiritualité. Elle la rapproche aussi de la potière zuñi lhamana We'wha[4]. Selon le potier laguna Max Early, qui a montré des jarres d'Arroh-A-Och dans les expositions Native Truths: Our Voices, Our Stories et Grounded in Clay, cette potière appartenait probablement au clan des Coyotes dont les ancêtres sont à la fois laguna et zuñi[1]. Il indique que le genre traditionnel correspondant probablement à celui d'Arroh-A-Och est appelé k'ukwi-mu. Ce mot se traduit littéralement, d'après lui, par « femme-sœur-frère », et il l'équivaut à une identité transféminine. De plus, pour Early, la transcription de son nom par Chapman doit être erronée car elle ne correspond pas aux sons de la langue keres des Laguna. Ainsi, le vrai nom de la potière serait à son avis U-shraatra, signifiant « soleil »[1].